Diplo’s Run Club : Quand un DJ transforme un 5 km en open-air géant
18/01/2026 09:32Un 5 km au lever du soleil, quelques milliers de coureurs, des basses qui montent dès la ligne d’arrivée et Diplo derrière les platines. À Miami, le DJ américain a continué de faire vivre le Diplo’s Run Club, un événement hybride entre course populaire et festival électro. Un format made in USA, spectaculaire et assumé, qui interroge aussi la manière dont le running se réinvente, loin des chronos et des standards traditionnels.
À Miami, on a déjà vu des départs de marathon sur fond de palmiers et des finishes face à l’océan comme lors de son marathon annuel chaque fin du mois de janvier. Mais samedi dernier, au Maurice A. Ferré Park, l’ambiance avait quelque chose de différent. Pas de sas élite ultra-silencieux, pas de regards crispés rivés sur la montre. Ici, on venait d’abord pour vivre un moment.
Le concept tient en une phrase : courir 5 km ensemble, puis faire la fête. Une idée simple, presque évidente, née dans la tête de Diplo, DJ mondialement connu mais aussi coureur amateur. En 2022, il s’était lancé un défi un peu fou, celui de terminer le semi-marathon de Miami… puis d’enchaîner directement avec une soirée en club. L’expérience, racontée sur les réseaux, avait fait le tour du monde. Diplo’s Run Club est né de cette intuition : et si le running pouvait aussi ressembler à une célébration collective ?
| Un 5 km accessible, mais pas anodin
Sur le papier, l’épreuve reste classique : 5 kilomètres, un format court, accessible, sans barrière. Dans les faits, plus de 7 000 kiffeurs ont répondu présent pour cette première grande édition en Floride. Des coureurs réguliers, des joggeurs occasionnels, des fans de musique, des curieux mais aussi des guests. Peu importe le niveau, l’important était d’être là. Parmi les invités surprise, l’athlète polyvalent Walshy Fire (Major Lazer), l’actrice Claire Holt ou encore la pop star Camila Cabello, ont foulé le bitume avant de monter sur scène.
Le parcours longe la baie de Biscayne, traverse downtown Miami et offre une vue spectaculaire sur la skyline. Certains se prennent au jeu et ont transformé ce 5 km floridien en véritable terrain d’expression avec 16’52 pour le vainqueur chez les hommes et 17’36 côté féminin, des chronos qui parlent d’eux-mêmes, pendant que d’autres avancent plus tranquillement, discutent en courant, sourient et capturent le moment, téléphone à la main. Ici, personne ne regarde de travers celui qui s’arrête pour une photo.
| La ligne d’arrivée comme scène principale
C’est là que Diplo’s Run Club change vraiment de dimension. Une fois la ligne franchie, pas question de rentrer se doucher. Les coureurs débouchent directement sur un espace transformé en véritable open-air, avec scène, DJ sets et public compact. Diplo prend les commandes, entouré d’artistes invités. La musique monte, les corps se relâchent, les médailles brillent au soleil.
Certains dansent encore en tenue de course, d’autres récupèrent tranquillement, un smoothie à la main. Le running devient un prétexte à la fête, et la fête un prolongement logique de l’effort. Autour, un village bien-être complète l’expérience : bains froids, stands de récupération, partenaires lifestyle. On est loin du simple ravitaillement eau-banane.
| Le running version pop culture
Vu de France, le concept dont la première a eu lieu en septembre 2024 peut faire sourire. Un DJ star, une course courte, un concert derrière… très cainri dans l’esprit. Et pourtant, difficile de ne pas y voir un symbole de l’évolution du running. Depuis quelques années, la course à pied sort de son cadre strictement sportif. Elle devient sociale, esthétique, parfois même festive.
Les réseaux sociaux ont accéléré le mouvement : on court autant pour soi que pour partager un moment, une émotion, une ambiance. Diplo’s Run Club pousse simplement cette logique jusqu’au bout. Ici, le chrono passe au second plan. L’expérience prime. Courir devient un moyen de se rassembler, de célébrer, de vivre quelque chose ensemble.
| Une tendance appelée à voyager
Miami n’est qu’une étape. D’autres villes américaines sont déjà dans le viseur comme Los Angeles, New York (sold-out) ou encore San Francisco (également complet). Le format est pensé comme une tournée, presque comme un festival itinérant, avec la course comme point d’entrée. Direction Phoenix ce samedi.
Reste à savoir si ce modèle pourrait séduire ailleurs, notamment en Europe. En France, où la culture running reste très attachée à la performance et aux formats traditionnels, l’idée d’un 5 km festif suivi d’un DJ set intrigue autant qu’elle divise. Mais une chose est sûre : le running n’a jamais été aussi pluriel.
Marathon mythique, 10 km urbain, trail sauvage ou run électro au lever du soleil… chacun y projette désormais sa propre définition de la course. Et quelque part, sous les basses de Miami, Diplo’s Run Club rappelle une chose essentielle, courir peut aussi être simplement une façon de se retrouver.
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Dorian VUILLET
Journaliste