Dans la foulée de la communauté Kiprun Pacer : ce que révèle une étude sur 224 000 coureurs
Le running ne se raconte plus seulement sur la ligne d’arrivée. Avec toutes les technologies à la disposition des coureurs, il se lit désormais dans les données. Parmi elles, Kiprun Pacer, l’application de coaching lancée par Kiprun (Decathlon). Téléchargée plus d’un million de fois, l’appli cartonne au sein de la communauté running. Et pour cause, elle propose gratuitement des plans d’entraînement pour aider les coureurs à préparer leurs prochaines courses. Le résultat ? 80% des utilisateurs battent leur record personnel. Kiprun Pacer, ça marche plutôt bien… Et avec plus de 224 000 coureurs actifs, la plateforme dispose d’une immense base de données sur la pratique de ses utilisateurs. Route, trail, distance préférée, allure moyenne… Marathons.com vous dévoile les tendances et les chiffres-clés de l’étude Kiprun Pacer.
| Une communauté jeune, en pleine explosion
Premier constat : la croissance est spectaculaire. C’est un secret pour personne, le running est en plein boom depuis la fin de la pandémie et du confinement. Chaque weekend, les parcs sont remplis de coureurs et les organisateurs de course sont dépassés par les milliers de demandes de dossards qu’ils reçoivent chaque semaine.
Ce phénomène illustre également la montée en force de Kiprun Pacer. Les coureurs souhaitent un accompagnement de plus en plus personnalisé pour progresser et atteindre leurs objectifs. Ainsi, la communauté Kiprun Pacer a doublé en un an pour atteindre 224 000 runners actifs. C’est énorme.
Parmi eux, plus de la moitié ont moins de 35 ans. Le running continue donc d’attirer une génération jeune, connectée et structurée dans sa pratique. Les 25-34 ans constituent la plus large population (40% des pratiquants).
Autre fait démographique intéressant, les femmes s’essaient de plus en plus à la course ! La répartition femmes/hommes progresse et c’est une très bonne chose. Sur l’application, 43,5 % sont des femmes (contre 42,9 % en 2024). Cette donnée confirme la féminisation des pelotons, lentement mais sûrement.

| 37 millions de kilomètres : les runners courent de plus en plus loin
Entre 2024 et 2025, les utilisateurs Kiprun Pacer ont parcouru 37 000 000 km. Le chiffre donne tout le tournis. C’est l’équivalent de plus de 900 fois le tour de la Terre.
En moyenne :
✓ 519 km par an pour les coureurs réguliers
✓ 10 km par semaine
✓ une hausse de 20 km par rapport à 2024
Chez les runners réguliers (au moins une sortie toutes les deux semaines) :
Femmes
✓ 9,2 km par sortie
✓ Allure moyenne : 6’32/km
✓ Durée moyenne des runs : 1h00’08
✓ 449 km par an
Hommes
✓ 10,98 km par sortie
✓ Allure moyenne : 5’47/km
✓ Durée moyenne des runs : 1h03’28
✓ 573 km par an
Des chiffres très cohérents avec la réalité du terrain : on est sur des profils investis dans leur pratique du running mais pas élitistes. Ceux qui joggent le weekend mais qui ont aussi une vie sociale et professionnelle très active. Le cœur du running moderne.

| Une pratique différente selon l’âge
L’étude met également en lumière une donnée intéressante : la vitesse moyenne diminue avec l’âge… mais la distance augmente.
Entre 18-24 ans et 45-54 ans :
➜ L’allure passe d’environ 5’56/km à 6’11/km
➜ La distance annuelle grimpe de 451 km à 578 km
Pour résumer, les jeunes vont vite et les plus expérimentés vont loin. Et c’est loin d’être une surprise quand on pense aux disciplines de l’athlétisme et de la course sur route en général. Avec l’âge, on allonge les distances et le running devient un sport d’endurance dans tous les sens du terme. On a tous autour de nous au moins un ami trentenaire s’entraînant actuellement pour un marathon…
| La route est majoritaire, mais le trail séduit
En 2025, la course sur route est toujours la pratique la plus plébiscitée. Mais l’appli note une progression du trail :
✓ 78 % des plans sont orientés route
✓ 22 % trail
Le trail avance (19 % en 2024). La montée est progressive mais réelle. Le phénomène est générationnel :
✓ Les 18-24 ans restent très route (85 %)
✓ Chez les 35-55 ans, la part trail grimpe jusqu’à 28 %
Plus on avance en âge, plus on s’éloigne de la ville et des décors urbains. On cherche des nouveaux types de défi où la connexion avec la nature prime sur le chrono. L’essor phénomènal de l’UTMB en est la parfaite illustration. La course de Chamonix est devenue en quelques années l’événement trail le plus médiatisé au monde.
Forcément, la géographie joue aussi : France, Portugal et Italie concentrent davantage de plans trail. Les plus beaux trails du monde ont lieu dans ces pays et c’est évident que le terrain et la surface influencent directement la pratique des coureurs.

