3000 coureurs se sont donné rendez-vous au Parc Floral pour participer à la Nuit des Relais organisé par la Fondation des Femmes.

La Nuit des Relais a célébré ses 10 ans au Parc Floral dans un décor de carte postale

10 km
09/04/2026 08:56

Ce mercredi 8 avril, 3000 coureurs et coureuses se sont donné rendez-vous au Parc Floral pour participer à la Nuit des Relais, un événement organisé depuis dix ans par la Fondation des Femmes pour récolter des fonds et soutenir les femmes victimes de violences.


Quelle incroyable nuée colorée ! Pour la première fois, Le Parc Floral a accueilli La Nuit des Relais, une course nocturne lancée il y a dix ans par la Fondation des Femmes. Pas moins de 3000 participants ont répondu présents pour cette grande soirée, qui a permis de récolter 169 458 euros, entièrement reversés aux associations de terrain qui accompagnent les femmes victimes de violence. « 140 projets ont été financés l’année dernière partout en France. Plus d’un million d’euros ont été reversés pour sauver des permanences menacées, recruter des juristes et des psychologues… », indique Laura Slimani, directrice du pôle projet à la Fondation des Femmes, au micro de Cécile Grès, présentatrice de Stade 2, et Anne-Cécile Mailfert, présidente de l’association, toutes deux missionnées pour animer l’événement.

Ce qu’elles ont fait à merveille, car l’ambiance battait son plein près dès l’entrée du parc, et même à la sortie du métro, où des  navettes spécialement mises en place par la RATP attendaient les coureurs. À l’intérieur, une courte formation sur le harcèlement de rue était proposée par une bénévole de la Fondation.

Dès 18h, les premiers arrivants profitaient des animations sur scène, dont un concert, et découvraient la serre où les associations étaient installées. Au top départ, 300 coureurs se sont élancés depuis leurs sas respectifs pour une boucle de 600 m, avant de passer le témoin à un autre membre de leur équipe. Certains partaient en trombe, d’autres préféraient tempérer leur allure, conscients qu’ils devraient repartir après quelques tours de leurs coéquipiers. « C’est toutes les parties prenantes de la société. On a 11 équipes de la mairie de Paris, 200 personnes de la MGEN, et 1 000 particuliers. C’est vraiment un engagement collectif, et c’est ce qui fait la différence », précise Lise Gallard, directrice de l’engagement à la Fondation.

| Un tableau violet qui en met plein les yeux

C’est sous la lumière intense de fin de journée que la course a débuté. Du haut de l’esplanade, la vue sur le relais était parfaite. « On essaye toujours d’avoir des lieux d’exception, ajoute la directrice communication et collecte de la Fondation des Femmes. La course est la finalité, mais les gens ont fait preuve d’un engagement très conséquent en amont. » Chaque équipe devait en effet rassembler au minimum 1 000 euros pour participer. Logique que chacune veuille donc en profiter.

Le glas sonnait et une vache donnait le tempo, suivie d’une femme en maillot de foot, d’une autre entourée d’une bouée, d’un homme portant un doudou, d’une participante avec un parapluie violet aux oreilles chat, et d’une autre en mode Poséidon, les vagues dessinées dans le dos et un trident en main. Tous sillonnaient le parcours entre le lac et le passage derrière la scène. Ceux qui n’étaient pas déguisés portaient leur plus beau t-shirt violet, à l’effigie de la Fondation des Femmes ou de Sine Qua Non, une autre association « piétinant les violences faites aux femmes ».

Chaque coureur tenait un témoin assorti à son costume : téléphone dans la bouée, micro, ballon de foot, drapeau, canard jaune, lapin en doudou, faux bouquet de fleurs… Certains étaient même décorés de guirlandes lumineuses. Alors que la nuit tombait, les lumières installées pour l’occasion enveloppaient doucement le parc, donnant le ton, le violet prenant peu à peu possession de l’espace jusqu’à l’envahir complètement. Pour célébrer la fin de la course, les 3 000 participants se sont élancés pour un ultime tour collectif, au son de « Run the World (Girls) » de Beyoncé.

« C’est toutes les parties prenantes de la société. On a 11 équipes de la mairie de Paris, 200 personnes de la MGEN, et 1 000 particuliers. C’est vraiment un engagement collectif, et c’est ce qui fait la différence. »

Lisa Gallard, directrice de l’engagement à la Fondation des Femmes

| Toutes les générations réunies pour une cause commune

Une petite fille d’environ 5 ans passe et repasse devant les spectateurs, concentrée sur le ballon rouge volant derrière elle dans les airs, mais elle n’est pas la seule enfant à courir à gorge déployée. Une équipe composée uniquement d’enfants, baptisée “L’ordre du Phoenix de Feu”, a récolté 2 400 euros grâce à des ventes de gâteaux et la générosité de leur entourage. « On a gratté aux mamies », rit l’un des garçons, au micro des deux présentatrices.

Les équipes d’adultes étaient tout aussi variées. Une autre équipe, Run’her, composée de quatre coureurs (initialement sept), a « été voir les tantes et les oncles riches de nos potes », s’amuse Alice, la marathonienne du groupe. Pour eux, c’était une évidence de participer à cet événement, certains y ayant déjà pris part l’an dernier. « On s’est rencontrés en travaillant dans le secteur associatif, humanitaire, non lucratif. Donc déjà c’est un peu notre vibe », explique Alice, rejointe par James, à l’initiative du projet : « C’est bien de faire des manifs, de retweeter des trucs, mais c’est cool de faire de la levée de fonds aussi. »

Pour l’équipe Stand Speak Rise Up!, représentant l’association éponyme, la récolte a été plus simple grâce à la réputation de l’association et à la dizaine de personnes réunies par Clémence Lainé, salariée de l’association. « On a juste été recrutés pour soutenir la cause qui nous tient à cœur. On a tous sauté sur l’occasion. Je cours souvent, c’est ma passion. Je trouve ça génial de pouvoir faire ce que j’aime pour soutenir cette émulation collective », raconte Colin Lucas, marathonien dans trois semaines, comme deux autres coéquipiers de l’équipe. « On le fait comme challenge personnel, en mode compète et vitesse, mais surtout pour la cause à défendre ».

D’autres sont moins là pour la performance. Auriane Hochet, présente pour l’association LOBA, qui accompagne des femmes victimes de violences sexuelles à travers des ateliers de danse thérapeutique, envisageait même de marcher avant le départ. Ils ne sont que cinq à courir, dont quelques hommes. L’équipe est mixte, et cette démarche s’inscrit dans la lutte de l’association, qui accompagne les femmes victimes tout en sensibilisant également les hommes.


Sabine LOEB
Journaliste

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