Découvrez La Carrera de Los Muertos à Chicago : un 5 km à travers Pilsen, entre culture mexicaine, traditions du Día de los Muertos et esprit de communauté. © La Carrera De Los Muertos / Manuel Velasco

La Carrera de Los Muertos : Courir à Chicago au rythme de la culture mexicaine

Communauté
05/04/2026 18:22

Chaque année, début novembre à Chicago, La Carrera de Los Muertos réunit plusieurs milliers de coureurs dans une ambiance festive qui met à l’honneur la culture, la communauté et les traditions mexicaines. Créée en 2007 par Carlos Aramillo, la course est passée d’un modeste 5 km à un événement qui attire aujourd’hui plus de 7 000 participants. Le parcours traverse les rues vibrantes de Pilsen, quartier historique de la communauté mexicano-américaine, offrant aux coureurs une immersion totale dans les sons, les couleurs et l’esprit du Día de los Muertos. Bien que sa distance reste fixée à 5 km, l’épreuve continue de séduire un large public chaque année, preuve que son succès repose moins sur le kilométrage que sur l’expérience culturelle et joyeuse qu’elle propose. Plus qu’une simple course, la Carrera de los Muertos est un hommage vivant au patrimoine, une célébration de la vie et un moment unique qui relie des coureurs de tous horizons au cœur de la communauté mexicano-américaine de Chicago.

Pour l’édition 2025 de La Carrera de Los Muertos, prévue le 1er novembre comme chaque année depuis sa création, nous avons eu le privilège de plonger dans les coulisses de son organisation.


Dans les coulisses de cette course à l’esprit communautaire : entretien avec Carlos Aramillo, fondateur de La Carrera de Los Muertos.


| Pourriez-vous vous présenter ainsi que votre événement, La Carrera de Los Muertos ?

Carlos Aramillo : Je suis né ici, à Chicago. En 2007, j’ai eu l’idée de créer une course de 5 km. Je viens d’une famille très sportive, où le sport a toujours occupé une place importante dans ma vie. Le football a toujours été notre sport favori, mais en grandissant, on jouait un peu à tout. Grâce à une petite bourse, j’ai eu la chance de pratiquer le football à l’université. Le problème, c’est qu’on ne peut jouer que quatre ans dans une équipe, et moi j’étais inscrit pour cinq années d’études. Après mes quatre saisons, l’entraîneur d’athlétisme m’a proposé d’intégrer l’équipe de cross-country. Il était un peu en retard dans sa confection de l’équipe. Je lui ai répondu : « Non merci, je n’ai jamais couru de ma vie. » La pensée de courir sans ballon sonne comme une punition.

Il m’a dit : « Tu n’auras plus ta bourse de soccer. Pourquoi ne pas essayer ? Je pourrais peut-être te permettre d’en avoir une. » C’est tout ce que j’avais besoin d’entendre. J’ai dit, « D’accord, allons-y ! » Je me souviens d’avoir couru un test de six miles en short de foot, sans équipement adapté. Mais, j’ai adoré. J’ai fini par rejoindre l’équipe. On courait plus de 70 miles par semaine, j’ai perdu 20 livres, et surtout, je suis devenu accro à la course.

En 2006, un an après avoir été diplômé, j’ai participé au Marathon de Chicago. J’ai adoré traverser la 18e rue, au cœur du quartier de Pilsen. Tous ceux qui ont couru ce marathon vous le diront : les passages les plus marquants, ce sont Boys Town, Downtown, Chinatown, et surtout Pilsen, un ancien quartier d’immigrés d’Europe de l’Est qui est devenu mexicain dans les années 1950-60. J’ai juste adoré l’énergie de courir avec de la musique house, des chansons en espagnol, des mariachis, les drapeaux mexicains qui s’agitent, comme une immense fête. Cette ambiance m’a profondément marqué.

Un an plus tard, en 2007, je travaillais dans une association. On cherchait toujours des idées pour récolter des fonds pour les clubs sportifs étudiants. Les gens proposaient des idées habituelles comme vendre des chocolats ou organiser des lavages de voitures. Et moi, comme je m’étais mis à la course et que je venais de courir le Marathon de Chicago, j’ai lancé : « Et si on organisait une course de 5 km ? » Tout le monde a dit : « Quoi ? ». Ils ont pensé que j’étais fou. Je pensais : « Ça ne doit pas être si compliqué », sans avoir la moindre idée des enjeux logistiques, politiques et du travail de l’ombre que cela représente. J’avais 25 ans, j’étais jeune et un peu insouciant. Et j’ai dit : « On va le faire. Et ce sera lié à notre culture, à notre communauté, à l’esprit latino. »

J’ai trouvé génial d’associer la course au Día de los Muertos, qui, à l’époque, n’était pas encore un grand événement à Chicago ni même aux États-Unis. Pour être honnête, même dans ma famille, on ne le célébrait pas vraiment. Mais comme j’avais étudié l’histoire, j’adorais en apprendre davantage sur cette tradition. Je savais que j’avais toujours voulu aller au Mexique pour vivre le Día de los Muertos et le voir de mes propres yeux. Je voulais que notre course s’inspire de ça.

