Marathon de la Bière : 8500 coureurs conquis par la quatrième édition à Montbrison
Trois jours de folie dans le Forez. Chevaliers, dragons, bière artisanale et chronos bien réels : le Marathon de la Bière a encore frappé fort ce week-end de la Pentecôte à Montbrison, dans la Loire. Avec 8500 coureurs sur l’ensemble des distances et 50 000 visiteurs au total, la quatrième édition confirme ce que tout le monde commence à murmurer dans le milieu du running hexagonal : il se passe quelque chose d’assez unique lors ce cet événement.
Difficile de résumer en quelques mots ce qu’est vraiment devenu le Marathon de la Bière en seulement quatre éditions. Une course ? Bien sûr. Un événement festif ? Évidemment. Mais surtout un objet running à part entière, qui échappe aux catégories habituelles et assume pleinement cette singularité. En l’espace de quelques années, l’événement s’est imposé comme incontournable dans le Forez, mêlant performance sportive, ambiance festive et valorisation du savoir-faire ligérien. Cette semaine, Montbrison a vibré tout le week-end au rythme de cette quatrième édition.
Guillaume Gauffroy ne fait pas dans la langue de bois pour résumer ce qui se joue ici. « L’objectif du Marathon de la Bière, c’est de passer un super week-end entre copains, en famille ou entre collègues sur trois jours », déclarait le co-organisateur de l’événement. Trois jours. Pas une heure, pas une matinée. Un week-end entier pensé comme une destination, avec le sport comme fil conducteur et la convivialité forézienne comme toile de fond.
| Des chevaliers, des dragons et 8500 coureurs
Le thème choisi pour cette édition « Dragons et Chevaliers envahissent le Forez » ne pouvait pas mieux coller à l’ADN de l’événement. Sur les routes qui relient les neuf communes du parcours marathon (Montbrison, Champdieu, Chalain-d’Uzore, Saint-Paul-d’Uzore, Sainte-Agathe-la-Bouteresse, Saint-Étienne-le-Molard, Montverdun, Mornand-en-Forez et Savigneux), le décor était planté entre fanfares médiévales, villages déguisés, participants en armures et créatures fantastiques, tout contribuait à transformer les 42,195 km en véritable spectacle itinérant.
Le célèbre Challenge de la Chope d’Or, qui récompense la commune la plus festive selon le vote des coureurs, a une nouvelle fois mis les villages en ébullition. Résultat, chaque traversée ressemblait moins à un ravitaillement classique qu’à un carnaval sur route. Les 17 brasseurs présents sur le parcours marathon, les 10 sur le semi et les 5 sur le 10 km ont fait le reste avec bière artisanale, brioche Pralus, glaces et produits du terroir pour transformer chaque prise de ravitaillement en moment de partage. L’organisation a rappelé l’esprit de la chose : « C’est comme un marathon classique, sauf qu’à côté des ravitaillements traditionnels, on retrouve aussi tout ce qui fait le Forez : la bière, la fourme, la brioche… »
Venu de l’Ain pour découvrir le rendez-vous, Thierry résumait d’ailleurs parfaitement ce que beaucoup de premiers venus ressentent : « Je voulais le tester, pour le comparer à d’autres marathons festifs. Et clairement, ici, je choisis les ravitos festifs ». Difficile de lui donner tort.
| Toni Caporale encore, Julie Iturralde au sommet
Tout le monde ne débarquait pas à Montbrison pour siroter de la bière entre deux bornes kilométriques. Sur le marathon, les compteurs ont tourné sérieusement malgré une chaleur bien présente en ce dimanche de Pentecôte. Toni Caporale (Marne et Gondoire Athlétisme) a fait ce qu’il sait faire de mieux sur ce parcours : s’imposer. Deuxième en 2024, vainqueur en 2025 avec le record de l’épreuve en 2h30’40, le Français remet le couvert en 2026 avec un chrono de 2h37’30. Une performance loin de son record personnel, mais suffisante pour devancer le peloton dans des conditions climatiques exigeantes. Nicolas Raybaud complète le podium en 2h38’57 et Adrien Brayet prend la troisième place en 2h39’26.
