À 52 ans, le Troyen Benoît Nayrac est en route pour courir les sept plus grands marathons de la planète (World Marathons Majors).

Le Troyen Benoît Nayrac en quête des sept plus grands marathons du monde

Interview
09/02/2026 16:20

À 52 ans, Benoît Nayrac est en route pour boucler les 7 Marathons Majors. Déjà finisher de Sydney, Londres et New York, l’organisateur du semi-marathon de Troyes s’apprête à participer au marathon de Boston, avec l’envie de performer, mais surtout de savourer l’ambiance unique de la course.


À 50 ans, peut-on vraiment renaître de ses cendres ? Benoît Nayrac, auteur d’un record de 2h46’36 réalisé après 50 ans, semble en être la preuve vivante. C’est d’abord à Valence, en décembre 2023, que le master tombe sur les fesses : il pulvérise son précédent record, datant de 2011, en 2h47. Puis, à Sydney en septembre 2024, il abaisse encore sa marque de référence, pourtant pas dans sa meilleure forme du moment. Opéré d’une pubalgie cinq mois plus tôt et fortement sollicité lors d’événements sportifs en 2024 (le passage du relais de la flamme olympique et le passage d’une étape du Tour de France), sa préparation marathon se limite à huit semaines. La recette de son succès « Mettre toutes les chances de se côté pour être plus performant ». À 50 ans passé, l’expérience permet de se tenir à un objectif de manière plus rigoureuse, plus sérieuse. « C’est une espèce de recherche mystique du chrono, d’apprendre à se connaître », confie-t-il, cherchant ses mots.

| Un quinquagénaire passionné en quête des sept marathons légendaires

L’âge n’est qu’un prétexte pour détourner la tête. Le coureur amateur, directeur des sports de la Ville de Troyes, ne s’interdit rien. Inscrit au marathon de Valence en 2023 pour retrouver ses sensations d’antan, il ne s’attendait pas à une si belle performance. « Je n’avais pas couru de marathons depuis Paris en 2011, car c’est relativement astreignant. Mais en 2023, l’année de mes 50 ans, j’améliore mes temps sur 10 km et semi », se souvient-il. Un double phénomène qui le pousse à se présenter sur la ligne de départ de Valence, sans penser une seule seconde à passer sous la barre des 2h50. « Quand j’ai vu qu’à mi-parcours, j’étais encore bien, j’ai attendu un petit peu et j’ai accéléré ». Partisan du negative split, signe d’une préparation réussie et d’une course parfaitement menée, il se laisse guider par sa foulée, jusqu’à ce fameux chrono de 2h47. « Je n’avais pas prévu d’en refaire un derrière, précise-t-il. Mais quelques jours après, j’ai reçu un mail des majors m’informant que j’étais qualifié aux Championnats du monde de ma catégorie d’âge. »

Un nouvel objectif nait alors dans l’esprit de ce « compétiteur dans l’âme » : s’envoler pour l’Australie et continuer de vibrer au rythme de la course à pied. La vie lui joue encore des tours, mais finit par le surprendre en faisant valser son record personnel une nouvelle fois aux oubliettes. « Quelle émotion ! Je me suis dit “wahou, c’est génial”, surtout que le parcours était bien moins roulant. » LL’histoire ne s’arrête pas là. À nouveau qualifié pour les Mondiaux, il prend conscience qu’il s’engage déjà pour son deuxième Major, celui de New York. « Pourquoi ne pas essayer de tous les faire ? », se demande-t-il, donnant naissance à sa quête de marathons aux quatre coins du monde. Au-delà de la performance, c’est surtout sa passion qui l’encourage à voyager, accompagné de ses proches. « Je profite d’être là-bas pour faire un peu de tourisme. C’est l’occasion de découvrir d’autres cultures. Autant conjuguer l’utile, le sportif, l’agréable », confirme-t-il.

« Si on perd la notion de plaisir, ça devient une contrainte. »

Benoît Nayarc

| Une double casquette d’organisateur et de coureur

Directeur des sports de la ville de Troyes, Benoît Nayrac baigne dans la course à pied, à la fois comme organisateur du semi‑marathon local et comme coureur aguerri. En avril, il sera au départ du marathon de Boston, mais en attendant, il se ménage un peu. « Je suis rattrapé par mon corps qui me dit que je dois me calmer un peu », raconte-t-il, contraint de privilégier les sports portés avant d’entamer sa préparation six semaines avant le grand jour. Peut-être que s’écouter est la clé. À 50 ans, il n’y a plus vraiment le choix : écouter son corps devient une nécessité. Relativiser est aussi une manière d’apprécier l’instant, même si le chrono n’a pas été atteint. Cet équilibre, il le résume simplement : « Si on perd la notion de plaisir, ça devient une contrainte ». Son expérience de coureur lui permet également d’être un meilleur organisateur, tout comme les membres de son équipe, eux-mêmes runners. « Ils savent de quoi on parle. »

© Sportograf

Chaque marathon lui offre un aperçu différent de l’organisation, certaines mieux huilées que d’autres. « Ces courses-là, ce sont de grosses machines de guerre. Mais j’ai regretté que ce ne soit pas mieux encadré ». À New York, par exemple, il raconte avoir « poireauté presque deux heures à piétiner avant de pouvoir accéder au site. C’était assez dommageable, et ça m’a un peu refroidi ». La foule et la gestion des sas ont également perturbé sa concentration  « Je n’ai même pas pu m’échauffer ». À Londres, la masse de spectateurs et l’intensité des encouragements l’ont déstabilisé. « Moi qui aime bien être concentré sur ma foulée, sur moi-même. Là, c’était juste impossible. »

Même si, avec le recul, il a été aussi galvanisé par la ferveur du public sur les 42 km. Pour Boston, il se montre confiant. « La logistique est rodée, ce sera plus restreint », explique-t-il, et il sait que cela sera mieux adapté à ses besoins. Seuls les meilleurs coureurs de chaque catégorie peuvent y participer, avec des temps minimum, et le nombre de participants est limité à 25 000, ce qui garantit un déroulement plus maîtrisé. Avant de décoller pour la course américaine, il devra toutefois soigner sa sciatique et avoir déjà bien préparé le 10 km de Troyes, support des Championnats de France le 10 mai. Un défi auquel lui et ses collègues s’attellent avec plaisir, pour permettre aux coureurs de vivre la course dans les meilleures conditions. « Je suis entouré d’une équipe de passionnés. Ça me permet de trouver des petites idées à droite à gauche… pour améliorer l’expérience coureur. »

Que peut-on souhaiter à Benoît Nayrac, au‑delà de la réussite sur le plan organisationnel ou sportif ? Pour ce passionné de course à pied, c’est avant tout l’expérience humaine qui prime. À Boston, il lèvera un peu plus les yeux vers le ciel, prendra le temps d’observer ce qui l’entoure, jouera avec la forme du moment… et pourra enfin souffler à la fin 2027, après avoir accompli son tour du monde des marathons.

Découvrez le calendrier des World Marathon Majors


Sabine LOEB
Journaliste

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