J’ai couru beaucoup de courses. À chaque fois que tu veux courir le long du lac ou dans le quartier, tu cours pour une bonne cause comme le cancer du sein ou la leucémie. Ils te donnent une banane, une bouteille d’eau, un t-shirt, et puis tu rentres chez toi et c’est tout. Je voulais créer quelque chose de mémorable, un événement dont les gens parleraient, auquel ils voudraient revenir chaque année. Chaque détail comptait : le design du logo, des t-shirts, le parcours, l’expérience après la course, les récompenses… Dans les autres courses, on distribuait juste des médailles. C’est là que m’est venu l’idée d’innover en offrant des calaveras, des crânes décoratifs, aux vainqueurs de chaque catégorie. Rien que ça, ça a marqué les esprits : les gens se disaient « Wow. »

Après la course, on a fait vendre du pozole, des tacos et des flautas par les parents. Certains disaient : « Vous courez pour être en bonne santé et vous offrez des tacos après la course ? » On répondait : « Oui, parce que c’est pour une bonne cause, et surtout parce que c’est une célébration de la vie. » Pilsen est vraiment un quartier particulier à Chicago, et ça a largement contribué à l’expérience. Tous ces petits détails ont, je pense, donné naissance à quelque chose de vraiment unique pour les participants.

Mais cette première édition a été très compliquée. Je ne connaissais absolument rien à l’organisation d’une course et à toute la logistique que ça implique. On a eu environ 300 coureurs, principalement des parents et des élèves de nos écoles. Imaginez 300 personnes dispersées sur un parcours de 5 km… ça paraissait presque vide. Ça faisait beaucoup de pression. Mon patron m’avait demandé : « Tu penses pouvoir attirer combien de coureurs ? » Et moi, jeune et naïf, j’avais répondu : « 3 000 ! » On en avait dix fois moins. Je ne savais même pas comment gérer les commandes de t-shirts. Trois semaines avant la course, l’imprimeur me disait : « Vous comptez commander des t-shirts ? On a besoin du nombre définitif. » À ce moment-là, seulement 50 personnes étaient inscrites. J’ai suivi mon instinct et j’ai commandé 3 000 t-shirts. On a perdu beaucoup d’argent, et je pensais que c’était la fin, que j’allais me faire virer. Mais au fond de moi, je savais qu’on tenait quelque chose de spécial. Et heureusement, les gens présents l’ont ressenti aussi. C’est comme ça que tout a vraiment commencé.

Courir sans se concentrer principalement sur la performance, la course de 5 km de La Carrera de Los Muertos le permet, car son objectif principal est de faire sourire les coureurs grâce à une expérience immersive dans la culture mexicaine lors de la célébration traditionnelle du Día de los Muertos.

| En 2024, vous avez rassemblé environ 7 000 participants. C’est une évolution incroyable. Comment l’expliquez-vous ?

Carlos Aramillo : C’est beaucoup de sang, de sueur et de larmes. Cela implique beaucoup d’échecs et d’apprentissage. Il faut avoir la curiosité de vouloir s’améliorer et la créativité de penser différemment. Tout cela est lié. Je dis souvent que cette première année a été sans doute la période la plus stressante de ma vie, car je me suis engagé à organiser quelque chose pour lequel je n’avais absolument aucune compétence ni connaissance. Il y a donc eu beaucoup d’essais et d’erreurs. Nous avons perdu beaucoup d’argent, environ 65 000 $. Je savais que nous avions quelque chose de spécial, et il me fallait juste l’opportunité de le montrer, car ayant participé à tant de courses à Chicago, je savais que nous pouvions offrir quelque chose de différent, qui donnerait envie aux gens de revenir chaque année. Et ainsi, les revenus sont passés de 300 000 $ à 800 000 $, puis 1 200 000 $, 1 500 000 $, 2 000 000 $, 3 000 000 $. Chaque année, petit à petit, nous nous améliorons. J’ai toujours eu cette curiosité d’apprendre et de m’améliorer.

J’ai rencontré les organisateurs du Marathon de Chicago en 2009 ou 2010. Ils ont été d’une aide précieuse. Je leur ai dit : « Je veux faire du bénévolat pour le marathon. Dites-moi comment je peux aider. » J’ai commencé à les assister et je suis devenu l’un des capitaines des postes de ravitaillement le long du parcours. À ce jour, je gère encore le poste de Pilsen, sur la 18e rue, qui est devenu l’un des plus populaires. Imaginez… Je l’avais couru en 2006 et j’avais adoré l’expérience de traverser la 18e rue. Maintenant, je gère cette zone.

