HOKA Semi de Paris : Kennedy Kimutai et Ftaw Zeray brillent devant 50 000 coureurs
Sous un ciel encore frais de mars, Paris a vibré au rythme de 50 000 coureurs venus de 103 nationalités pour l’édition 2026 du HOKA Semi de Paris, ce dimanche. Sur les 21,0975 km entre le boulevard Saint-Germain et la Bastille, le Kényan Kennedy Kimutai s’est offert un deuxième succès consécutif, tandis que l’Éthiopienne Ftaw Zeray a marqué l’histoire de l’épreuve avec un nouveau record en 1h05’12. Une matinée de grande course populaire, disputée le Journée internationale des droits des femmes, où performance élite et immense fête du running se sont mêlées dans les rues de la capitale.
Un dimanche matin de mars à Paris possède parfois des airs de grande répétition collective. Les terrasses encore timides, quelques touristes qui lèvent la tête en voyant passer des milliers de coureurs, et surtout ce long serpent de dossards qui s’étire entre le boulevard Saint-Germain et la place de la Bastille. Pour l’édition 2026 du HOKA Semi de Paris, près de 50 000 participants avaient rendez-vous sur les 21,0975 kilomètres du parcours. Un chiffre qui dit beaucoup de la popularité grandissante de l’épreuve.
Au fil des ans, cette course lancée en 1993 s’est installée parmi les semi-marathons les plus convoités de la planète running et est devenue la plus grande en termes de coureurs. Dans le peloton, 103 nationalités différentes. Des athlètes venus pour la gagne, des coureurs venus pour un chrono, d’autres pour vivre leur premier semi. Car pour près d’un tiers du peloton, cette distance représentait une grande première. Une aventure entre excitation, petites montées parisiennes et jambes parfois un peu surprises au 15e kilomètre.
En ce 8 mars, la scène prenait aussi une dimension particulière : la course se déroulait le jour de la Journée internationale des droits des femmes. Sur les trottoirs comme dans le peloton, les pancartes, des roses et des messages rappelaient que le running appartient désormais à toutes et tous. Un symbole discret, mais bien présent, dans une épreuve où la participation féminine ne cesse de progresser année après année. Dans les rues, l’ambiance suivait le rythme des baskets.
Des encouragements qui rebondissent sur les façades, des pancartes improvisées et, ici ou là, quelques personnalités venues observer la grande parade du running parisien. Parmi elles, Pierre Rabadan, adjoint au maire chargé du sport, aperçu dans les parages pour saluer l’événement. Mais devant, l’histoire allait encore s’écrire à très grande vitesse.
| Kennedy Kimutai, la confirmation
Certains reviennent à Paris pour courir. D’autres pour régner. Le Kényan Kennedy Kimutai appartient clairement à la seconde catégorie. Déjà vainqueur l’an dernier, il a remis le couvert sur son bistrot parisien ce dimanche matin dès 8h pétante avec une impression de maîtrise presque tranquille. Chrono final : 1h00’11. 5 secondes de mieux que l’an dernier mais un peu plus d’une minute au-dessus du record de l’épreuve, détenu depuis 2023 par Roncer Kipkorir, mais largement suffisant pour lever les bras en solitaire sur la ligne d’arrivée. Derrière lui, la bataille pour le podium s’est révélée plus serrée. Son compatriote Timothy Misoi prend la deuxième place en 1h00’39, juste devant le Sud-Africain Thabang Mosiako (1h00’42).

À l’arrivée, Kimutai ne s’embarrasse pas de longs discours. Sourire discret, souffle encore court, il résume sa course avec une simplicité presque déconcertante. « Je voulais courir autour de 59 minutes… mais le rythme s’est un peu perdu. Malgré tout, je suis très heureux. Gagner ici deux fois, cela compte beaucoup pour moi ».
| Isaac Kimeli, un premier semi prometteur
Parmi les hommes à suivre ce matin figurait aussi le Belge Isaac Kimeli, vice-champion du monde du 5000 m sur piste. À Paris, il s’offrait un nouveau terrain d’exploration : son tout premier semi-marathon. Résultat : une solide cinquième place en 1h01’30, et surtout le statut de premier Européen de la course. Un chrono qui le place déjà dans le top 10 historique belge sur la distance.
L’intéressé savourait surtout la découverte. « Pour moi, tout était nouveau, soufflait-il, quelques minutes après son arrivée.Fini le 10e kilomètre, il fallait presque éteindre le cerveau et accepter qu’il restait encore 11 kilomètres. Ce parcours demande de la gestion, avec quelques montées qui cassent le rythme. Mais cette première expérience donne envie de revenir plus fort ». Le genre de phrase qui ressemble à une promesse.
| Victor Moreau et Igor Bougnot dans le top 10
Dans un plateau aussi dense, les performances françaises méritent aussi le coup d’œil. Le meilleur français du jour s’appelle Victor Moreau, expert marketing la semaine et neuvième en 1h03’14 (RP de 1h04’28 explosé) ce dimanche. Une course bien maîtrisée dans un groupe dense, au cœur d’un peloton international très relevé. Igor Bougnot s’est aussi classé dixième en 1h03’16.
| Ftaw Zeray, une fusée record sur la rive droite
Chez les femmes, la matinée a pris une autre dimension. L’Éthiopienne Ftaw Zeray a livré une démonstration spectaculaire en s’imposant en 1h05’12, nouveau record de l’épreuve. Un chrono qui efface l’ancienne marque établie par la Kényane Sheila Chepkurui en 2023 (1h06’01). Très vite, Zeray s’est retrouvée seule face au chronomètre. Derrière, la Kényane Mercy Chepwogen (1h06’29) et l‘Ougandaise Sarah Chelangat (1h06’31) se hissent aux deuxième et troisième rangs.
À l’arrivée, l’Éthiopienne savourait avec un sourire immense : « Paris possède une énergie incroyable. J’ai senti le public tout au long du parcours. Quand j’ai compris que le record était possible, j’ai essayé de garder de la vitesse jusqu’au bout. Battre une marque ici, dans une course aussi grande, donne beaucoup de bonheur ». Une course presque parfaite, en somme. Côté Françaises, la première se nomme Katia Raoult, terminant son périple parisien dans le Top 10 (10e en 1h15’33).
| Paris, capitale mondiale du semi le temps d’une matinée
Un semi-marathon ne se résume jamais aux dix premiers. Dans les rues de la capitale, des dizaines de milliers d’histoires se sont écrites en parallèle. Des premières fois, des records personnels, des arrivées les bras levés, et parfois quelques grimaces au moment de négocier les derniers mètres.
Car le HOKA Semi de Paris possède ce mélange rare : un plateau élite international et un immense terrain de jeu populaire. Au fil des années, l’épreuve a réussi un pari simple mais puissant : transformer Paris en capitale mondiale du semi-marathon, le temps d’une matinée. Et pendant que Kennedy Kimutai empilait un deuxième succès consécutif et que Ftaw Zeray faisait tomber le record de l’épreuve, 50 000 coureurs poursuivaient tous le même chemin, celui de la fierté.
✔ Les résultats du HOKA Semi de Paris 2026

Dorian VUILLET
Journaliste