Les 10 km du 14e à Paris : la course de quartier à ne pas manquer
Organisé par l’Office du Mouvement Sportif et la mairie du 14e arrondissement de Paris, avec le soutien du club omnisports de la JA Montrouge, le 10 km du 14e a rassemblé 3500 coureurs ce dimanche 18 janvier, confirmant son statut de course de quartier incontournable auprès des habitants, et notamment des licenciés de la JAM et de sa section handisport.
« C’est la 41e année, on change, on bouge », s’exclame François Denis, le président de l’OMS Paris 14, en charge de l’organisation de la course, à propos du nouveau design des t-shirts. En rose fluo, « moins sobres que ceux bleus de l’année dernière », précise-t-il, conquis par ce choix. Mais la marque de fabrique de l’événement, ne réside pas dans l’aspect coloré des nouveaux maillots. Il y a bien plus précieux que l’équipement au cœur de cette course de quartier, implantée dans le 14e arrondissement depuis sa naissance : l’esprit de partage des binômes, guides et coureurs malvoyants ou non-voyants, présents en nombre sur ce 10 km.
« Cette course, c’est avant tout le fait d’être chez nous, sportivement. L’important aujourd’hui, c’est de se réunir. C’est la course où, à 90%, on est tous là », explique Patrick Caldayroux, responsable de la section handisport de la JAM. La performance est cependant loin d’être exclue. Parmi la dizaine de duos présents sur la ligne de départ, trois ont bouclé la distance en moins de 45 minutes. « C’est la première fois que ça arrive. Ça commence à courir, on a des ambitions », se réjouit leur encadrant.
| Des courses de rentrée pour les vainqueurs
Chloé Conan, marathonienne détentrice d’un record personnel en 2h55 établi en décembre à Valence, s’est offert un superbe retour sur la route après les fêtes. En 37’59, elle s’est imposée devant Ophélie Kinzonzi Barbarit, flashée en 38’00. « C’est ma première fois sur cette course et je ne m’attendais pas du tout à la gagner », confie la vainqueur de l’épreuve, licenciée au club Run & Freedom du Mans. Au-delà de sa performance, la Parisienne a pris plaisir à découvrir un parcours roulant, à proximité de chez elle. « C’est bénéf, c’est à côté de chez moi, poursuit-elle. Et puis, en janvier, il n’y a pas beaucoup de courses à Paris. » Giulia Peaucellier, auteure d’un chrono de 39’40, complète le podium.
Chez les hommes, Julien Rebeck, crédité d’un temps de référence de 28’41, est resté sur sa bonne lancée à quelques semaines du semi-marathon de Barcelone, prévu le 16 février. Le sociétaire du Cercle sportif de Bourgoin-Jallieu, sponsorisé par On et Distance, a validé une « répétition grandeur nature » avant cette grande échéance. Spécialiste du 5 km, 11e des derniers Championnats de France sur la distance, il s’est dit satisfait de sa sortie de 23 km effectuée dans la matinée : « J’ai fait un petit échauffement, 4 km à allure semi, une petite récup, la course de 10 km à allure semi et encore une petite récupération ». À plus d’une minute, Lucien Chapotte prend la deuxième place en 31’20, tandis que Lilian Eudier, auteur d’un 2h20 à Valence en décembre, complète le podium en 31’24.
| Un rendez-vous immanquable pour les duos guide/malvoyant
Chaque année, le nombre de duos ne cesse d’augmenter. « Au début, il n’y avait que deux ou trois binômes, aujourd’hui il y en a entre neuf et dix », souligne Patrick Caldayroux. Un constat partagé par François Denis, ravi que la course prenne une telle ampleur auprès de ce public singulier et qu’elle réunisse une grande diversité de participants, dont un groupe prêt à pousser, tirer et stabiliser une joëlette cette année. « Il y a un garçon entouré de 5-6 personnes », acquiesce-t-il, le sourire aux lèvres.
La plupart des duos présents s’entraînent ensemble lors des séances de la JAM ou via d’autres groupes, comme Courir en duo. Oumar et David participent ensemble à ce 10 km pour la troisième fois. « L’année dernière, on a souffert sur les cinq derniers kilomètres parce qu’on était partis trop vite. Aujourd’hui, on s’est retenus sur le premier tour et, sur le deuxième, on a pu lâcher un peu les chevaux », retracent-ils. Cette course, qui constitue « un peu leur vitrine », selon David, d’où le nombre record de binômes au départ et l’importance d’y être présents, leur permet aussi de mesurer leur progression d’une année sur l’autre.
L’objectif de ce dimanche était donc « de trouver une bonne allure et d’être forts dans les cinq derniers kilomètres ». Mission accomplie, même si Oumar est déjà tourné vers la prochaine édition : « J’espère encore faire mieux ! » Lui aussi tient particulièrement à ne pas manquer ce rendez-vous, parce que c’est souvent la seule compétition qu’il dispute dans l’année. « Et qu’il y a moins de montées », sourit-il.
Un autre binôme s’est également illustré pour sa rentrée : Meriam, non-voyante et entièrement dépendante de son guide, et Régis, auteurs d’un chrono de 46’25. En contact depuis dix ans, ils se retrouvent aussi bien lors des sorties de Courir en duo que sur leur pause déjeuner. « Comme on travaille à côté, on se rejoint parfois pour courir le midi », précise Régis, même si, comme le souligne Meriam, ils courent surtout « quand ça vient ». Loin d’être une coureuse ordinaire, Meriam est triathlète et finisheuse du triathlon d’Hawaï. Elle alterne entre sa saison estivale avec son club de triathlon et l’hiver, période qui lui permet « de faire un peu plus d’intensité ». « Je n’avais pas couru depuis un mois, mais je me suis dit que c’était un bon moyen de m’y remettre », confie celle venue « en voisine ». C’est définitivement la course de quartier à ne pas manquer.
Clap de fin pour l’édition 2026 du 10 km du 14e, véritable course de rentrée parisienne et, surtout, course de quartier où les encouragements fusent de partout, des trottoirs aux balcons et aux fenêtres des habitants de l’arrondissement. Le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, avec l’envie de vibrer à nouveau et de rassembler encore davantage de coureurs malvoyants et non-voyants, accompagnés de leurs guides, sur la ligne de départ.
➜ Tous les résultats du 10 km du 14e

Sabine LOEB
Journaliste