En 57’20, l’Ougandais Jacob Kiplimo triomphe au Semi-marathon de Lisbonne et réalise un nouveau record du monde. © EDP Meia Maratona de Lisboa

Semi-Marathon de Lisbonne : Jacob Kiplimo remet les pendules à l’heure avec un record du monde

Semi-Marathon
08/03/2026 12:17

Un pont suspendu au-dessus du Tage, un vent d’Atlantique dans le dos et un chrono qui vacille. À Lisbonne ce dimanche, Jacob Kiplimo a choisi la manière la plus simple de clore la polémique née quelques semaines plus tôt à Barcelone : Rebattre une deuxième fois le record du monde du semi-marathon. En 57’20, l’Ougandais triomphe à Lisbonne et claque dix secondes de mieux que la marque de Yomif Kejelcha, et rappelle à toute la planète running qu’un phénomène ne débat pas longtemps avec l’histoire.


À Lisbonne, ce dimanche matin, l’asphalte s’est transformé en tapis roulant pour l’élite mondiale du semi-marathon. Le décor, déjà mythique – ce départ sur le pont du Ponte 25 de Abril, suspendu au-dessus du Tage – a servi de rampe de lancement à une nouvelle démonstration du prodige ougandais Jacob Kiplimo. Plus d’un an après la controverse de Barcelone, le triple champion du monde de cross (2023, 2024 et 2026) n’a pas seulement gagné. Il a remis de l’ordre dans l’histoire du semi-marathon. Chrono annoncé : 57’20. Record du monde battu de dix secondes. Et cette fois, personne pour venir chipoter sur le rétroviseur d’une voiture.

| Jacob Kiplimo, ou la réponse la plus simple : cette fois, c’est la bonne

Le scénario avait presque quelque chose de cinématographique. Il y a quelques semaines à Barcelone, Jacob Kiplimo avait fait exploser le chrono en 56’42 lors du Semi de Barcelone. Une performance irréelle, plus de 45 secondes sous l’ancien record du monde. Trop irréelle peut-être. Quelques jours plus tard, World Athletics invalidait la marque : aspiration involontaire derrière la voiture officielle car « les conditions de la course n’étaient pas entièrement conformes aux règles. »

Le genre d’histoire qui laisse un goût étrange. Alors à Lisbonne, le message devait être limpide : courir vite, mais surtout courir propre. Mission accomplie. Sans polémique et presque sans suspense. Dès les premiers kilomètres, le train imposé par les lièvres étire le peloton. L’Ougandais reste calme, fluide, presque détaché. À mi-course, la sensation devient évidente : la barrière des 57 minutes tremble déjà.

Dans les rues portugaises, le chrono défile : 13’38 au 5 km, 27’20 au 10 km, passage supersonique mais parfaitement contrôlé. La dernière partie ressemble à une longue accélération silencieuse. Aucun regard vers l’arrière, aucune crispation. À l’arrivée : 57’20. Le précédent record appartenait à l’Éthiopien Yomif Kejelcha en 57’30. Il vient de tomber.« Je suis tellement heureuse d’avoir battu le record du monde, a-t-il réagi à chaud suite à ce chrono dantesque. Après les 10 premiers kilomètres, je pensais que le record du monde était possible. Puis j’ai essayé de maintenir le rythme dans les deux derniers kilomètres. »

| Et maintenant, le marathon ?

Depuis plusieurs saisons, une question circule dans le monde de la course sur route : jusqu’où peut aller Jacob Kiplimo ? Le demi-fondeur ougandais possède déjà un palmarès immense sur cross et sur piste. Sur route, la trajectoire ressemble à une montée en puissance méthodique.

Certains imaginent déjà un futur record du monde sur marathon. D’autres évoquent même la première performance sous les deux heures dans des conditions officielles, objectif ultime depuis les tentatives d’Eliud Kipchoge. Rien ne dit que l’histoire s’écrira ainsi. Mais une chose paraît de plus en plus évidente : lorsque Jacob Kiplimo se présente sur une ligne de départ, le chrono devient souvent un personnage secondaire. Et à Lisbonne, ce dimanche, il a encore perdu.

| Derrière lui, la hiérarchie africaine

Dans la roue du phénomène ougandais, les poursuivants ont fait ce qu’ils ont pu. Pas grand-chose, en vérité. Le Kényan Nicholas Kipkorir termine deuxième en 58’08, solide performance mais déjà loin du vainqueur. Le podium est complété par son compatriote Gilbert Kipkosgei Kiprotich en 58’59. Sous l’heure, on retrouve encore Benard Langat et Mohamed Ismail, preuve que Lisbonne reste l’un des terrains de chasse favoris des chronos rapides. Le premier Européen, lui, n’apparaît qu’un peu plus loin dans la hiérarchie. Une réalité qui résume l’état actuel de la discipline : la bataille pour les records se joue toujours à très haute altitude… et très majoritairement en Afrique de l’Est.

| Valentin Gondouin proche de la barre mythique

Côté Français, les regards se tournaient surtout vers Valentin Gondouin. Objectif clair : passer sous l’heure. Un club très fermé où figurent déjà Etienne Daguinos, Jimmy Gressier, Morhad Amdouni, Julien Wanders (recordman de France en 59’13) et dernièrementEmmanuel Roudolff-Levisse. Le Normand s’en approchait déjà à Séville en 2025 (1h00’16) et n’a pas su franchir la porte dans la capitale lusitanienne : 1h00’35, 11e place. Prometteur, mais frustrant. Pour Etienne Daguinos, venu avec l’idée de titiller son propre record de France (59’13), la journée s’est arrêtée plus tôt. Le pensionnaire de l’US Talence a mis le clignotant un peu après la mi-course.

| Mekdes Woldu et Alessia Zarbo, duel à distance pour l’histoire

La plus belle histoire française de la matinée arrive chez les femmes. Au cœur d’un peloton dominé par l’Éthiopienne Tsigie Gebreselama, impériale en 1h04’48, Mekdes Woldu a trouvé les ressources pour signer un dernier kilomètre rageur. Résultat : 1h08’20 et record de France égalé. Une marque détenue depuis octobre par Alessia Zarbo. Ironie de l’histoire : Zarbo l’avait elle-même récupérée à… Woldu.

Depuis quelques saisons, les deux internationales jouent à distance à une forme de ping-pong statistique. Woldu possède déjà les records de France du 10 000 m et du marathon. Zarbo détient celui du 10 km. Le semi reste désormais une affaire partagée. Dans la même course, Clémence Calvin termine dixième en 1h10’10, au terme d’une performance solide dans un plateau dense.

Si les records tombent régulièrement ici, rien de vraiment surprenant. Le Semi-marathon de Lisbonne fait partie des parcours les plus rapides de la planète. Départ spectaculaire sur le Ponte 25 de Abril, longue descente vers le centre-ville, températures souvent idéales en mars. Résultat : un terrain parfait pour les chasseurs de chronos. Au fil des années, la course est devenue un passage obligé pour les athlètes qui veulent tester leurs limites sur 21,1 km. Ce dimanche n’a pas échappé à la règle.

Les résultats du Semi-Marathon de Lisbonne 2026


Dorian VUILLET
Journaliste

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