10K Champs-Élysées 2026 (13).jpg © PhotoRunning/M.Bove

10 km Champs-Élysées : Martin Kiprotich et Angela Viciosa Villa domptent Paris sous la pluie

10 km
01/02/2026 16:46

Pluie persistante, pavés glissants et densité élite. Pour sa 4e édition, le 10 km des Champs-Élysées a réuni 20 000 coureurs ce dimanche sur la plus belle avenue du monde. Une course qualificative pour les Championnats de France, exigeante plus que rapide, où Martin Kiprotich et Angela Viciosa Villa ont su dominer un tracé piégeux.


Quelques gouttes au moment du départ, puis une pluie de plus en plus franche au fil des kilomètres. Le décor parisien n’a rien perdu de sa magie, mais les conditions ont rapidement rappelé que ce 10 km des Champs-Élysées ne se court jamais comme un autre. Sur un tracé ponctué de pavés, de relances et de variations de profil, la performance pure passe souvent au second plan derrière la gestion et la lucidité.

Comme pour les autres grandes courses parisiennes, les organisateurs affichaient complet depuis la mi-décembre et près de 20 000 lève-tôt trépignaient d’impatience, dont un certain Jo-Wilfried Tsonga, joueur de tennis français à la retraite, ce dimanche matin. Quatrième édition seulement, mais déjà une identité bien marquée et éclairé de jaune du sponsor Fulfil, loin des parcours dessinés pour faire tomber des records, côte interminable oblige. Les références établies en 2023, chez les hommes comme chez les femmes, n’étaient clairement pas menacées.

| Martin Kiprotich, solide patron sous la pluie

Privée de son vainqueur sortant Soufiyan Bouqantar, la course masculine s’annonçait ouverte. Elle a pourtant rapidement trouvé son homme. L’Ougandais Martin Kiprotich impose un tempo régulier, sans jamais se découvrir, pour s’imposer en 28’36 au terme d’une course parfaitement maîtrisée.

Derrière lui, son compatriote Hosea Chemutai pousse le duel jusqu’au bout, échouant à une seconde seulement (28’37). L’Éthiopien Kbiret Anteneh complète le podium en 28’52, après avoir longtemps figuré dans le groupe de tête. Une arrivée resserrée, marquée davantage par l’usure que par les accélérations franches.

| Benjamin Polin, premier Français dans une course au train

Au pied du podium, le centbonard Benjamin Polin réalise lui la meilleure performance tricolore et signe un record perso dont la dernière meilleure performance sur 10 bornes avait été effectué en décembre dernier (29’05). Finalement quatrième de la course en 28’54, le sociétaire de l’Athletic Vosges Entente Clubs a construit sa course avec patience. « Le départ est parti très, très vite. J’ai préféré rester un peu en retrait, puis remonter progressivement au train. »

La course se structure rapidement derrière les deux Ougandais. Le double champion de France du marathon (2024 et 2025) s’accroche à un petit groupe et fait parler sa résistance. « On a couru quasiment toute la course ensemble. Il n’y a pas vraiment eu de finish, alors j’ai essayé de faire la différence dans le dernier secteur, après la sortie du pont, sur les 400 derniers mètres. »

Le chrono dépasse presque les attentes : « Franchement, je ne pensais pas courir aussi vite ici. Moins de 29 sur ce parcours, avec la pluie, c’est une bonne surprise ». Benjamin Polin le sait, les Champs-Élysées ne se prêtent pas aux références chronométriques. « Ce n’est pas un parcours à record, mais il me correspond bien. Je viens du cross, du trail, avec des relances. Le chrono, c’est du bonus. »

| Un top 10 dense et très international

Derrière Polin, le Marocain Brahim Bakkou prend la cinquième place en 29’29, juste devant le Kényan Kiprop Rotich (29’30). Abdelilah El Maimouni se classe septième en 29’36, confirmant sa régularité sur ce type de formats exigeants. L’Algérien Ali Messaoudi termine huitième en 29’46, tandis que le Tricolore Mathieu Brulet (10e en 30’02) complète un top 10 où la densité nationale ressort nettement. Une présence française renforcée par le caractère qualificatif de l’épreuve pour les Championnats de France.

