Behobia Saint Sébastien 2025 : Une édition record encore secouée par un millier de disqualifications
20/11/2025 15:50La Behobia 2025 a mis Saint-Sébastien en effervescence avec plus de 25 000 coureurs filant comme un fleuve humain le 9 novembre. Une édition record où la fête a battu son plein, mais près d’un millier de participants ont été disqualifiés pour un départ anticipé, rappelant que même dans la liesse, chaque place compte.
La Behobia San Sébastien version 2025 a de nouveau transformé la frontière franco-espagnole en gigantesque couloir d’effort et d’euphorie. Vingt kilomètres de ferveur basque avalés par plus de 26 000 coureurs (un record) qui ont coloré la route comme un immense serpent humain. Une soixantième édition dense, intense, rayonnante. Pourtant, au milieu de cette fresque populaire, un petit grain de sable a rappelé une réalité tenace. Près de mille participants ont perdu leur classement avant même d’avoir croisé la ligne de Donostia.
Un total de 918 disqualifications. Une statistique presque jumeau de l’an dernier, où 958 coureurs avaient connu la même mésaventure. Une preuve que certains comportements semblent immuables, au moins autant que les rafales marines dans la montée de Gaintxurizketa.
| La règle la plus simple du monde
La Behobia ne joue pas avec les zones grises. Chaque dossard affiche un groupe de départ et une heure précise. Chaque sas possède une pancarte et une couleur bien visible. Le message, martelé depuis des années, ne peut être plus limpide. Prendre le départ avant l’horaire inscrit entraîne une exclusion du classement final. Le règlement précise même qu’un départ plus tardif reste autorisé, notamment pour permettre à des amis de courir ensemble.
À l’inverse, s’infiltrer plus tôt déséquilibre tout. La course fonctionne comme un ballet géant. Tout repose sur la fluidité des vagues. Un coureur surgissant dans un sas trop rapide perturbe l’allure collective, créé des bouchons, gêne les autres et met même parfois en danger la masse compacte qui se lance sur un profil exigeant. Un mélange de montées, de faux plats, de ponts, de virages où la moindre irrégularité peut se transformer en boule de neige.
| Un système de contrôle puissant
L’organisation a pourtant développé un dispositif quasi militaire. Dossards à puce “MYLAPS”. Points de chronométrage tous les cinq kilomètres. Dix neuf groupes de départ calibrés pour absorber l’afflux en douceur. Des hôpitaux mobiles répartis du kilomètre zéro jusqu’à l’arrivée. Une armée de bénévoles pour guider, rassurer, filtrer, informer.
Chaque passage devant un tapis envoie un signal. Chaque coureur laisse une trace numérique derrière lui. Une incohérence horaire saute immédiatement aux yeux, et le système tranche sans discussion. Une mécanique implacable qui fonctionne précisément parce que la course a atteint un niveau de popularité gigantesque. Plus de vingt cinq mille finishers exigent une rigueur absolue pour éviter les bousculades et maintenir la sécurité.
| Pourquoi autant de disqualifications malgré la clarté du message ?
Le phénomène interroge. En 2025 comme en 2024, près de mille coureurs ont tenté d’avancer leur départ. Plusieurs raisons se croisent. Certains n’ont peut-être pas bien compris la consigne malgré les rappels omniprésents dans le village de course et sur le site officiel. D’autres ont voulu rejoindre un ami dans une vague plus rapide sans mesurer les conséquences.
Certains encore imaginent grappiller quelques précieuses secondes en se plaçant devant, sans percevoir que cette stratégie individuelle se transforme en désagrément collectif. L’organisation assume la fermeté de son protocole. La Behobia demande le respect des sas pour garantir un déroulé fluide. L’épreuve supporte une telle densité de participants qu’une seule aspiration individuelle peut fragiliser les vagues. Un coureur plus lent dans un sas élite. Un coureur plus rapide bloqué derrière un mur trop compact. L’équilibre se fissure vite.
| L’ombre d’une sanction qui pourrait étendre ses conséquences
Pour les disqualifiés, la frustration reste lourde. Aucun temps officiel. Aucun classement. Aucune trace dans l’historique de la course. Certains pourraient même se voir refuser une inscription future si l’infraction est jugée volontaire.Les participants disposent toutefois d’un délai pour déposer une réclamation, une procédure ouverte chaque année pour éviter les erreurs techniques ou les confusions de dossard.
L’égoïsme n’explique pas tout. Parfois, la confusion, l’excitation ou la pression du moment suffisent à pousser un coureur quelques mètres trop en avant. Une petite faute qui devient un grand effet.
| Une fête gigantesque derrière le rappel à l’ordre
Heureusement, ce phénomène n’a pas éclipsé la magie de la journée. Pour l’anecdote, Raúl Celada a mis tout le monde d’accord en avalant le parcours en 1h01’28, fusée allumée du premier au dernier mètre. Juste derrière, Diego Méntrida a verrouillé la deuxième place en 1h01’42, suivi d’un Iraitz Arrospide toujours aussi régulier, posé en 1h01’46. Côté féminin, Katherine Tisamela a déroulé son tempo pour l’emporter en 1h09’34, avec Noshim Kimuge dans son sillage (1h09’58) et Maria Varok (1h10’42) qui complète le trio de tête.
Les quartiers traversés ont vibré au son des tambours et des clameurs. Les longues rampes de la mi-parcours ont offert leur spectacle habituel de visages crispés et de jambes qui chauffent. Les supporters, comme toujours, ont joué les moteurs invisibles. Les ravitaillements ont tenu leur rôle d’îlots de réconfort. L’arrivée à Donostia (nom de la ville en basque) a déployé son tapis humain de cris et de bras tendus. Une Behobia dans toute sa splendeur. Une énergie que peu de courses en Europe peuvent égaler.
➜ Retrouvez toutes les informations sur le 20 km de Behobia San Sebastian

Dorian VUILLET
Journaliste