Paris-Versailles : Mélody Julien signe le triplé, Baptiste Jard s'impose pour sa première
Pour la 47e édition de la Grande Classique de Paris-Versailles (16,2 km), Mélody Julien a décroché un troisième titre consécutif en 55'58, tandis que Baptiste Jard a signé le meilleur chrono de ces dix dernières années, en 49'05.
De la capitale à la cité royale. Il y a des courses qui n'ont pas besoin de changer pour rester attractives. Ce dimanche 27 septembre, dans une météo presque estivale, la Paris-Versailles (16,2 km) a une nouvelle fois rempli son contrat : un parcours connu de tous, une côte redoutée et, à l'arrivée, deux vainqueurs qui ont écrit leur nom au palmarès de la Grande Classique.
Baptiste Jard, l’ingénieur qui découvrait
Pour sa première participation, Baptiste Jard (Décines Meyzieu Athlétisme) n'a pas laissé grand-chose à ses adversaires. Le Lyonnais s'est imposé en 49'05, soit le meilleur chrono enregistré sur l'épreuve depuis dix ans. Il devance de 48 secondes son compatriote de la région Igor Bougnot (Entente Sud Lyonnais, 49'53), qui a lui aussi couru sous les 50 minutes. Le traileur tricolore Clément Bruchon complète le podium en 51'38.
La course s'est jouée dans la côte des Gardes, où Baptiste Jard et Igor Bougnot ont d'abord avancé coude à coude. Le futur vainqueur n'avait jamais couru sur un tel profil et a préféré rester prudent avant l'ascension. « C'était ma première compétition de la saison et je m'interrogeais sur mon niveau de forme. Je n'avais jamais fait une course avec un tel profil alors j'ai un peu géré avant la côte des Gardes. À la mi-course j'ai accéléré pour distancer Igor (Bougnot) et j'ai terminé en mode contre-la-montre », a-t-il raconté. Avant d'ajouter : « J'ai découvert le parcours, c'est top. J'avais envie de courir une classique avec une distance intermédiaire, Paris-Versailles était la course parfaite pour ça. »
Ingénieur industriel diplômé de l'Insa Lyon, Baptiste Jard a déjà tourné la page. Sur Instagram, son message d'après-course se termine sur « place au dernier bloc de travail avant le semi-marathon de Valence », dans quatre semaines, en Espagne. Son chrono reste toutefois loin du record de l'épreuve, toujours détenu par le Marocain Mohamed El Hachimi en 46'04, établi en 2009.
Classement Hommes
1 - Baptiste Jard (Décines Meyzieu Athlétisme) : 49’05
2 - Igor Bougnot (Entente Sud Lyonnais) : 49’53
3 - Clément Bruchon (SCM Chatillon-Sous-Bagneux) : 51’38
4 - Imran Naaji (Courbevoie Athlétisme) : 52’36
5 - Damien Monier (Clermont Auvergne Athlétisme) : 52’48
Mélody Julien entre dans l’histoire de Paris-Versailles
Chez les femmes, la course a rapidement tourné à l'exercice en solitaire. Mélody Julien (Association Multisports Montredonnaise) était déjà seule en tête dès le 3e kilomètre, après avoir décroché les autres concurrentes. L’olypienne de 27 ans s'impose en 55'58, devant Anaïs Quemener (La Meute Running, 56'42), deuxième pour la deuxième année consécutive. Zoé Marques (JF Saint-Malo), cinquième l'an dernier, complète le podium en 1h01'13.
Avec ce troisième succès de rang, Mélody Julien devient la première Française à réussir le triplé sur l'épreuve. Avant elle, seule la Kényane Isabella Ochichi y était parvenue, entre 2000 et 2002. Si elle revient en 2027, elle pourra viser le record d'une autre Kényane, Myriam Wangari, qui avait enchaîné quatre victoires entre 2007 et 2010.
Son chrono est plus lent que celui de l'an dernier (53'03). Cela s’explique peut-être par son calendrier très chargé des dernières semaines : « J’ai pris du plaisir ; J'ai un peu souffert dans la côte des Gardes. Je suis contente de m'imposer pour la 3e fois. J'ai enchaîné plusieurs compétitions internationales avec notamment le semi-marathon des Jeux Méditerranéens et la semaine dernière avec les championnats du monde de semi-marathon. »
Classement Femmes
1 - Mélody Julien : 55’58
2 - Anaïs Quemener : 56’42
3 - Zoé Marques : 1h01’13
4 - Kelly Zurita : 1h03’06
5 - Marie Potier : 1h03’17
Un parcours qui n’a presque pas bougé
C'est sans doute ce qui fait la force de la Paris-Versailles : le tracé est quasiment le même depuis 1976, et les habitués reviennent chaque année pour se mesurer à leur propre chrono. Les six premiers kilomètres le long de la Seine sont plats, puis le parcours devient moins roulant à partir de Meudon, avec la principale difficulté : la célèbre côte des Gardes, environ 2 km à 7% de moyenne, avec des pointes proches de 12%. La suite du parcours est ensuite marquée par la bosse du cimetière de Viroflay, avant la remontée de l’avenue de paris, un faux plat traître pour la fin de course. À l’arrivée, le dénivelé positif est estimé à 250 mètres.
Le parcours de 16,2 km traverse sept communes (Paris, Issy-les-Moulineaux, Meudon, Chaville, Vélizy-Villacoublay, Viroflay et Versailles), avec des ravitaillements aux 5e, 8e et 13e kilomètres et 23 groupes de musique pour encourager les coureurs.
Une histoire qui remonte à 1902
L'idée d'un Paris-Versailles à pied est plus ancienne que la course actuelle : entre 1902 et 1931, le Racing Club de France organisait déjà le challenge Lemonnier sur 12,5 km. La formule d'aujourd'hui date d'octobre 1976, avec Hubert Poulot à la manœuvre et 3 000 partants dès la première édition. Trois ans plus tard, le Groupement sportif versaillais de Lucien Forsans reprend l'épreuve, qui atteint alors 15 000 participants. Une association dédiée, Paris-Versailles Association, la pilote depuis 1991.
Après deux annulations liées à la crise sanitaire en 2020 et 2021, la Grande Classique est repartie en 2022 et affiche complet chaque année depuis. Parmi les quelque 25 000 coureurs de cette édition figurait un visage connu : Nicolas Sirkis, le chanteur d'Indochine, a rallié Versailles en 1h50'38.
Rendez-vous le 26 septembre 2027
La 48e édition est déjà programmée pour le 26 septembre 2027. Et l'engouement ne faiblit pas : les dossards de l'édition 2026 avaient été écoulés en quatre jours après l'ouverture des inscriptions le 11 avril, contre 50 jours pour l'édition 2025, soit un rythme 12,5 fois plus rapide. Ça fait peu de doutes que la tendance se confirmera l’an prochain après une édition 2026 réussie.