Concentré avant de s’élancer, Yoann Durand a finalement terminé 14e. © PhotoRunning/M.Bove

| Yoann Durand, le plaisir comme moteur

Classé quatorzième du général en 30’34, Yoann Durand abordait la course comme une séance structurée. « Aujourd’hui, c’était vraiment une séance d’entraînement, avec des blocs à allure 10 km et du tempo ». Le parcours et la météo confortent ce choix. « Ce n’est pas un tracé hyper roulant. Avec les pavés et la pluie, ça glisse beaucoup. Sur l’aspect compétition, il y a un petit bémol, mais côté plaisir, tout est là ». À 40 ans, le champion de France du semi-marathon en 2021 revendique une autre manière de performer. « Le plaisir de m’entraîner au quotidien, de garder la flamme. Je sais que je ne courrai plus jamais en 28’15, mais j’essaie de m’accrocher et de me dépasser. »

| Mustapha Salmi, une course pour apprendre

Pour Mustapha Salmi, la journée se complique rapidement. 28e en 32’37, il doit composer avec une douleur aux côtes apparue dès le deuxième kilomètre. « J’ai souffert toute la course. J’ai fini pour finir ». Entre la densité internationale, le froid, la pluie et le choc thermique après plusieurs jours à 25 degrés, les conditions ne jouent pas en sa faveur.

Mustapha Salmi a sorti une pancarte (très) originale à l’arrivée. © Dorian Vuillet / MARATHONS.COM

« Sur ce parcours, avec ce temps-là, ce n’est pas possible d’être à son meilleur niveau ». Lucide et frigorifié au moment de passer au contrôle anti-dopage, « Muss Life » garde le cap. « Cette course me sert surtout de repère. » La suite arrive vite, avec le semi-marathon de Paris, le 8 mars prochain, dans un contexte de préparation particulier lié au ramadan.

| Angela Viciosa Villa, l’Espagne en patronne

Chez les femmes, la course se dessine rapidement autour d’un trio espagnol de la team Oysho qui s’est même adjugée les cinq premières places. Angela Viciosa Villa prend les commandes et s’impose en 33’24, au terme d’une course parfaitement contrôlée. Derrière elle, les jeunes Queralt Criado Ocaña (33’30) et Paula Herrero Aguirre (33’36) confirment la domination ibérique sur ce tracé exigeant. La Marocaine Soukaina El Khayami termine au pied du podium en 34’25, tandis qu’une autre Espagnole, Irati Lorza Leinena, complète le top 5 en 34’38.

| Les Françaises bien placées dans le top 10

Première Française, Dounia Afalah se classe 6e en 35’03, juste devant Loréna Meningand, 7e en 35’11, dans un contexte assumé de séance d’entraînement. Le 10 km s’intégrait pleinement dans une logique de préparation marathon pour celle qui n’apprécie guère cette distance. « L’objectif, c’était de courir autour de 3’30 au kilomètre. J’ai 3’31 à la montre, donc c’est parfait ». Avant le départ, huit kilomètres de travail, puis une deuxième séance programmée plus tard dans la journée. Le parcours, malgré la pluie, reste apprécié. « Franchement, le tracé est cool, même si avec la pluie, les chaussures deviennent vite des patins ». Louise Beux (8e en 35’26), Charlotte Lanoix (9e en 35’39) et Pauline Servat (10e en 36’04) assurent un top 10 féminin où la profondeur française ressort nettement.

Sous la pluie et sur les pavés, le 10 km des Champs-Élysées a confirmé son identité. Pas une course à records, mais un vrai test de gestion, de résistance et de lucidité. Qualificative pour les Championnats de France, dense, spectaculaire, l’épreuve s’impose, édition après édition, comme un rendez-vous à part des 10 km parisiens.

Les résultats des 10 km Champs-Élysées 2026


Dorian VUILLET
Journaliste

Dernières news
L’Épopée Royale inaugure le gravel running en France : une course unique au cœur des Châteaux de la Loire, entre nature, histoire et plaisir de courir autrement.
03/02/2026 L’Épopée Royale : la première course de gravel running en France, au cœur des Châteaux de la Loire
Ultra run+3
L’Épopée Royale : la première course de gravel running en France, au cœur des Châteaux de la Loire
Le Marathon de Dubaï 2026 a offert un beau spectacle : Nibret Melak s’impose en 2h04’00 et Anchinalu Dessie s'illustre en 2h18’31.
01/02/2026 Marathon de Dubaï : Nibret Melak frappe fort pour ses débuts, Anchinalu Dessie en patronne
Marathon
Marathon de Dubaï : Nibret Melak frappe fort pour ses débuts, Anchinalu Dessie en patronne
PUMA relance Project3 en 2026 et soutient les coureurs amateurs sub-élites avec un accompagnement digne des pros : Fast-R 3 et récompense en cash en cas de performance. Une initiative unique qui bouscule la culture running et valorise les runners passionnés.
28/01/2026 PUMA Project3 revient en 2026 : quand les coureurs amateurs passent en mode élite
Equipement
PUMA Project3 revient en 2026 : quand les coureurs amateurs passent en mode élite
Voir plus
Inscrivez-vous
à notre newsletter
Ne manquez rien de l’actualité running en vous inscrivant à notre newsletter !