Comme dans beaucoup de choses dans la vie, on veut continuer à tisser des relations avec le plus de personnes possible : on ne sait jamais comment on peut aider quelqu’un, et comment quelqu’un peut nous aider en retour. Cela m’a également permis d’en apprendre davantage sur les métiers et le secteur en rencontrant différentes personnes expertes dans leur domaine. On devient plus informé : « Voilà ce qu’on fait de travers ici. Changeons ça. Faisons plutôt ceci. »

Côté créativité, cela a été un vrai atout. Aucune autre course ne proposait des t-shirts, des récompenses et une after-party aussi sympas que nous. Pour les dossards, j’ai eu l’idée il y a quelques années : autant s’amuser un peu. Selon que vous êtes homme ou femme, pourquoi ne pas mettre un surnom sur votre dossard ? À l’époque, il n’y avait que le numéro et le nom de la course. Nous avons offert aux participants la possibilité d’ajouter un surnom. Pour les hommes, il commencerait par « L », pour les femmes par « La ». Par exemple, si le surnom était « Air Jordan », cela donnait « L Air Jordan » au lieu de « La ». Tout cela faisait partie de notre volonté d’inclure tout le monde.

Découvrez La Carrera de Los Muertos à Chicago : un 5 km à travers Pilsen, entre culture mexicaine, traditions du Día de los Muertos et esprit de communauté.
© La Carrera De Los Muertos / Manuel Velasco

Une année, nous avons eu des voitures personnalisées lors de l’événement. Pour moi, cela s’inscrit parfaitement dans la célébration de la culture. Pendant le Día de los Muertos, on rend hommage en créant une offrande, un autel composé de photos et d’objets représentant la personne que l’on honore. Nous avons créé une offrande numérique, où les participants peuvent soumettre des photos de leurs proches, qu’il s’agisse d’un oncle ou d’une tante décédé(e). Chaque année, nous affichons cette offrande numérique en ligne et sur la scène le jour de la course, permettant à chacun de voir les photos des êtres chers honorés par les coureurs, ce qui est vraiment émouvant. Cette année, nous avons également conçu une médaille en forme de cadre photo, où les participants peuvent placer la photo d’un être cher pour lequel ils courent. Cela leur permet de la porter comme médaille après la course, mais aussi de l’ajouter ensuite à leur offrande, comme un rappel permanent.

Les courses de 5 km représentent une porte d’entrée vers la course à pied pour beaucoup de participants, car, une fois que l’on a couru un 5 km, on a le plus souvent envie de continuer. On veut courir davantage, sur des distances plus longues : 8 km, semi-marathon, marathon complet… En ayant cela à l’esprit, on se demande : « Comment continuer à rendre la course et l’expérience fraîches et uniques ? » Si les coureurs passent à des distances plus longues, c’est super, mais qu’ils fassent au moins un 5 km chaque année, et que ce soit notre course.

La Carrera de Los Muertos est une course originale, où ce ne sont pas seulement de simples médailles qui sont remises à l’arrivée, mais aussi des objets faisant référence à l’histoire mexicaine, comme des crânes.

| Avoir quelque chose d’unique et de spécial, vous voyez ça comme une force ou une faiblesse ? C’est un événement formidable qui attire beaucoup de monde. Après l’avoir couru plusieurs fois, certains participants ont peut-être envie de tenter autre chose. Quel est votre point de vue là-dessus ?

Carlos Aramillo : C’est un défi constant. Après quelques 5 km, on se dit : « Bon, ça suffit les 5 km, je suis prêt à passer à l’étape suivante, 8 km ou 10 km. » Pour être honnête, c’est une vraie source de motivation. J’avais 25 ans quand j’ai lancé la course, j’ai 43 ans maintenant, et beaucoup de choses ont changé depuis. Chaque année, de nouvelles courses apparaissent, pas seulement à Chicago mais partout, ce qui crée une forte concurrence. Cela nous pousse à être créatifs, à proposer quelque chose d’original, et à éviter d’être dépassé. Si l’on propose toujours la même chose, les participants finissent par se lasser. Je pense que modifier quelques détails ici et là permet de continuer à rendre la course spéciale pour tous.

Beaucoup de courses à Chicago se déroulent le long du lac ou dans des parcs, car fermer des rues en ville coûte très cher. Nous devons investir davantage pour bloquer les rues, mais il est essentiel pour nous d’être à Pilsen, dans un lieu central, de traverser la 18e rue ou la 16e rue, car cela reflète vraiment l’esprit du quartier.

