Le 21 et le 22 mars dernier, l’Ecotrail de Paris a rassemblé près de 18 500 coureurs répartis sur neuf épreuves. À cette occasion, Marathons.com s’est entretenu avec Blandine L'Hirondel, double championne du monde de trail, l’une des ambassadrices de l’événement, ainsi qu’avec la directrice de l’association Les Cols Verts. © EcoTrail Paris

Au Salomon Ecotrail de Paris, Blandine L’Hirondel et Les Cols Verts sensibilisent à l’environnement

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23/03/2026 09:36

Le 21 et le 22 mars dernier, l’Ecotrail de Paris a rassemblé près de 18 500 coureurs répartis sur neuf épreuves. À cette occasion, Marathons.com s’est entretenu avec Blandine L’Hirondel, double championne du monde de trail, l’une des ambassadrices de l’événement, ainsi qu’avec la directrice de l’association Les Cols Verts.


21 mars, premier jour de printemps et de l’Ecotrail de Paris. La veille de sa victoire sur le 35 km, Blandine L’Hirondel était présente au salon dans un nouveau rôle. « Je suis très honorée d’être l’ambassadrice de la saison du printemps, dans le cadre du projet MAIF Sport Planète. Il s’agit d’un ensemble d’actions sur un an, divisé en quatre saisons, pour sensibiliser et promouvoir l’écologie », explique la double championne du monde de trail (2019 et 2022) et lauréate de la Diagonale des Fous 2025. Une occasion pour elle d’en apprendre davantage sur la pollinisation, les insectes et les plantes. L’objectif est de faire évoluer le regard sur le patrimoine naturel, qui constitue le terrain de jeu des sportifs outdoor. Pour l’athlète, la conscience écologique est plus importante chez les traileurs que dans le reste de la population.

« C’est mon métier d’arpenter les chemins tous les jours. Je vois l’évolution de l’environnement, des parcours et des terrains mais aussi des mentalités. C’est un sujet essentiel dans le trail, parce que nous impactons forcément les écosystèmes par notre activité, surtout quand nous nous déplaçons par milliers sur les sentiers. »

Blandine L’Hirondel

Les efforts individuels peuvent néanmoins permettre de réduire l’impact de la fréquentation des lieux naturels. Par son statut d’élite et sa notoriété, la vainqueure du 35 km a porté cet engagement tout au long du week-end.

© Emma Bert / Marathons.com

| Un rôle de médiatrice

Une conviction qu’elle tient à transmettre avec pédagogie. « Je ne veux pas porter un message culpabilisant ou donneur de leçons. J’ai à cœur de montrer que je ne suis pas parfaite non plus, mais qu’en s’intéressant au sujet, nous pouvons apprendre beaucoup et changer notre regard. C’est l’addition de petits gestes qui peut permettre un impact collectif », relate la sportive. Des initiatives qui peuvent différer en fonction du lieu de vie, en ville, à la campagne ou en montagne.

La native de Caen admet de ne pas être « une montagnarde pure. « Je n’y suis pas née, j’ai vécu en ville, beaucoup de membres de ma famille et des amis y vivent. Pour autant, cela ne m’empêche pas de m’y intéresser. Cette course est un moment de partage, et j’apprécie cette accessibilité sur le parcours, le fait d’être au contact des gens et de n’être jamais seule. »

L’habituée du maillot tricolore, en préparation pour la Transvulcania et l’UTMB, compte partager ses découvertes grâce à ce statut d’ambassadrice, pour montrer que cette sensibilité naît souvent lorsqu’on prend le temps de s’y attarder. « J’ai simplement envie de dire aux gens d’ouvrir les yeux, de regarder ce qu’il se passe autour de nous. Je ne veux pas donner d’ordres, mais sensibiliser à notre impact, au changement climatique et aux problématiques économiques, sociétales qui nous concernent ». Sa volonté est de faire prendre conscience du déclin de la biodiversité, des espèces en voie de disparition et des pollinisateurs qui disparaissent. La prise de conscience ouvre la voie, avant de réfléchir aux actions possibles à une échelle individuelle ou locale.

