Bouger pour s’engager : Une soirée pour penser la santé autrement à Valenciennes
Mardi 18 novembre, la Cité des Congrès de Valenciennes a accueilli une soirée consacrée aux liens entre activité physique, environnement et santé. Autour de la projection du film 100 marathons vus du cœur, plusieurs acteurs locaux ont débattu du rôle du sport dans la transition écologique et sanitaire. L’éco-aventurier Nicolas Vandenelsken, invité central de la rencontre, y a partagé son expérience et son approche du concept « Une seule santé ».
À l’heure où l’activité physique est reconnue comme un levier majeur de santé publique et un outil concret de transition écologique, la soirée organisée mardi 18 novembre à Valenciennes par Uni-Vert Sport a rassemblé un public venu comprendre comment le sport peut contribuer à transformer nos modes de vie. Films, ateliers participatifs et table ronde ont rythmé un programme dense, ancré dans la réalité locale et éclairé par les interventions de professionnels du sport, de la recherche et de l’engagement environnemental. Au centre des échanges : l’expérience de Nicolas Vandenelsken, auteur des 100 marathons en 100 jours, devenue un support pour questionner les liens entre santé humaine, santé des écosystèmes et pratiques sportives.
| Retour sur la soirée du 18 novembre à Valenciennes
Dès 17 h 30, les premiers participants se sont retrouvés autour d’ateliers ludiques et d’un quiz photo intitulé 100 marathons vus du ciel, une mise en bouche destinée à introduire l’univers de l’éco-aventurier Nicolas Vandenelsken. À 19 heures, la ciné-rencontre a officiellement été lancée, suivie quinze minutes plus tard par la projection du film 100 marathons vus du cœur, réalisé par Jérôme Habasque. Le documentaire retrace le défi des 100 marathons en 100 jours et le cheminement intérieur qui l’accompagne. Images immersives, rencontres quotidiennes et vues aériennes structurent un récit qui met en avant la dimension humaine du projet. La table ronde “Bouger pour s’engager”, programmée à 19h45, a constitué le temps fort de la soirée.
Autour de la table, les acteurs suivants :
➜ Louison Auger, directeur général adjoint du VAFC (football, National), venu présenter la stratégie RSE dévoilée par le club mardi 18 décembre.
➜ William Michel, chargé de projet RSE au Saint-Amand Handball, club professionnel de première division féminine
➜ Laura Wallard, enseignante-chercheure à l’Université Polytechnique Hauts-de-France
➜ Jérôme Habasque, réalisateur de 100 marathons vus du cœur
➜ Nicolas Vandenelsken, éco-aventurier
Les interventions ont porté sur la place du sport dans la société, la manière dont les clubs professionnels structurent désormais leurs actions RSE, et la façon dont les projets sportifs peuvent devenir des outils d’éducation et de mobilisation. Les représentants du VAFC et du Saint-Amand Handball ont détaillé leurs actions locales : mobilité douce, inclusion, structuration des politiques internes et engagements sur les questions environnementales.
La scientifique Laura Wallard a quant à elle apporté un éclairage scientifique sur les travaux liés à l’activité physique, aux comportements de mobilité et à leurs impacts mesurés sur la santé publique. Elle a notamment rappelé que la marche et le vélo constituent aujourd’hui des leviers accessibles pour réduire les maladies chroniques et améliorer le bien-être des populations, un constat confirmé par les données récentes de Santé Publique France. La soirée s’est poursuivie à 21h avec un temps de collation et d’échanges, permettant aux participants, bénévoles, acteurs locaux et spectateurs de prolonger les discussions. À 21h45, la projection du film Notre Record est venue clôturer l’événement.
| Nicolas Vandenelsken, un parcours marqué par les 100 marathons en 100 jours
La présence de Nicolas Vandenelsken a été le fil conducteur de la soirée. Le natif de Vieux-Condé (59) s’est fait connaître par son défi des 100 marathons en 100 jours réalisé en 2022. Une expérience physique, logistique et mentale qui dépasse largement le cadre de la performance sportive. Son approche consiste à transformer l’aventure en un outil pédagogique, un moyen de sensibilisation et de mobilisation autour des enjeux environnementaux et de santé publique. « C’est la deuxième projection du film depuis cet été, témoigne Nicolas Vandenelsken, le contenu surprend un peu les spectateurs car ils s’attendent à un film purement sur la performance, vu le titre. Or Jérôme Habasque et Mathieu Foubert, les deux réalisateurs, ont vraiment bien mis l’accent sur le rapport à la nature. Prendre soin de nous mêmes, c’est prendre soin d’elle. C’est un cheminement que j’ai vécu personnellement. »
Durant la table ronde comme dans les échanges informels, il est revenu sur les motivations de ce projet : montrer que la pratique sportive peut être un instrument d’engagement, accessible et fédérateur. L’enchaînement quotidien de 42,195 km a été imaginé comme un prétexte pour créer des rencontres, traverser des territoires, et illustrer de manière concrète qu’un changement de mode de vie – ici la mobilité active – peut s’inscrire dans le temps long sans basculer dans l’exploit réservé à des athlètes de haut niveau. Le film 100 marathons vus du cœur, projeté en début de soirée, documente cette démarche. On y suit le rythme quotidien du défi, les échanges avec les habitants, les moments de fatigue et les solutions trouvées pour maintenir l’aventure sur 100 jours consécutifs. Le regard du réalisateur Jérôme Habasque met l’accent sur la dimension sensible du projet : les paysages, les rencontres aléatoires et la simplicité volontaire qui sous-tend l’ensemble de l’expérience. Nicolas Vandenelsken inscrit ses actions dans le concept “Une seule santé”, qui repose sur l’idée que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont interdépendantes.