L’histoire de La Carrera de Los Muertos remonte à 2007, lorsque son fondateur, Carlos Aramillo, encore étudiant en recherche de fonds pour son club sportif, a eu l’idée de créer une course de 5 km liée à l’esprit mexicain.

| Combien de rues fermez-vous pour l’événement, et pendant quelles heures restent-elles fermées ?

Carlos Aramillo : Nous avons une fenêtre d’environ deux à deux heures et demie pour fermer les rues. Nous bloquons Ashland, la 16e rue, la 18e rue, ainsi que toutes les rues en G. Cela représente environ huit à dix artères principales du quartier. C’est justement pour ça qu’on a encore plus de respect pour les grandes courses comme le marathon, où ils ferment de larges portions du côté nord et sud de la ville pour gérer une opération aussi massive.

Mais rien ne vaut le fait de courir à travers les quartiers de Chicago plutôt que le long du lac. Ne vous méprenez pas, le front de lac est magnifique, mais il n’y a rien qui capture autant l’esprit d’un quartier que de passer devant les restaurants, les boulangeries, les panaderías, et d’admirer les maisons, appartements, l’architecture et les églises. Cela n’a tout simplement rien de comparable avec le parcours le long du lac.

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© La Carrera De Los Muertos / Manuel Velasco

| Diriez-vous qu’organiser une course aujourd’hui aux États-Unis, et plus particulièrement à Chicago, est facile ?

Carlos Aramillo : Pas du tout. Je dis toujours aux gens que tous mes cheveux blancs viennent de la course, et un peu de ma femme, mais surtout de la course, car c’est très stressant. Les gens ont ce mythe selon lequel toutes les courses rapportent de l’argent, que si vous organisez une course de 5 km, vous pouvez lever des milliers et des milliers de dollars, mais ce n’est pas le cas. Il faut beaucoup de travail et d’efforts non seulement pour organiser une course, mais aussi pour la rendre réussie et rentable.

Organiser une course, c’est une chose, mais il faut aussi la promouvoir. Bien sûr, nous ne vivons plus à la même époque qu’en 2007, quand j’ai créé la course, à une période où Facebook, Instagram et tout le reste n’existaient pas. À l’époque, nous nous appuyons sur les journaux et la radio. Aujourd’hui, on peut quasiment faire de la publicité gratuitement, mais ce que vous promouvez a de l’importance. Il faut être très stratégique sur la manière de promouvoir vos événements, votre thème, votre angle, et surtout connaître votre public. Il faut vraiment savoir qui vous ciblez.

Obtenir des sponsors les premières années est difficile. C’est compliqué de convaincre quelqu’un pour quelque chose qu’il ne connaît pas et dont vous n’avez aucune représentation visuelle. Cela est devenu beaucoup plus facile maintenant, car notre marque et notre expérience parlent d’elles-mêmes, mais ce n’était pas le cas il y a 15 ou 18 ans, quand nous avons commencé. C’est beaucoup de travail, il faut vraiment être motivé par les bonnes raisons, être authentique avec les gens, car ils vous le feront savoir si vous proposez quelque chose de superficiel. C’est stressant, mais c’est un véritable travail d’amour. Voir la course passer de 300 participants en 2007 à ce qu’elle est devenue aujourd’hui, c’est tout simplement incroyable.

| Maintenant que vous avez 7 000 participants, avez-vous atteint votre limite ou y a-t-il encore de la place pour grandir ? Continuez-vous à mener des campagnes marketing ? Faites-vous la promotion en ligne, et si oui, comment ?

Carlos Aramillo : Nous approchons de la limite de capacité de notre site. Nous sommes très fiers d’organiser notre événement au lycée Benito Juarez ici à Pilsen. Nous utilisons leur terrain de football, leur terrain de softball et l’espace adjacent pour accueillir tout le monde. L’ambiance y est conviviale et chaleureuse, sans impression de vide. Dans les vidéos, on voit une mer de rose ou de vert, selon la couleur du t-shirt de l’année. Pour atteindre le nombre de participants de 9 000 ou 10 000, il faudrait soit étendre l’espace actuel, soit trouver un autre lieu dans le quartier, ce qui, à mon avis, n’est pas impossible.

L’an dernier, les inscriptions ont été closes à 7 000 participants, car il faut commander tout le matériel à l’avance, il y a donc des limites. Nous aurions facilement pu atteindre 7 500 coureurs si nous avions anticipé davantage les commandes. Avec l’espace dont nous disposons actuellement, nous approchons de notre capacité maximale. Mais cela ne veut pas dire que nous ne réfléchissons pas à différentes manières d’agrandir notre site actuel ou à d’autres options dans le quartier. La course Carrera de los Muertos aura toujours lieu à Pilsen, c’est certain. Nous explorons les autres espaces du quartier que nous pourrions utiliser pour nous développer.

