À 22 ans, Lou Riguet relève le défi du Marathon de Paris après un cancer
À 22 ans, Lou Riguet s’apprête à vivre un moment fort sur le bitume du Marathon de Paris. Il y a seulement quelques mois, son quotidien tournait autour des séances de chimiothérapie pour vaincre un lymphome de Hodgkin, une forme de cancer assez rare. Aujourd’hui en rémission, la jeune femme transforme la souffrance imposée par la maladie en un défi physique qu’elle a elle-même choisi. Ces 42,195 km marquent sa renaissance, une victoire éclatante pour se réapproprier son corps et célébrer la vie, une foulée après l’autre.
| Le diagnostic
À seulement 22 ans, Lou Riguet ne s’imaginait pas devoir mettre sa vie entre parenthèses pour se battre contre la maladie. Elle, jeune femme sportive et pleine de vie, ne s’attendait pas à un diagnostic aussi lourd que celui du lymphome de Hodgkin. C’est une pathologie difficile qui impose un protocole de chimiothérapie éprouvant, tant pour le corps que pour l’esprit.
Déjà très active avant l’annonce de sa maladie, Lou s’était même inscrite au Marathon de Paris 2025. Elle voulait découvrir les émotions de la distance reine. Son diagnostic a retardé sa participation, mais n’a pas éradiqué sa volonté. Pendant ses quatre séances de chimiothérapie, Lou n’a jamais renoncé. Il serait faux de dire qu’elle n’a pas douté : « Dans ma prépa, je me suis inscrite à mon premier semi-marathon. Je me suis dit que personne ne devrait faire ça, mais bon… Au final, cette course m’a aidée à me projeter et m’a rassurée. »
D’autant plus que Lou était bien entourée, par ses proches comme par le personnel médical. Elle se souvient notamment de l’une de ses infirmières, triathlète, qui l’avait encouragée à s’inscrire à un 5 km. Un défi que Lou a relevé et terminé haut la main, alors qu’elle était encore en plein protocole de chimiothérapie.

| Le marathon, un phare dans la tempête
Aimé Jacquet, célèbre entraîneur de l’équipe de France de football disait : « Le sport est dépassement de soi. Le sport est école de vie ». Oui, le sport est une école qui permet aussi, parfois, de se maintenir en vie. Il permet de garder espoir quand tout s’assombrit, et Lou l’a bien compris. Jamais elle n’a cessé d’avancer, même durant ses chimios, elle n’a jamais baissé les bras.
Chaque jour, elle allait marcher : « J’allais marcher tous les jours, mais ma maman me tenait pour ne pas que je tombe. C’était très difficile. Il y a des fois où j’ai connu des états vraiment catastrophiques ». Son corps était fatigué, c’était une évidence, mais au-delà des jambes, le mental occupe une place immense. Pour la future marathonienne, c’est une relation vertueuse. Il est logique de penser qu’après avoir vécu une telle épreuve, la capacité à affronter les défis du quotidien est décuplée : après s’être battue pour sa vie, les autres combats paraissent surmontables.
Mais pour Lou, c’est du donnant-donnant. Le mental qu’elle avait acquis en pratiquant la course à pied l’a aidée à tenir pendant ses chimiothérapies, et les douleurs qu’elle a affrontées durant ses traitements l’aideront à tenir lors du Marathon de Paris. C’est ainsi que Lou voit les choses, avec positivité et espoir. Cet espoir, elle le répand autour d’elle. Car, même si elle rappelle souvent qu’elle n’a pas choisi ce combat, elle n’a jamais cessé de se battre.
« Pendant mes deux dernières chimios, j’ai beaucoup visualisé mon arrivée pour m’aider. »
Lou Riguet
| Un mental d’acier
Cette arrivée représente bien plus que la fin d’une course. Elle symbolise le terme d’une période marquée par la souffrance, mais aussi par l’espoir et l’envie de toujours aller plus loin. Cette arrivée, elle en rêve, elle l’imagine souvent : « Pendant mes deux dernières chimios, j’ai beaucoup visualisé mon arrivée pour m’aider. Je l’imagine souvent, mais je ne sais pas comment je vais réagir. Ce que je sais, c’est que j’ai trop hâte. »
Cette course, tout comme cette préparation physique, est un magnifique message d’espoir pour toutes les personnes qui traversent des épreuves douloureuses. « On a parfois l’impression que ça ne se terminera jamais, que ce ne sera jamais plus comme avant. C’est vrai, ce ne sera plus comme avant, ce sera différent, et peut-être même mieux. Ce n’est pas parce qu’on a vécu cela que tout est fini, de belles choses nous attendent encore. Mais ce qui est important, c’est d’accepter les moments où c’est dur, de ne pas se retenir de pleurer. On en a aussi besoin. Il faut se laisser le temps et garder espoir. »
Le 12 avril, Lou prendra le départ avec un cœur fort et un mental d’acier. Une preuve qu’avec de la volonté, tout est possible et qu’il ne faut jamais baisser les bras.
Cette histoire est la preuve que la maladie peut ralentir le pas, mais jamais éteindre la flamme. En s’attaquant à la distance reine, elle transforme son épreuve en un message universel : celui d’une détermination que rien ne peut éradiquer.

Léana Verrière
Journaliste