En choisissant la course à pied comme mode de déplacement, en privilégiant la proximité et en mettant en avant les bénéfices du lien à la nature, il illustre ce principe de manière incarnée. Pour lui, investir dans la mobilité active, les espaces naturels et les pratiques sportives de plein air constitue une réponse collective aux enjeux sanitaires actuels : prévention, réduction des dépenses de santé, qualité de vie et cohésion territoriale. Cette soirée du 18 novembre a rempli ses objectifs selon Nicolas.
« Le but de ce genre d’évènement n’est pas seulement convaincre les convaincus mais bien de se confronter à tous les publics, y compris les moins sensibles à la problématique du climat. On doit absolument sortir du triangle de l’inaction, cette situation où citoyens attendent des pouvoirs publics qui attendent des entreprises qui attendent des citoyens… Ce genre de rencontre est fait pour que tout le monde se rencontre, se confronte. La présence d’entreprises privées dans les partenaires ont également une bonne chose. On les oblige à bouger, à ré-orienter certains choix… »
Nicolas Vandenelsken
| Santé, mobilité active et engagement territorial
La soirée de Valenciennes s’inscrit dans un contexte où les données scientifiques confirment le rôle majeur de l’activité physique dans la santé publique. Selon un rapport publié par l’ADEME en septembre 2025, l’activité physique liée aux déplacements quotidiens à pied permettrait d’éviter des milliers de décès par an en France. Cette estimation englobe les effets de la marche sur la prévention des maladies cardiovasculaires, des cancers, du diabète et des pathologies respiratoires. Les données territoriales montrent également une marge de progression importante : 76 % des Français vivent à moins de 4 km d’un ensemble d’équipements essentiels, incluant supermarché, collège, médecin, pharmacie, salle de sport et bibliothèque. Cette proximité permettrait, en théorie, de faciliter le recours aux mobilités actives si les infrastructures et les habitudes suivaient la même dynamique.
Le même rapport de l’ADEME indique qu’en généralisant les meilleures pratiques actuelles, la part modale de la marche pourrait atteindre 31 % (contre 24 % aujourd’hui), et celle du vélo 8 % (contre 3 %). Ces projections illustrent le potentiel sanitaire et environnemental de politiques publiques orientées vers la mobilité active. Les travaux de Santé Publique France publiés en 2024 viennent renforcer ce constat : marcher ou pédaler 10 minutes de plus par jour pourrait réduire la mortalité de 3 % à 6 % dans les grandes villes.
Pour Nicolas Vandenelsken, il faut continuer à valoriser les bonnes pratiques, qui gagnent du terrain petit à petit : « Chacun doit cheminer. De mon côté, j’ai travaillé dans l’industrie du sport pendant plusieurs années, notamment pour le Tour de France. C’était vraiment un métier passion. Puis à un moment j’ai commencé à me questionner sur le sens. En 2019, sans doute pas très loin d’un burn out, j’ai signé une rupture conventionnelle. S’en ai suivi une période de recherche. Personnellement, j’ai connu l’obésité puis l’anorexie, alors la recherche d’équilibre personnel est devenue importante. J’ai fondé Uni-vert Sport en 2021 avec la volonté de promouvoir une meilleure relation entre notre corps et la nature. Il y a des jours où c’est dur, mais comme tout le monde j’essaie de m’accrocher aux choses positives que je vois. La MAIF est le bon exemple d’entreprise qui essaie de faire bouger son environnement. Dernièrement ils ont développé des bonus d’éco-conditionnalité, c’est intéressant. La marque VEJA aussi fait des choses positives. En tant que consommateur et citoyen il faut les encourager à faire les bons choix. »

Aller plus loin, découvrez Uni-Vert Sport, fondée par Nicolas Vandenelsken
Uni-Vert Sport, organisatrice de l’évènement, s’inscrit dans la logique d’articulation entre sport, santé et transition écologique. Depuis 2021, l’association développe des projets destinés à écrire, avec les territoires, de nouveaux récits permettant à chacun de s’engager sur les enjeux de santé globale. Implantée dans les Hauts-de-France mais active dans toute la France, elle s’appuie sur des aventures sportives et citoyennes pour mettre en mouvement habitants, institutions, clubs et collectivités. Marathons.com a eu la chance d’échanger avec trois membres actifs de l’association sur les derniers mois : Olivier Maria, Pierre Destailleur et Nicolas Vandenelsken dans le cadre de cet évènement à Valenciennes. Tous les trois réunis ci-dessous !

Charles-Emmanuel PEAN
Journaliste