© Emma Bert / Marathons.com

| L’Ecotrail, une course tournée vers l’écologie

Concilier événement sportif et respect de la nature malgré un grand nombre de coureurs, telle est la volonté de l’organisation, qui souhaite profiter du rassemblement pour sensibiliser le public. Le salon de l’événement s’est aussi inscrit dans cette dynamique, avec la présence de plusieurs acteurs engagés pour les écosystèmes, à l’image des Cols Verts. Il s’agit d’une association nationale qui développe des projets d’agriculture urbaine dans les quartiers prioritaires.

Deux modalités d’action existent. D’abord, la création de programmes nationaux de formation et d’accompagnement. Puis, la structuration de collectifs de fermes urbaines à destination des personnes en situation de précarité. Entre ateliers et mise en place de fermes autour de la biodiversité, l’alimentation ou le jardinage, les activités proposées sont variées. Ces actions s’adressent à différents publics, comme les écoles, les entreprises ou les collectivités.

La structure est présente dans quatre villes : Rennes, Strasbourg, La Ciotat ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Anna Roiné, la directrice Île-de-France se réjouit de la présence de l’organisme lors de ce grand rendez-vous sportif. « Les traileurs sont au contact de la nature, ils ont déjà cette sensibilité », détaille l’intéressée.

« Ils pratiquent un sport dans un certain cadre, et pas dans une salle. Nous avons échangé avec des personnes qui ont différents niveaux de sensibilisation et de prise de conscience. Nous sommes présents pour informer le grand public de toutes ces petites choses dont nous ne savons pas forcément tout ». Une belle visibilité pour l’organisme, dont les membres ont pu rencontrer un public avec lequel ils ne sont pas souvent en contact. La directrice s’est dite ravie de pouvoir toucher un plus grand panel de personnes.

| Des animations pour les traileurs et le public

Sur le salon, plusieurs animations étaient proposées autour du thème de la pollinisation. La première consistait en un atelier de construction de refuges à abeilles solitaires. « Nous avons tendance à identifier les abeilles comme des insectes domestiques, vivant dans des ruches. Or, il existe plus de 1000 espèces. Les plus solitaires qui ne se regroupent pas en essaim disparaissent beaucoup plus rapidement que les autres », met en lumière Anna Roiné. La raison : elles disposent de moins d’endroits pour se nourrir et subissent la concurrence des abeilles domestiques. Mettre en place ce genre de refuge permet de leur offrir un gîte, et donc de leur venir en aide.

Le deuxième atelier invitait les coureurs à relier les fleurs à leur fruit ou à leur légume. Un jeu de connaissance pour aborder l’importance des fleurs. Le troisième, un exercice de création de bombe à graines. Un mélange de terreau, d’argile et de compost dans lequel sont placées des graines de fleurs. « C’est une manière de pouvoir planter des graines dans des milieux très minéralisés et urbains, au creux d’un mur ou au pied des arbres par exemple. Ces plantes vont servir d’alimentation pour les abeilles », souligne la spécialiste.

| La nécessité de la nature dans nos villes

Dans les villes très bétonnées, la raréfaction des milieux naturels entraîne un déclin de la biodiversité. Les conséquences dépassent la disparition des insectes. L’impact est direct sur le bien-être des citadins. « C’est néfaste pour la santé de ne pas être au contact de la nature, et cela impacte aussi notre capacité à vivre dans des villes, qui sont atteintes par le changement climatique », argumente la directrice. Moins il y a d’espaces verts, plus la température augmente et plus la ville devient difficile à vivre.

L’association milite pour la création de poches de végétation, en cultivant ces endroits pour faire revenir la fraîcheur, la faune et la flore. La sensibilisation des citoyens est essentielle, et prolonger cette campagne le temps de l’Ecotrail faisait sens.

« Les citadins sont déconnectés du monde sauvage, il faut leur réapprendre le cycle des saisons, l’observation des plantes et des animaux. Les fermes urbaines permettent de recréer des trames vertes qui vont permettre à la biodiversité de se développer durablement ».

Anna Roiné

À travers ce genre d’initiatives, l’Ecotrail de Paris prouve que trail et écologie peuvent, et doivent, avancer ensemble. Courir en pleine nature implique de la comprendre et de la préserver, un message porté par les différents acteurs présents lors du salon de l’événement.

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Emma BERT
Journaliste

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