Concernant le marketing, je pense que nous sommes très chanceux. Nous nous amusons beaucoup avec les réseaux sociaux, que nous avons commencé à utiliser après avoir arrêté d’investir un budget à la radio. La croissance de Facebook nous a vraiment aidé les premières années. Nous avons beaucoup utilisé notre page Facebook pour nous amuser avec nos publications, photos, vidéos, concours, et plus encore.

Ces dernières années, nous utilisons davantage Instagram. Nous avons développé une forte notoriété auprès de notre public, qui parle de notre événement à leur famille et à leurs amis. Nous avons obtenu beaucoup de couverture médiatique spontanée, car les gens nous identifient dans leurs TikToks, Snapchats et autres publications sur les réseaux sociaux. Cela a été extrêmement positif pour nous, car les gens programment déjà l’événement sur leur calendrier pour l’année suivante. Ils disent : « Je vais le faire avec mes cousins, mes amis et ma famille. »

Ces dernières années, nous ne dépensons pas beaucoup d’argent pour le marketing de l’événement. Beaucoup de courses utilisent la publicité payante et des annonces constantes sur les réseaux sociaux des gens. Nous ne faisons pas vraiment ça. Cela ne veut pas dire que nous ne le ferons pas à l’avenir, mais nous avons vraiment été organiques, en promouvant continuellement notre événement au fil des années. Soyons honnêtes, un événement comme le nôtre, qui existe depuis 18 ans, a construit, et je ne le tiens pas pour acquis, un public solide et une audience bien établie au fil des années.

Ces dernières années, la course rassemble désormais environ 63 % de participantes, les tranches d’âge les plus représentées étant celles des 28 à 35 ans. Cependant, de nombreux coureurs ont moins de 28 ans ou plus de 35 ans. C’est génial de voir plus de jeunes courir. C’est beaucoup grâce à la promotion naturelle que nous faisons. Nous nous amusons beaucoup avec ça. Je ne veux pas non plus publier du contenu juste pour publier, ou faire de la publicité payante juste pour faire de la pub, donc nous avons également eu de la chance à cet égard.

« Pour être honnête, c’est une motivation. J’ai vieilli. J’avais 25 ans quand j’ai lancé la course. J’ai maintenant 43 ans, et beaucoup de choses ont changé au fil de ces années. De nouvelles courses apparaissent chaque année, donc la concurrence est forte. Cela me pousse à toujours penser de manière originale, pour que ce que nous proposons reste innovant et jamais dépassé. »

Carlos Aramillo, Fondateur de la course

Le nombre de participants est passé de 300 à 7 000 au fil des années. Si cet événement continue d’évoluer, jusqu’où peut-il aller ?

| Votre événement est une célébration vibrante de la communauté mexicaine. Bien que la plupart des participants viennent probablement de cette communauté, voyez-vous également des coureurs d’autres horizons, des Colombiens, des résidents du centre-ville ou de quartiers plus aisés ? Essayez-vous activement de les attirer à Pilsen pour profiter de l’événement et peut-être s’immerger dans la langue et la culture espagnoles ?

Carlos Aramillo : Oui, nous avons des participants issus de toutes sortes d’origines ethniques qui viennent courir la course. Beaucoup sont Latino, surtout Mexicains et Mexicains-Américains, mais le Día de los Muertos à Chicago et à travers les États-Unis est devenu au fil du temps une fête plus grand public. Ce n’est pas du tout au niveau du Cinco de Mayo, qui est devenu quelque chose comme un autre Saint-Patrick ici aux États-Unis, et qui est vraiment populaire. Mais en 2016, le film de Disney Coco a vraiment suscité un plus grand intérêt pour cette fête, touchant aussi d’autres publics et ethnies. Depuis, nous avons eu des participants blancs, Afro-Américains, ainsi que des Latinos venant de Colombie, de Porto Rico et du Venezuela.

D’autres Latinos sont venus nous dire : « Hey, nous ne célébrons pas le Día de los Muertos au Venezuela ou en Colombie, mais c’est vraiment cool que vous le fassiez. Nous avons créé nos propres ofrendas chez nous. Maintenant, nous nous impliquons dans le Día de los Muertos. » Des participants blancs nous ont dit la même chose. J’adore ça, parce que notre événement n’est pas une « course mexicaine », c’est fondamentalement une célébration de la vie. Si des gens apprécient d’autres cultures, comme la culture mexicaine et la façon dont nous honorons nos défunts, pourquoi ne pas les inviter à y participer, peu importe leurs origines ?

