Marathon de Berlin : deux influenceuses disqualifiées après avoir triché sur le parcours

LR
Par La rédaction

Publié le mer. 7 octobre 2026

Mis à jour le ven. 9 octobre 2026

Marathon de Berlin : deux influenceuses disqualifiées après avoir triché sur le parcours

Le marathon de Berlin 2026 est au cœur d’une polémique après la disqualification de deux influenceuses, l’une chinoise, l’autre belge. La première a été photographiée à l’arrière d’un vélo en pleine course, tandis que la seconde a reconnu avoir emprunté un raccourci. Deux affaires révélées grâce aux réseaux sociaux et aux données de course.

Le Marathon de Berlin a connu un épisode embarrassant quelques jours après son édition du 27 septembre. Deux participantes, suivies sur les réseaux sociaux, ont été disqualifiées après que des internautes ont mis en évidence des irrégularités dans leur parcours. En quelques jours, leurs performances ont été remises en question, leurs publications ont suscité de nombreuses réactions et l’une d’elles a perdu son partenariat avec un équipementier.

À vélo au 38e kilomètre, une influenceuse chinoise prise en flagrant délit

Sun Yuanyuan, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme Abeeeer, revendiquait un record personnel au marathon de Berlin, bouclé en 4h53’46. Suivie par plus de 500 000 personnes sur la plateforme chinoise Xiaohongshu, également connue sous le nom de RedNote, l’influenceuse fitness avait partagé son expérience de course avec sa communauté.

Mais des images publiées par le compte Instagram Official Marathon Time Integrity Unit (OMTIU), spécialisé dans l’examen des performances suspectes en course à pied, ont rapidement fait naître des doutes. On y distingue la participante installée à l’arrière d’un vélo aux alentours du 38e kilomètre. Les données chronométriques ont renforcé les soupçons. Entre les kilomètres 35 et 40, Sun Yuanyuan a réalisé son passage de cinq kilomètres le plus rapide de la course, en 30’49. Une accélération particulièrement inhabituelle au regard de ses précédents temps intermédiaires.

Le 3 octobre, l’influenceuse a finalement reconnu avoir enfreint le règlement et présenté ses excuses publiquement. Elle a expliqué s’être sentie mal pendant la course, tout en reconnaissant que cela ne justifiait pas son comportement. Elle a également admis avoir volontairement passé sous silence cet épisode en racontant son marathon. Les conséquences ont été rapides. Brooks China, qui lui fournissait son équipement dans le cadre de leur partenariat, a annoncé le 4 octobre la fin de leur collaboration. La marque a également reconnu ne pas avoir suffisamment vérifié les conditions dans lesquelles la course avait été réalisée, notamment les données intermédiaires.

Une influenceuse belge aurait coupé près de 10 kilomètres

L'affaire ne s'arrête pas là. Une seconde participante, la Belge Ginger Jesson-Macduff, a elle aussi été disqualifiée après que son parcours a été examiné. Selon la presse allemande, l'influenceuse sportive aurait quitté le tracé officiel aux alentours du 22e kilomètre, dans le secteur de Rathaus Schöneberg, avant de rejoindre la course environ dix kilomètres plus loin, près de Nollendorfplatz. Sa montre GPS aurait enregistré une distance totale de 31,22 km, bien loin des 42,195 km réglementaires. Plus troublant encore, elle avait accompagné sa publication sur Strava de la mention « Berlin marathon (shortcut) », autrement dit « marathon de Berlin (raccourci) ».

Après la course, elle avait également partagé une photo avec sa médaille de finisher. La publication a depuis été supprimée. D'après le média allemand B.Z., elle a expliqué avoir souffert de douleurs abdominales pendant l'épreuve et reconnu qu'elle n'aurait pas dû se présenter comme ayant terminé le marathon. Son résultat apparaît désormais comme disqualifié dans le classement officiel.

Les réseaux sociaux, nouveaux arbitres du running ?

Ces deux affaires illustrent le rôle croissant des communautés de coureurs dans la vérification des performances publiées en ligne. Le compte OMTIU, créé par deux coureurs australiens, s'intéresse notamment aux résultats suspects, aux temps intermédiaires incohérents et aux écarts entre les performances annoncées et les données disponibles. Dans les deux cas berlinois, les images, les traces GPS et les chronos ont permis de faire émerger des éléments difficilement compatibles avec une réalisation intégrale du parcours à pied.

L'organisateur du Marathon de Berlin, SCC Events, a indiqué que les signalements étaient examinés et que les participants dont les infractions étaient établies pouvaient être disqualifiés, avec d'éventuelles sanctions supplémentaires selon les circonstances.

Au-delà de la polémique, ces épisodes rappellent un principe fondamental de la course sur route. Un marathon ne se résume pas à un chrono publié sur les réseaux sociaux ou à une médaille brandie sur une photo. La performance repose sur le respect d'un parcours et des règles communes à tous les participants. À Berlin, deux influenceuses viennent d'en faire les frais, avec des conséquences sportives, publiques et, dans le cas de Sun Yuanyuan, commerciales.