Chez les femmes, belle performance de Julie Iturralde (Dijon UC) qui s’empare du record du tracé en 3h11’53, effaçant les 3h13’08 de Marion Rousseau établis en 2024. Albane Guillard termine deuxième en 3h13’59, devant Stéphanie Snuggs en 3h18’39. Sur le semi-marathon, Lorys Gallet (S/L Athletic Club Meyzieu) a réalisé la meilleure perf de la journée dans un duel serré avec Tanguy Hertzog, deuxième en 1h13’44, et Dylan Batailler, troisième en 1h15’23. Son chrono de 1h13’22 améliore significativement le record de l’épreuve (1h10’45 établi par Igor Bougnot en 2024). Du côté féminin, Marion Colin a signé un très beau 1h29’25 pour l’emporter devant Céline Nicolas (1h33’33) et Lise Talichet (1h33’45).
Sur le 10 km, Samir Tatah a dominé en 33’32 devant Cédric Bonnefoy (35’27) et Matthieu Fraisse (Atousports, 35’58). Chez les femmes, Célia Hammour (LCM Menuiserie) s’est imposée en 43’13 devant Manon Durand (45’35) et Chloé Grange (46’16).
| La chaleur, ce concurrent inattendu
Si la fête était au rendez-vous, le soleil a lui aussi joué les invités surprises. Plusieurs coureurs témoignaient à l’arrivée de conditions particulièrement éprouvantes, bien loin de l’idéal printanier. Des participants venus d’Orléans résumaient l’affaire avec un certain flegme : « Il fait chaud, mais l’ambiance motive. Ça aide à aller au bout. » Voilà ce que fait l’ambiance d’un événement comme celui-ci : elle compense largement les caprices météo. Dominique, licenciée à la Foulée forézienne de Feurs, rappelait quant à elle que l’essentiel reste intact malgré tout. « Le but, c’est de faire le meilleur de soi-même. Mais l’ambiance, ici, reste exceptionnelle », soufflait-il.
| Un territoire qui joue le jeu
Au-delà de la performance, la vraie force du Marathon de la Bière se mesure à l’implication des habitants. Les communes traversées ne subissent pas l’événement, elles le construisent. Ce dimanche matin, dès 9 heures, 1500 coureurs s’étaient élancés dans les rues de Montbrison pour le départ du marathon, point d’orgue d’un week-end de fête devenu incontournable dans la Loire. Et autour, 600 bénévoles pour baliser, encourager, sécuriser et sourire sur les 72 km de parcours cumulés.
Le Salon du Made in Loire, ouvert sur les trois jours avec 42 exposants mettant en avant les savoir-faire du territoire ligérien, a attiré un public bien au-delà des seuls coureurs. Brasseurs, producteurs locaux, artisans… pendant que les uns comptaient leurs kilomètres, les autres découvraient la Fourme de Montbrison (élue au marché le plus beau de France), les bières artisanales et les richesses du Forez à travers la Bâtie d’Urfé et les étangs alentour. 50 000 visiteurs sur le week-end, selon les organisateurs.
| Un modèle qui fait des envieux
Avec 8500 coureurs attendus sur trois jours, le Marathon de la Bière confirme son statut d’événement incontournable dans le Forez. Représentants de 97 départements français et de 15 pays au départ, label FFA sur toutes les distances majeures, label argent Développement Durable du CNOSF pour l’absence de gobelets jetables. Sur le papier comme sur le terrain, l’événement coche des cases que peu d’épreuves françaises peuvent revendiquer simultanément.
Dans un paysage running parfois un peu lisse, Montbrison prouve qu’il est possible de faire cohabiter compétiteurs sérieux et coureurs venus avant tout partager un moment. Sur les routes du Forez, sub-3 heures et groupes déguisés en chevaliers se côtoient sans que personne ne s’en offusque, bien au contraire. Rendez-vous en 2027 pour la cinquième édition. Les armures et les chopes sont déjà prêtes.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
✔ Tous les résultats du Marathon de la Bière 2026

Dorian VUILLET
Journaliste