Aujourd’hui, nous en sommes au point où nous attirons des participants de plus de 30 États différents, à la fois voisins et à travers le pays. Ces coureurs ne sont pas seulement Mexicains ou Latinos, ils viennent de divers horizons. J’adore ça, car plus de gens découvrent le Día de los Muertos et la Carrera de los Muertos, plus tout le monde y gagne. Ils découvrent quelque chose dont ils n’avaient pas l’habitude ou qu’ils ne connaissaient pas, et j’adore ça.

En grandissant à Chicago en tant que Latino, je me souviens m’être demandé : « Qu’est-ce que la Saint-Patrick ? » Très tôt, on se rend compte qu’on n’a pas besoin d’être Irlandais pour la célébrer. C’est pareil pour le 4 juillet, : je plaisante toujours en disant que les Latinos achètent probablement plus de feux d’artifice que tout le monde pour fêter ça, ce qui est à la fois amusant et impressionnant à voir. Il en va de même pour notre événement : qu’on soit Mexicain ou non, c’est merveilleux de voir des gens venir de partout pour vivre cette tradition.

| La plupart des participants sont des femmes, c’est impressionnant. Dans cette course de 5 km, quel pourcentage de personnes court réellement par rapport à celles qui marchent ?

Carlos Aramillo : Il a été très intéressant pour nous de constater que, au cours des deux ou trois dernières années, nous avons vu beaucoup plus de marcheurs que les années précédentes, ce qui, à mon avis, dit plusieurs choses. Premièrement, cela montre que nous incitons davantage de personnes à adopter un mode de vie plus sain, des gens qui, jusqu’à il y a quelques années, n’avaient jamais couru de course et qui essaient maintenant de vivre plus sainement. Cette course est comme un premier pas pour eux, ce qui correspond exactement à ce que nous essayons d’accomplir.

Vous m’avez beaucoup entendu parler de la célébration de la vie et de notre tradition à travers le Día de los Muertos, mais un autre objectif important est d’encourager notre communauté à adopter un mode de vie sain. Il n’est pas secret que le diabète, l’hypertension et l’obésité sont répandus dans ma communauté et dans d’autres, y compris les communautés afro-américaines. Courir est un moyen pour les gens de modifier leurs habitudes quotidiennes et alimentaires, et de commencer un mode de vie actif. Je peux vous dire combien de fois des gens sont venus me dire : « C’est la première course que j’ai faite. Maintenant, je fais des marathons. Avant de courir la Carrera, je pesais 50 livres de plus qu’aujourd’hui. » Et je leur réponds simplement : « Génial. J’adore ça. »

Nous attirons beaucoup de monde. Nous réalisons évidemment des enquêtes après l’événement, et nous demandons toujours : « Est-ce votre première fois à courir la Carrera ou à courir en général ? » Chaque année, environ 15 à 18 % des participants sont des coureurs débutants, ce qui est un chiffre vraiment élevé. Pour moi, cela montre que nous présentons continuellement l’événement à de nouvelles personnes, qui n’étaient pas familières avec la course auparavant ou qui n’avaient jamais participé à ce type d’activité physique. Je pense aussi que la course est devenue plus décontractée pour certaines personnes. Elles diront : « Écoutez, je ne suis pas un coureur, mais j’adore Pilsen, le quartier et soutenir cette cause. Je veux le faire juste pour honorer ma tante décédée, ou un autre membre de ma famille. » Cela me convient parfaitement. Nous offrons quelque chose d’un peu différent pour chaque personne, peu importe ce pour quoi elle s’inscrit.

| Pensez-vous organiser un jour une course de 10 km ? Certains coureurs, qui ont déjà pris part plusieurs fois à votre 5 km, pourraient être tentés par une distance plus longue ou un défi plus exigeant.

Carlos Aramillo : Oui, c’est certainement quelque chose qui a toujours été mon rêve. Je mentirais si je disais que cela n’arrivera jamais. Pour que cela se réalise, il y a quelques points que nous devrions régler, principalement la logistique. Fermer des rues à Chicago est assez coûteux, et en ce moment nous avons environ deux à deux heures et demie pour fermer ces grandes artères.

Si nous devions ajouter une option 8 km ou 10 km, cette fenêtre devrait pratiquement doubler. Imaginez-moi allant voir la police et les différents services municipaux en leur disant : « Vous avez fermé les rues pour nous de 8 h à 10 h 30, peut-on maintenant le faire de 8 h à 12 h ? » Ce sont des rues principales où les gens doivent rentrer chez eux ou aller au travail, donc cela pose de vrais défis logistiques. Est-ce impossible ? Je ne pense pas que quoi que ce soit soit impossible, il suffit de regarder ce dont le marathon est capable.

