Marathon de Paris : Marie Turlington, sauvée par la course à pied
La course à pied peut changer une vie. Pour Marie Turlington, elle a été bien plus qu’un simple sport : un exutoire qui l’a aidée à retrouver plaisir en la vie. Aujourd’hui, son regard est tourné vers le Marathon de Paris, un challenge qui lui semblait hors de portée il y a quelques années, mais qu’elle brûle désormais d’envie de relever.
Marie Turlington fait partie de ceux qui ont connu une véritable renaissance grâce à la course à pied. La quarantaine ne se traverse pas de la même manière par tous, et pour la locale de Nuneaton, au Royaume-Uni, âgée de 44 ans, les dernières années ont été particulièrement éprouvantes. Confrontée à une maladie mentale qui l’affaiblissait et nourrissait en permanence le doute, elle broyait du noir jusqu’à sa découverte de la course, il y a dix mois. Depuis, sa vie a complètement basculé. Du bon côté, évidemment.
Elle a renoué avec ses proches, son mari et son fils de 16 ans, dont elle s’était un peu éloignée, pas vraiment d’humeur à interagir en rentrant chez elle le soir. « Je n’ai pas de mots pour expliquer à quel point ça m’a fait du bien, mais on se sent tellement fantastique après avoir couru, confie la Britannique. En courant trois à quatre fois par semaine, je revenais complètement différente. J’avais envie d’échanger, d’organiser des moments en famille ». Le pouvoir des endorphines ? Presque magique… à savourer sans excès.
| La course, un exutoire vital
Quelque part, la course l’a sauvée. « Courir a été une véritable bouffée d’air », raconte-t-elle. Comme beaucoup, elle a trouvé dans chaque foulée un moyen de se reconstruite, portée par l’envie d’avancer. Mettre ses objectifs noir sur blanc a tout changé. En mai dernier, elle boucle le semi-marathon de Birmingham en 2h15, chrono visé atteint. « Je suis tellement ravie de l’avoir fait », lance-t-elle, mesurant le chemin parcouru. Il y a encore peu, cette distance lui semblait inaccessible. Aujourd’hui, elle voit plus grand : le marathon est dans ses cordes. « Quand on fournit les efforts, ça finit par payer. Avec un bon état d’esprit, on peut tout faire. Je réalise que je vais faire un marathon… et maintenant, un semi-marathon me paraît facile », sourit-elle, forte d’un record personnel désormais abaissé à 1h58.
« Courir a été une véritable bouffée d’air. »
Marie Turlington
| Le marathon comme consécration
Pour se préparer au mieux à son premier marathon, la coureuse assidue a enchaîné les dossards, du 5 km au semi-marathon. Quatre fois par semaine, Marie Turlington s’élance dans les rues anglaises. Malgré les conditions rudes hivernales, typiques du climat britannique, elle n’a rien lâché : trois sorties de 5 à 10 km en semaine, agrémentées de fractionné ou de vitesse en côtes, puis une sortie longue le dimanche. « C’était très exigeant mentalement, parce que j’ai couru dans le froid, sur du verglas, sous la pluie », détaille-t-elle, motivée par le temps dans son viseur : 4h15.
Mais au fond, le résultat importe peu. Quoi qu’il arrive, elle sortira grandie de cette expérience. « Je suis tellement excitée de courir celui de Paris. L’ambiance le jour J va être incroyable. Je serai aux anges en passant la ligne d’arrivée, ce sera un objectif énorme pour moi », s’enthousiasme-t-elle. Ce qui l’a séduite dans l’épreuve parisienne, c’est autant l’atmosphère que le défi : boucler la distance dans la limite des 7 heures, et surtout aller au bout sans s’effondrer.
| 42 km de solidarité
Une fois la ligne d’arrivée du marathon mythique de Paris franchie, Marie Turlington pourra remercier l’association When You Wish Upon A Star, qui l’a invitée à courir 42,195 km pour soutenir sa cause. Un défi qu’elle a relevé pour contribuer, via sa collecte de fonds, à exaucer les vœux d’enfants atteints de maladies graves ou en phase terminale. Son objectif initial de 1000 Livres, a déjà été atteint, grâce à ses collègues et amis, mais aussi à sa présence active sur les réseaux sociaux. « Je poste souvent mes séances de course, donc les gens voyaient les efforts que je fournissais », explique-t-elle. C’est avec fierté, mais également une certaine appréhension, qu’elle se présentera sur la ligne du départ, déterminée à ne pas abandonner dans l’adversité. « Quand ça deviendra difficile, je penserai aux moments merveilleux que les enfants vont vivre, et ça m’aidera », affirme-t-elle.
Ce n’est que le début d’une grande aventure avec Marie Turlington, qui ambitionne déjà de participer le Marathon de Londres l’année prochaine, si elle parvient à décrocher un dossard. La course aux inscriptions est lancée… Relèvera-t-elle ce nouveau défi ? Aucun doute : sa seconde vie vient à peine de commencer.
➜ Pour soutenir la cause de Marie Turlington

Sabine LOEB
Journaliste