« Courir pour Toit » : une course solidaire pour aider les sans-abris au Bois de Boulogne
Ce samedi 14 mars, au cœur du Bois de Boulogne, l’événement « Courir pour Toit » a rassemblé plus de 900 marcheurs et coureurs, portés par l’envie de soutenir les personnes sans-abri.
Les mains levées, le bout des doigts l’un contre l’autre : c’est un toit. Celui que choisissent de former un nombre incalculable de finishers au moment de passer la ligne d’arrivée, fiers d’avoir bouclé l’épreuve du 5 km, ou celle du 10 km, un peu plus tard dans la matinée. Radieux malgré l’effort fourni dans cette course sur « route-cross », où la boue s’est invitée à la dernière minute et a complètement transformé le parcours, resté néanmoins praticable. « On a juste décidé de faire deux boucles de cinq. C’était plus simple et plus sécurisant pour le parcours », précise Elsa Pradier, en charge de monter le village et de distribuer les dossards.
Heureusement, l’enjeu principal était ailleurs : dans le plaisir de courir sous un beau soleil de fin d’hiver. Et surtout d’apporter sa graine à l’édifice d’un monde qui vacille. Car il faut bien le préciser : acheter un dossard pour Courir pour Toit, c’est reverser la totalité de son montant à l’association Toit à Moi, qui le réinvestira entièrement pour loger et accompagner des personnes dans le besoin. « Ce qu’on a collecté sur cette course va nous servir concrètement à créer une antenne à Paris et à acheter des logements, afin que les personnes puissent y être accompagnées par des travailleurs sociaux, des bénévoles, etc. », décrit Gabrielle Lambourg, responsable de la collecte et des partenariats de l’association, basée à Nantes.
| Une matinée de course et de sourires
La matinée a été ponctuée de beaux tableaux : un échauffement dynamique, des départs et des arrivées en harmonie, des étirements collectifs et des sourires à n’en plus finir. Ceux d’une vingtaine de lycéens, venus en groupe pour participer à la course, criant et chantant à l’issue du 10 km. Mais aussi ceux des vainqueurs, heureux de cette victoire improvisée au goût singulier.
Emilie Lacerda Gomes s’offre même le luxe de pousser la banderole. Bien qu’elle ne soit pas licenciée en club, elle enchaîne les courses « vraiment solidaires » depuis vingt ans. « Je cours souvent pour des causes féminines. Et là, pour cette course, j’ai une amie qui travaille dans l’associatif et qui m’a confirmé que cette association agit vraiment pour les sans-abris », raconte-elle. Elle en a même profité pour convaincre cinq amis de l’accompagner sur le 5 km : l’occasion de leur prouver que faire du sport, ça fait du bien.
Chez les hommes, Pierre Chollet a apprécié de venir participer à la course grâce à son entreprise. Il a été challengé tout au long du parcours par son concurrent direct, Théo Levy. « Heureusement qu’il était devant moi, il m’ouvrait la route », sourit ce dernier. Évidemment, la cause de la course ne leur était pas inconnue, et le coureur représentant la société Theodo n’a pas hésité à faire le « toit » de Courir pour Toit en franchissant la ligne.
Tout le monde a vibré durant cette matinée de mars. La centaine de bénévoles, les plus de 900 participants et les organisateurs se sont serré les coudes pour vivre un moment autour d’une cause commune. Pour certaines participantes, l’engagement était évident. « Cette course, c’est un double bénéfice pour nous : on se challenge et on soutient une cause. Et comme on étudie dans le social et la santé, ça a forcément du sens », confient deux amies, Lou-Anne Biard et Margaux Cosic.
| Un succès pour la sixième édition de Courir pour Toit
Cette année, le nombre d’inscrits a triplé : un vrai succès pour l’événement. Quinze entreprises ont rejoint la course, dont des écoles comme l’ISCG Paris. Une façon de pousser les jeunes à faire du sport tout en soutenant une cause à leur manière. Quatre jeunes femmes ont ainsi pris le départ du 5 km ensemble, heureuses de marcher pour une cause importante en partageant un moment. « Au début c’était dur, mais après ça allait. Il y avait du monde pour encourager et finalement, à la fin, on se sent vraiment bien », raconte Nana.
Pour ceux qui ne pouvaient pas être présents, un challenge connecté, organisé du 7 au 31 mars, permettait également de s’investir à distance dans cette cause et d’affronter d’autres équipes en parcourant le maximum de kilomètres.

| Un côté éco-responsable notable
Impossible de passer à côté. À l’arrivée, de nombreux bénévoles rappelaient aux coureurs de déposer leur puce de chronométrage. Rien de bien méchant côté organisation, mais un geste aux vertus écologiques. Cette volonté de réutiliser ces objets en plastique ne date pas d’hier au sein de l’agence événementielle éco-responsable Ethics Event, engagée pour mettre en place cette course. C’est même l’une de ses marques de fabrique.
« Nous sommes les seuls en France à emballer les puces à la main, à les scotcher et à les récupérer à la fin, indique Elsa Pradier, chargée d’événementiel et de digital dans la société. Certaines puces ont déjà servi sur dix courses différentes, alors que d’habitude elles ne servent qu’une seule fois. À la base, ce n’est pas du matériel réutilisable : c’est nous qui cherchons comment le réemployer. »
Courir pour Toit, c’est donner à sa foulée un sens supplémentaire : enfiler ses baskets pour aider des personnes sans-abri à retrouver un toit et à reprendre pied.

Sabine LOEB
Journaliste