Hier, ici, nous avons eu le Chicago 13.1, qui a traversé différentes parties du West Side ; ces rues étaient fermées pendant quatre ou cinq heures, donc ce n’est pas impossible. Certes, ils diront : « Ils ont aussi plus de coureurs que vous ». Mais au fur et à mesure que nous grandissons chaque année, cela renforce notre argument. Nous pouvons dire : « Oui, nous ne sommes plus cette course avec 3 000 coureurs, 7 000 coureurs n’est pas si loin de 10 000. »

Au bout du compte, cela a toujours été l’un de mes rêves. J’ai toujours pensé que soit nous allongeons la distance et proposons une option 10 km ou 8 km, soit nous nous développons et organisons la Carrera de los Muertos dans une autre ville du pays, voire dans le monde, ou peut-être les deux, ou encore proposer une autre course complètement différente. Et encore une fois, je voudrais que ce soit lié à la culture latino. Je ne manque pas d’objectifs et d’idées, tant pour la course que pour l’après. Mais je dirais aux gens de rester à l’affut, car c’est ce qui rend tout cela excitant. Je suis toujours très passionné par ce projet, alors voyons ce que l’avenir nous réserve.

| Si vous aviez l’opportunité de lancer une nouvelle course baptisée La Carrera de Los Muertos, où choisiriez-vous de l’organiser ?

Carlos Aramillo : Oui, j’ai pensé à de nombreuses villes, évidemment au Mexique. Je pense que cela peut tout à fait se faire, et je suis convaincu à 100 % que nous pouvons recréer cet esprit. Mais je veux être sûr à 110 % que cet esprit ne se perde pas. Je ne veux pas proposer une version au rabais de la Carrera de los Muertos ailleurs. Si nous parvenons à trouver un quartier ou une ville où nous pouvons garantir tous ces éléments (le quartier, les récompenses, les t-shirts, l’expérience après la course), alors oui, nous pourrons le faire. Le quartier et le parcours sont extrêmement importants pour nous.

Si nous envisageons une ville dont l’histoire, l’atmosphère et l’ambiance ne se rapprochent pas suffisamment de celles de Pilsen, ou n’offrent pas ce qui, selon moi, rend l’expérience si unique, alors je préférerais chercher ailleurs. Pilsen est un quartier vraiment unique. Il a été classé parmi les 10 quartiers les plus cool par Forbes en 2012, même si ça remonte déjà à quelques années. C’est un lieu singulier, à Chicago comme à l’échelle mondiale. Pour cette raison, je veux être absolument certain que le quartier et le parcours soient vraiment spéciaux. Je ne voudrais surtout pas le faire le long du lac ou dans un parc quelconque, que ce soit dans une autre ville ou un autre pays. Le parcours doit être amusant, pittoresque et doté de ce caractère unique.

Découvrez La Carrera de Los Muertos à Chicago : un 5 km à travers Pilsen, entre culture mexicaine, traditions du Día de los Muertos et esprit de communauté.
© La Carrera De Los Muertos / Manuel Velasco

| Alors, avez-vous une ville en tête, comme Miami ou Mexico ?

Carlos Aramillo : Ce n’est pas simple. J’ai bien quelques villes en tête, mais je veux aussi rester prudent quant à celles que je pourrais suggérer. L’idée de s’exporter à l’international serait géniale, mais tout dépend de la ville : la dimension politique entre forcément en jeu. Chicago, par exemple, a un fonctionnement très particulier, géré de près par les agences municipales et les autorités locales. D’autres courses ont tenté de reproduire leur « expérience » dans une autre ville, mais sans bien connaître le terrain ou les enjeux politiques en coulisses, cela peut vite devenir un vrai défi. Si vous ne comprenez pas cela, ou la communauté où vous voulez organiser l’événement, ça peut virer au cauchemar. Explorer de nouveaux lieux, comme Mexico, serait incroyable. Honnêtement, je pense que tout est possible.

| Après La Carrera de Los Muertos, quelle est la course que vous préférez, celle qui vous inspire par son esprit, ses racines et son public ?

Carlos Aramillo : Je dis toujours aux gens : « Cette course devrait me payer rien que pour toute la publicité que je lui fais ! » Il y a une course à Lemont, dans l’Illinois, une banlieue de Chicago située à une trentaine de minutes à l’ouest de la ville. Chicago est connue pour être incroyablement plate, tout comme ses banlieues et, en réalité, l’ensemble de l’Illinois. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles tant de coureurs viennent ici espérant battre leur record personnel. Mais il existe tout de même quelques zones vallonnées dans l’État. Attention, rien à voir avec Mexico ou d’autres villes du monde aux reliefs extrêmes, mais pour l’Illinois, Lemont est l’une des rares zones vraiment vallonnées. Ce ne sont que des collines qui s’enchaînent. 

