Sous un soleil déjà bien installé et devant 44 503 Finishers, record de participation, l’adidas 10K Paris 2026 a transformé la capitale en immense terrain de jeu. Entre Trocadéro, quais de Seine et Champs-Élysées, Margaux Sieracki et Mehdi Frère ont signé les deux grandes partitions du jour, chacun à leur manière, dans une édition où le spectacle a parfois pris le pas sur la chasse au chrono. © Emma Delorme / ASO

adidas 10K Paris 2026 : Margaux Sieracki retrouve son trône, Mehdi Frère signe un retour gagnant

10 km
07/06/2026 11:29

Sous un soleil déjà bien installé et devant 44 503 Finishers, record de participation, l’adidas 10K Paris 2026 a transformé la capitale en immense terrain de jeu. Entre Trocadéro, quais de Seine et Champs-Élysées, Margaux Sieracki et Mehdi Frère ont signé les deux grandes partitions du jour, chacun à leur manière, dans une édition où le spectacle a parfois pris le pas sur la chasse au chrono.


Même pas 8h du mat’ et le Trocadéro vibrait déjà au son des échauffements, des derniers réglages de montres et des regards fixés sur la tour Eiffel encore dorée par la lumière du lever du soleil. Face à ce décor presque irréel, 44 503 coureurs de 133 nationalités différentes s’apprêtaient à s’élancer sur le plus grand 10 km d’Europe. Cet opus 2026 de l’adidas 10K Paris avait déjà tout d’un record avant même le départ. Les dossards s’étaient arrachés en 19 jours, confirmant la montée en puissance d’une course devenue un marqueur du calendrier running européen. Dans les sas, les profils se mélangeaient comme rarement, entre compétiteurs aguerris venus chercher une performance et milliers de coureurs découvrant la distance.

Le départ a été donné par Mathis Desloges, fondeur olympique triple médaillé à Milan-Cortina, et Cassandre Beaugrand, championne olympique de triathlon et très rapide recordwoman de France du 5000 m avant d’être délogée par Sarah Madeleine ce jeudi 4 juin. Quelques secondes plus tard, la vague humaine s’est élancée vers les quais de Seine, sous les encouragements d’un public déjà présent en nombre. Le décor, lui, n’a rien d’un parcours classique. Paris déroule ses monuments comme une succession de cartes postales, du Louvre à l’Opéra, de la Madeleine aux Champs-Élysées, avant la montée finale vers l’avenue Foch. Magnifique, mais exigeant, avec ses relances permanentes, ses faux plats et ses portions pavées qui cassent le rythme.

| Margaux Sieracki triomphe de nouveau dans la capitale

Un tracé qui a parfaitement plu à la reine des lieux : Margaux Sieracki. Déjà victorieuse en 2024, la Nordiste a repris sa couronne au terme d’une course intelligemment gérée, marquée par un gros tempo dans les derniers kilomètres. Longtemps dans le groupe de tête aux côtés de Manon Trapp et des autres favorites, elle a choisi de temporiser avant de faire parler son sens de la course dans le final. Tout s’est joué autour du septième kilomètre, moment charnière sur ce type d’effort. « Sur un 10 km, la vraie course commence souvent au septième, expliquait Sieracki après l’arrivée. J’ai senti que ça ralentissait un peu devant. Je me suis calée derrière un meneur d’allure avant de partir sur les trois derniers kilomètres ». Une stratégie parfaitement exécutée, qui lui permet de s’imposer en 31’48. Une claque à son record de l’épreuve (ancien : 32’18) construite avec patience, mais aussi avec une forme de sérénité retrouvée après une période compliquée.

« L’année dernière, je revenais de blessure et je n’avais pas réussi à vraiment me battre, soufflait la vainqueure du jour. Cette fois, j’ai mieux géré ma reprise avec l’expérience ». Derrière elle, Manon Trapp prend la deuxième place en 32’14 après une course solide et courageuse. Accompagnée dans les premiers kilomètres par Faustin Guigon (46e en 32’14 au final), la marathonienne de 25 ans a longtemps espéré un meilleur chrono mais a dû composer avec un parcours exigeant. « J’avais le record personnel (NB : 32’07) dans un coin de la tête mais à partir du septième kilomètre, ça a commencé à devenir compliqué, avouait-elle. Dans la montée finale, j’avais l’impression d’être à reculons. » La fondeuse et marathonienne de Sèvres confirme toutefois une dynamique tournée vers le long terme, avec un objectif déjà identifié à l’automne, le Marathon de Berlin.

