Run For Climate : 700 participants unis pour la planète à Paris
À deux pas du Pavillon Royal du Bois de Boulogne, 700 coureurs se sont élancés ce dimanche 14 décembre pour deux boucles lors du 10 dé km Run For Climate, initié par la Fondation PARC et organisé par EcoTrail Organisation, pour soutenir la cause climatique.
« Courir pour le climat, c’est déjà agir », « Ensemble, faisons respirer la planète », lisait-on sur les différentes pancartes. Des messages forts, en cohérence avec l’objectif de cette course solidaire, organisée pour soutenir la recherche sur le climat. Pour chaque inscription, 5 euros ont été reversés à la Fondation PARC (Paris Agreement Research Commons), hébergée par l’Institut Louis Bachelier, dans lequel Lita Marret, créatrice de la course, est analyste en finance durable.
Un engagement qui a immédiatement résonné auprès d’Hervé Pardailhe-Galabrun, président d’EcoTrail Organisation, en charge de la logistique de l’événement : « Quand on a frappé à notre porte, on s’est dit : on va le faire ensemble. C’était totalement logique ! ». Initialement envisagé en plein cœur de Paris, autour de la place de la Bastille, le lieu de départ a finalement été déplacé au bois de Boulogne. Un choix qui s’est révélé particulièrement pertinent : courir à proximité du lac Inférieur, au cœur d’un environnement naturel, renforçait le message porté par l’événement.
| Une course pensée comme un projet global
Pensée comme un projet global, Run for Climate a mêlé challenge connecté du 10 au 21 novembre, cycle de conférences, organisées à l’Académie du Climat, également lieu de retrait des dossards de l’épreuve de 10 km. Cette première édition a rassemblé 700 participants, répartis en deux vagues de départ. Ce temps de réflexion et de mobilisation, qui s’est déroulé en partie à l’Académie du Climat le vendredi 12 décembre, avait pour objectif de raviver la flamme autour des accords de Paris, fêtant leurs dix ans ce jour-là. « L’idée, c’était vraiment de recréer une énergie positive autour de ces accords », retrace Lita Marret, à l’initiative de la course.
Le vainqueur de la course, Tom Connery, a vu lui aussi l’impact de l’engagement sur sa performance. « Courir pour une cause, c’est toujours mieux. Aller chercher notre dossard à l’Académie du Climat, ça rendait les choses plus concrètes », confie le sociétaire du SCMC, un nouveau club du 92. Installé à Paris depuis quatre mois, la Suédoise Emma Granström, victorieuse, alors en pleine récupération après le marathon de Valence, apprécie l’esprit particulier de la course : « Courir pour une cause, c’est un vrai bonus. En Suède, je participe surtout à des courses compétitives. Là, c’était avant tout pour l’atmosphère. Et pour une première édition, surtout pour une course de cette taille, l’organisation était vraiment géniale. »
| Courir pour le climat, sans alourdir son empreinte carbone
À quoi bon courir pour le climat si l’événement laisse derrière lui une empreinte carbone lourde de conséquences ? Pour les organisateurs de la première édition de Run For Climate, la cohérence est une priorité. Le choix d’EcoTrail Organisation comme prestataire était donc logique. « Dès nos premiers échanges, il était évident que nous intervenions sur une course engagée sur ces démarches-là », explique Hervé Pardailhe-Galabrun, fondateur de l’EcoTrail Paris. Ce lancement s’inscrit pleinement dans l’esprit de l’événement francilien et dans la charte éthique mise en place dès ses débuts. « Dès 2008, sur l’EcoTrail, on laissait le moins de traces possible de notre passage. Depuis cette période, on se bat pour dire aux coureurs d’être propre, de faire le tri des déchets, de ne rien jeter au sol, de respecter la nature », se rappelle-t-il.
L’accessibilité du site de départ joue donc un rôle clé. Situé à seulement quinze minutes de la porte Dauphine, il permet aux coureurs de privilégier facilement les transports en commun. « On est vraiment dans cette optique de promouvoir les transports doux, laisser la voiture à la maison », insiste l’organisateur, qui distribuait déjà des titres de transport aux coureurs pour les inciter à se déplacer autrement qu’en voiture en 2008. Un enjeu majeur, puisque selon un bilan carbone réalisé en interne en 2010, les déplacements des participants représentent la principale source d’émissions lors d’une course.
Autre levier important : la réduction de la consommation énergétique. Exit les groupes électrogènes fonctionnant au carburant, remplacés par des batteries réutilisables. La gestion de l’eau et de l’alimentation suit la même logique. Les bouteilles en plastique ont totalement disparu au profit de bidons d’eau raccordés directement au réseau d’eau de Paris. Quant aux ravitaillements, ils sont composés d’invendus (oranges, pommes, cakes). « Ça ne change rien et ça évite le gâchis », précise celui aux manettes de la course.
Le seul symbole encore difficile à faire évoluer, c’est la médaille. « J’essaie de supprimer les goodies sur toutes nos courses. Les t-shirts, c’est terminé. La médaille, c’est plus compliqué, mais on va y arriver », confie Hervé Pardailhe-Galabrun. À défaut de les éliminer totalement, EcoTrail a opté pour des médailles en bois, bien moins énergivores que celles en métal. « Une médaille en bois représente environ 0,0367 kg de CO2, contre des chiffres bien plus élevés pour le textile, où un t-shirt peut atteindre 6 kg de CO2 ». Il n’y a pas à dire. Lita Marret a bien fait de penser à eux pour cet événement. « C’est sûr que pour tout ce qui est zéro déchet et l’organisation d’un événement véritablement écoresponsable, sans greenwashing, on est clairement sur la crème de la crème », s’exclame-t-elle, comblée.
| Une première édition qui ouvre la voie à bien d’autres
Pour une première édition, le succès a été au rendez-vous. Stéphane Voisin, directeur des programme de la Fondation PARC, s’en réjouit : « Dès que Lita nous a présenté le projet, on a dit oui. On n’y croyait pas forcément, mais ça a marché. C’était compliqué à organiser, et EcoTrail a été super. L’année prochaine, on vise 3000 participants, puis 10 000, et ensuite la France entière ». De son côté, Lita Marret affiche un léger regret : « C’est juste un peu dommage de nous y être pris si tard, car à la fin, on a senti un vrai engouement. Beaucoup de gens cherchaient encore des places ». La course a affiché complet, un signe encourageant pour l’avenir : « On s’y est pris un peu tard pour la communication. Avec un peu plus de temps, on aurait pu agrandir la jauge et accueillir encore plus de monde. Mais au moins, c’est un bon présage pour les prochaines éditions. »
Saluée par ses collègues de l’Institut Louis Bachelier, eux aussi finishers de la course, Lita Marret, tout de vert vêtue pour rester discrètement dans le thème, sourit : « Je me suis demandé si ça ne faisait pas too much ». Heureuse de constater l’implication de chacun, elle se dit fière de la concrétisation de cet événement et d’avoir accroché la troisième place : « Quand j’ai su que je pouvais faire top 3, j’ai visé cette place. Je voulais qu’ils soient fiers ». Et ils le sont au vu du succès de cette première édition.
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Sabine LOEB
Journaliste