Valentin Vanhaeverbeek est finisher du Marathon de Paris pour la troisième fois, sans son grand frère décédé, mais avec ceux qui l'aimaient.

Valentin Vanhaeverbeek court le Marathon de Paris en hommage à son frère décédé : « Les gens voyaient nos tee-shirts et criaient “On t’aime Raph” »

InterviewMarathon
17/04/2026 11:48

Valentin Vanhaeverbeek est finisher du Marathon de Paris pour la troisième année consécutive. Cette fois sans son grand frère, décédé en février dernier d’un cancer, mais entouré de tous ceux qui aimaient Raphaël. Un hommage rendu à ce jeune homme de 24 ans, connu pour sa détermination indéniable.


La 49e édition du Marathon de Paris a rassemblé 57 464 finishers, ce dimanche 12 avril. Et autant de trajectoires personnelles dans les rues parisiennes. Dès le départ, Valentin Vanhaeverbeek n’est pas passé inaperçu. Le speaker l’a repéré dans le peloton et a souhaité en savoir plus sur sa venue. « Rien que ça, cela nous a mis les larmes aux yeux », commence le jeune marathonien de 21 ans. Entouré de quatre autres coureurs, il a parcouru les 42,195 km la gorge nouée, attirant les regards des supporters, avec un maillot à l’effigie de son frère décédé. « Dès que les gens voyaient nos t-shirts, ils criaient “On t’aime Raph”. J’ai adoré, même si c’était très fort en émotions » raconte-t-il. À l’arrivée, une dizaine d’amis de Raphaël les ont rejoints pour franchir la ligne bras dessus bras dessous.

| Un marathon chargé de sens

Deux ans auparavant, les deux frères sont devenus marathoniens pour la première fois. Adieu Toulon, bonjour Paris. L’endroit rêvé pour partager un moment unique, sans objectif de performance en ligne de mire, mais simplement le plaisir de courir la distance mythique ensemble. « On l’a un peu pris à la légère… On n’y allait sans se rendre compte de ce que cela représentait, se rappelle Valentin. On s’était un peu entraîné, mais on n’était pas non plus totalement préparé à cette épreuve. » Il a bouclé le marathon en 4h34, à 19 ans, tandis que son frère a terminé en 6h02.

Ce marathon de 2024 a marqué un tournant dans la vie de la famille. « Grâce » à lui, le sarcome de Raphaël a été découvert. « S’il ne l’avait pas couru, on ne l’aurait peut-être pas détecté avant un long moment », décrit son petit frère. Ce type de cancer très rare touche en majorité les jeunes. Moins de 200 cas sont recensés en France par an. Le diagnostic est tombé comme un coup de massue. S’en sont suivis des mois entre les allers-retours des parents à Paris, une rémission partielle en janvier 2025, puis une rechute sans issue.

Quelques parenthèses plus légères sont venues aussi rythmer cette longue période où chacun s’est accroché. Une seconde participation au Marathon de Paris notamment. « Raphaël a voulu courir le marathon pour célébrer l’absence de cellules cancéreuses », se souvient son cadet. Fragilisé, il n’a finalement couru que les 15 derniers kilomètres aux côtés de Valentin. Un geste, qui illustrait parfaitement la « force de caractère » de Raphaël. « C’était une vraie force de la nature », ajoute Valentin, qui l’a toujours trouvé « inspirant, impressionnant et époustouflant ». « Un exemple », glisse-t-il. Quand Raphaël s’est éteint en février, l’idée de recourir le marathon s’est imposé. « J’y pensais déjà. Et ses amis m’ont poussé à le faire », confie Valentin.

« C’était vraiment dur mentalement, mais ça a été tellement beau, rempli de joie, d’amitié, d’amour. »

Valentin Vanhaeverbeek

| Unis dans le souvenir

À cinq, ils ont affronté la douleur de cette épreuve. Une course à la fois physique et mentale, où les souvenirs ont affleuré. « Je suis très heureux de l’avoir fait, même si c’était vraiment dur mentalement. Ça a été tellement beau, rempli de joie, d’amitié, d’amour », sourit-il. Cette course, c’était leur façon à eux de rendre hommage à Raphaël, en racontant son histoire et lui assurant qu’il ne sera pas oublié. « Cela nous aide à avancer », insiste-t-il. Ensemble, ils ont également contribué à la recherche sur le cancer en récoltant 10 000 euros pour la Fondation ARC.

Ces cinq finishers n’oublieront sans doute pas ces 4h26 de hauts et de bas. Ensemble du début à la fin, ils ont été portés par les cris des supporters jusqu’à l’arrivée. Valentin, pourtant en forme, est resté aux côtés de ses coéquipiers. « Certains étaient blessés, ils se sont vraiment dépassés pour aller au bout », précise-t-il. Difficile de mesurer ce qu’ils ont ressenti en franchissant la ligne d’arrivée, accompagnés d’une dizaine d’autres jeunes émus eux aussi d’avoir perdu leur ami. Mais une chose est sûre : la maman Vanhaeverbeek, leur « supportrice numéro 1 », les attendait, fière de cet hommage rendu à son fils.

Cette édition du Marathon de Paris avait forcément un goût différent pour Valentin Vanhaeverbeek. Son frère n’était plus là pour partager ce moment, mais partout, les “On t’aime Raph” ont résonné sur le parcours pour faire vivre son souvenir.


Sabine LOEB
Journaliste

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