Le podium est complété par Javote Gueret en 32’51, au terme d’une belle lutte avec la jeune novice sur la distance Camille Place et Manuela Ribeiro Dos Santos, toutes deux créditées de 32’53. Sarah Hasni prend la sixième place en 33’10, suivie de Mélanie Allier en 33’29. Le top 10 est complété par Manon Coste (34’04), Noémie Zamia (34’30) et Paloma F., également en 34’30, illustrant une densité française impressionnante sur la distance.

| Mehdi Frère, retour gagnant après deux ans d’absence

Chez les hommes, l’histoire dépasse largement le simple cadre sportif. Mehdi Frère faisait son retour à la compétition après deux ans d’absence, dans un contexte particulier qui a marqué sa carrière récente. Suspendu en juin 2024 par l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU), le marathonien francilien avait été contrôlé pour trois manquements à ses obligations de localisation antidopage. Les autorités lui reprochaient notamment deux mises à jour trop tardives de ses informations dans le système « Adams », l’outil utilisé par les athlètes pour déclarer leur localisation.

Sélectionné pour les Jeux olympiques de Paris sur marathon, il avait vu sa participation s’envoler au moment de la suspension. Dans la foulée, il avait tenté de faire valoir sa bonne foi et fait appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), sans succès. Son appel avait été rejeté, actant une longue période loin des compétitions. C’est donc dans ce contexte qu’il retrouvait le peloton ce dimanche matin à Paris. Sans chercher à masquer l’importance du moment, mais sans non plus en faire un retour spectaculaire dans les mots.« J’avais demandé à courir ici parce que c’est une course que je connais bien, glissait l’athlète du Pays de Fontainebleau Athlé. Il n’y avait pas de pression particulière. Ce n’est pas un parcours pour faire un chrono, c’était surtout un décor de carte postale. »

Sur le plan sportif, le retour est parfaitement maîtrisé. Record personnel explosé en 28’11 (sa meilleure perf’ affichait 28’49 il y a très longtemps, en octobre 2021), Frère est sorti victorieux devant Farah Ayeh (28’52) et Aden Houssein (28’59), dans une course contrôlée du début à la fin. Il efface ainsi la référence d’Hassan Chahdi, restée au sommet depuis 2022 avec un chrono de 28’19. Mais au-delà du résultat, le discours reste tourné vers la reprise progressive des repères. « Ça faisait deux ans que je n’avais aucun repère, poursuit-il. Je courais derrière un vélo, pas contre des humains. J’ai voulu me jauger et me faire plaisir ». Sans surprise, le marathon reste l’horizon principal, avec une montée en puissance progressive. « Ma distance principale restera toujours le marathon. Les 10 km, c’est pour le plaisir et pour travailler un peu de vitesse ». La suite s’annonce déjà chargée avec notamment la Corrida internationale de Langueux, puis une reprise progressive vers l’automne.

| Un top 10 masculin dense et international

Derrière le podium, la lutte pour le top 10 a animé la course jusqu’au bout. Aziz Boukebal échoue de peu au pied de la boîte en 29’02, tandis qu’Antonin Marquant termine cinquième en 29’29. Romain Wyndaele suit en 29’33, devant Quentin Bouvier en 29’35. Le Kényan Benedict Karori prend la huitième place en 29’40, tandis que Louis Michel termine neuvième en 29’59. Brice Morisseau complète le top 10 en 30’12, dans une course où huit athlètes passent sous les 30 minutes, preuve du niveau relevé de cette édition. Djibril Cissé et ses platines ont (re)donné le sourire aux courageux venus s’ambiancer pour conclure une journée historique.

| Une course à part dans le paysage européen

Au-delà des résultats records, ce chapitre 2026 confirme surtout une chose, l’adidas 10K Paris n’est plus seulement une course populaire, mais un événement hybride où les élites et le grand public cohabitent sans soucis dans un même mouvement collectif. Le parcours ne favorise pas les chronos, certes, mais offre une expérience unique, portée par un décor parisien difficile à égaler. Du Trocadéro à l’avenue Foch, chaque kilomètre racontait une histoire différente, entre patrimoine, effort et fiesta collective. Comme le résumait Mehdi Frère après sa victoire : « Paris est une fête ». Une phrase simple, mais qui colle parfaitement à cette matinée où plus de 44 000 coureurs ont partagé bien plus qu’un simple 10 bornes.

Retrouvez tous les résultats de l’adidas 10K Paris 2026


Dorian VUILLET
Journaliste

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