En 2006, alors que je courais sans arrêt des compétitions, il y avait une course de 10 miles à Lemont, appelée la Quarryman Race, où je me suis inscrit. Sur tout le parcours, on ne court quasiment jamais sur du plat plus de deux minutes ; le reste n’est que montées et descentes. C’est une course difficile, mais à l’arrivée, on se sent super fier, on se dit : « Mon dieu, c’était plus dur qu’un semi-marathon, plus dur que presque toutes les courses que j’ai faites ». La première année, je l’ai courue, et ensuite je suis resté dans le coin. J’ai terminé troisième de ma catégorie d’âge et j’ai reçu… un morceau de roche de carrière, avec inscrit dessus : « Champion de la catégorie 20 à 24 ans ». Je trouvais ça génial. Je suis rentré chez moi tellement heureux. Depuis, j’essaie de courir cette course chaque année, juste parce que j’adore le défi de ces collines.

Cette course m’a tellement inspiré que j’en suis venu à me dire : si tu crées un événement, il doit se démarquer des milliers d’autres déjà existants. À Chicago comme ailleurs, l’offre est saturée. Qu’est-ce que vous proposez de différent ? Courir à Lemont, sur un parcours vallonné plutôt que plat, rien que des collines à perte de vue, c’est déjà unique en soi, car quasiment aucune autre course en Illinois n’offre cela. Et puis, il y a ces récompenses originales. C’est ainsi que m’est venue l’idée des calaveras, les crânes, pour la Carrera de los Muertos. Je ne voulais pas simplement distribuer des médailles comme tout le monde, je voulais offrir quelque chose de différent. L’inspiration m’est venue de cette course coordonnée : ils ne font pas tout parfaitement, mais le défi et les récompenses étaient tellement sympas que j’ai trouvé l’idée vraiment géniale.

Encore aujourd’hui, je fais la promotion de la Quarryman de Lemont. Désormais, ils proposent aussi un 5 km en plus du 10 miles. Avec l’âge et mes genoux fatigués, j’opte plus souvent pour le 5 km. J’ai même embarqué ma famille : l’un de mes frères court, ma mère aussi depuis quelques années, et cette année, pour la première fois, mon père s’est joint à nous. Nous étions quatre à courir ensemble : mon père, ma mère, mon frère cadet et moi. Et devinez quoi : nous avons tous fini dans le top 3 de nos catégories d’âge. Ce moment en mai restera inoubliable, un des plus beaux souvenirs de ma vie de coureur.

J’ai aussi eu la chance de courir à Paris en 2019. Je pourrais passer des heures à raconter à quel point certaines courses sont formidables, sauf Rock ’n’ Roll Seattle. Mais Paris, c’était magique : courir sur les pavés, longer la Seine, avec la Tour Eiffel au loin, voir le Louvre, et franchir la ligne près de l’Arc de Triomphe… Si je devais en choisir une à refaire chaque année, ce serait celle-là.

J’ai créé notre événement alors que je travaillais au réseau scolaire UNO Charter. Avec le temps, j’ai changé de travail, et aujourd’hui je suis à l’Instituto, tout en continuant d’organiser la course à côté, après le travail, pendant la pause déjeuner, avant le travail, ou le week-end. Cela montre bien que c’est vraiment un projet passion, quelque chose que j’aime faire pendant mon temps libre. Je n’oublie pas tout ce que nous avons réussi à construire et je sais que tout peut changer en un instant. C’est pourquoi chaque fois que quelqu’un vient me dire : « J’ai couru la Garuda, j’adore, c’est l’une de mes courses préférées » ou même simplement : « Je l’ai courue une fois », je ressens une immense gratitude. Avec toutes les courses qui existent, le fait que des gens choisissent la nôtre est, même si ça peut sembler cliché, quelque chose de très spécial pour moi. On développe naturellement un attachement pour ceux qui ont couru la course et portent nos t-shirts. Pas seulement à Chicago, mais partout ailleurs : quand vous voyez quelqu’un porter un t-shirt Garuda au Texas ou ailleurs, vous vous dites : « C’est génial. » Et ça compte vraiment beaucoup.


Depuis sa création, La Carrera de Los Muertos est portée par la même passion et le même engagement qui célèbrent l’esprit de la communauté mexicano-américaine. À sa tête, un organisateur dévoué supervise chaque détail, guidé par une mission claire : offrir une expérience profondément humaine et festive. Derrière chaque coureur qui sillonne les rues de Pilsen résonne l’âme de cette course unique. Ici, les participants ne courent pas pour l’argent ou la gloire, mais pour faire partie de quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes. Aujourd’hui, alors que la course continue de rassembler des milliers de participants venus de tous horizons, elle reste fidèle à ses valeurs fondamentales : la culture, la célébration de la vie et l’esprit communautaire.

Retrouvez toutes les informations de la course ici

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