| 10 km et semi : les distances préférées
Côté objectifs, les distances accessibles sont les plus populaires :
➜ 10 km : 42 % des plans
➜ Semi-marathon : 41 %
➜ Marathon : 17 %
Quand on pense aux réseaux sociaux, on est vite tentés de croire que le marathon est la tendance running du moment mais c’est loin d’être le cas. Le 10 km domine largement chez les jeunes. Le semi-marathon est une des distances préférées et le marathon progresse seulemennt avec l’âge.
Chez les femmes, même son de cloche. 49 % privilégient le semi et seulement 15 % le marathon. Le semi reste la distance d’équilibre idéale : accessible, mais challengeante, et surtout sans la nécessité de sacrifier sa vie sociale pour l’entraînement.
| Printemps et été : pic de motivation
Les données saisonnières confirment ce que tout coureur ressent intuitivement : le pic de sorties se situe au printemps et en été. Sans surprise, mars, juillet et août affichent les moyennes les plus élevées (jusqu’à 6,3 sorties/mois en août). La météo influence encore massivement la pratique. Les runners le savent bien, c’est bien plus difficile de trouver la motivation d’aller s’entraîner dehors lorsqu’il fait sombre et que les températures négatives s’installent. L’hiver est donc la période running la plus creuse.
| À quelle heure court-on en Europe ?
Autre point fascinant : les habitudes horaires varient selon les pays :
✓ La France privilégie la pause déjeuner et le matin.
✓ Espagne & Portugal : plus d’activités en soirée.
✓ Allemagne & Belgique : l’afterwork domine.
✓ Royaume-Uni & Pays-Bas : forte régularité matinale.
Le running épouse les rythmes culturels de chaque pays.
| Les temps moyens des utilisateurs de Kiprun Pacer
Voici les temps moyens des utilisateurs Kiprun Pacer enregistrés lors de courses officielles.
Chez les femmes :
➜ 10 km : 1h03’07
➜ semi-marathon : 2h09’46
➜ marathon : 4h27’31
Chez les hommes :
➜ 10 km : 51’13
➜ semi-marathon : 1h50’49
➜ marathon : 3h58’34
Même si la majorité court pour le plaisir ou la progression personnelle, la performance reste un moteur. Dans son étude, Kiprun met aussi en avant les meilleurs chronos réalisés par ses utilisateurs les plus rapides, le “Hall of Fame” 2025 :
➜ Marathon hommes : 2h28’05 à Valence
➜ Marathon femmes : 2h38’21 à Boston (cette performance est particulièrement impressionnante)
➜ 10 km hommes : 31’38
➜ Semi hommes : 1h05’00
Ces chiffres démontrent bien que l’application peut aussi délivrer des plans d’entraînement capable d’accompagner des athlètes de très bon niveau.
| Ce que révèle vraiment l’étude
Au-delà des chiffres, trois tendances majeures émergent :
Le running se structure
Les coureurs utilisent des plans, analysent leurs données, adaptent leurs entraînements. À l’image des pros, ils cherchent à tout mettre en place pour optimiser leur performance et améliorer leur record personnel. On est désormais loin du footing improvisé.
L’expérience prime
Avec l’âge, le volume augmente. La progression devient durable et la passion pour la longue distance grandit.
Le marathon reste un sommet
La distance reine représente seulement 17 % des plans. Cela reste une épreuve extrême et très exigeante physiquement, mais également socialement à travers une préparation longue et dense. Mais cette course reste toujours un objectif symbolique pour de nombreux coureurs.
| La méthodologie de l’étude Kiprun Pacer
L’étude repose sur les données de séances planifiées et réalisées entre septembre 2024 et août 2025.
Il s’agit exclusivement d’utilisateurs de l’application. Donc des coureurs déjà engagés dans une démarche structurée dans leur pratique de la course. On ne parle pas ici du joggeur occasionnel. Mais du coureur motivé.
Il est également important de noter que parmi les utilisateurs de l’application, on retrouve essentiellement des Français (80%), des Belges, des Espagnols et des Britanniques. Le running dépasse les frontières et l’influence de la plateforme est concentrée sur l’Europe.
37 millions de kilomètres. 224 000 coureurs. Une pratique plus jeune, plus féminisée, plus internationale. Le running continue d’évoluer. Plus structuré, plus connecté que jamais. Aujourd’hui, chaque séance est analysée, chaque donnée décortiquée, chaque plan optimisé. La chasse au record personnel fait désormais partie du jeu. Mais au fond, rien n’a vraiment changé. On court toujours pour la même raison : progresser, se dépasser… et ressentir cette liberté unique que seule une paire de running peut offrir. Tant que le plaisir reste au cœur de la pratique, le running a de belles années devant lui.
✓ Retrouvez toutes les informations de l’enquête sur le site de Kiprun Pacer.

Clément LABORIEUX
Journaliste