Marathon de Rome 2026 : Pascaline Kibiwot en patronne, Asbel Rutto au bout du suspense
Le printemps est lancé. Et comme souvent, c’est du côté de la capitale italienne que la saison des grands marathons a véritablement pris son envol. Ce dimanche, le Marathon de Rome a tenu toutes ses promesses : du spectacle, de la ferveur, de l’histoire… et des performances de haut niveau au cœur de la Ville Éternelle. La Kényane Pascaline Kibiwot a signé un nouveau record de course en 2h22’44 et son compatriote Asbel Rutto s’offre une deuxième victoire de prestige ici à Rome en 2h06’32. Dans des conditions idéales (12°C, pas de vent), plus de 30 000 coureurs ont pris le départ au pied du Colisée. Un décor unique pour une course unique.
| Pascaline Kibiwot signe un nouveau record de course
Chez les femmes, la course a été intense. Longtemps groupée, la tête de course explose progressivement après le semi (1h10’23), toujours sur des bases très ambitieuses et bien plus rapides que le record du parcours. La tenante du titre Betty Chepkwony est contrainte à l’abandon après une heure de course. Une journée sans pour l’athlète kényane.
Devant, Pascaline Kibiwot prend progressivement les commandes. Mais à partir du 25e kilomètre, ça se complique un peu et elle se retrouve seule face à elle-même, emmenée par son lièvre Wilfred Kiplagat. Cette deuxième partie de course devient un combat contre elle-même. Le rythme baisse légèrement, les jambes se durcissent, la foulée est moins dynamique… son avance sur le record du parcours fond kilomètre après kilomètre. Mais la Kényane s’accroche et franchit la ligne d’arrivée en 2h22’44. À l’arrivée, elle s’effondre de fatigue. Vidée. Mais elle sait qu’elle vient d’entrer dans l’histoire de la course. Elle bat de 8 petites secondes l’ancienne marque référence sur ce parcours prestigieux (2h22’52 par Alemu Megertu). Elle devance Genet Tadesse Robi (2h24’55) et Aberash Fayesa complète le podium (2h25’43).
Classement Femmes
1. Pascaline Kibiwot (Kenya) 2h22’44
2. Genet Tadesse Robi (Éthiopie) 2h24’55
3. Aberash Fayesa Robi (Éthiopie) 2h25’43
4. Addisalem Belay Tegegn (Éthiopie) 2h28’16
5. Netsanet Gudeta Kebede (Éthiopie) 2h28’50
6. Betelhem Nega Ferede (Éthiopie) 2h29’30
7. Roselidah Jepketer (Kenya) 2h30’07
8. Azalech Masresha Woldeselasse (Éthiopie) 2h30’19
9. Addisie MisleneW (Éthiopie) 2h30’29
10. Tsega Desta Mehari (Éthiopie) 2h31’15
| Asbel Rutto fait parler son expérience
Chez les hommes, la lutte a promis plus de suspense. Dès les premiers kilomètres, le ton est donné. Un groupe dense d’une vingtaine de coureurs, majoritairement est-africains, se forme derrière les lièvres. Le passage au 5 km en 14’58 puis au 10 km en 29’44 annonce clairement la couleur : on vise très haut, record de course et même un chrono autour de 2h05.
Mais au fil des kilomètres, l’écrémage est brutal. La loi du marathon intervient. À mi-course (1h02’36), ils ne sont déjà plus qu’une poignée à pouvoir suivre le tempo imposé par un excellent Dominic Kiprono au pacing. Le tournant de la course arrive après le 25e kilomètre : le tenant du titre Robert Ngeno lâche prise. Devant, la bataille s’organise entre trois hommes : Asbel Rutto, Henry Tukor Kichana et Lencho Tesfaye Anbesa.
À 5 km de l’arrivée, ils ne sont plus que deux. Rutto et Kichana se livrent un duel impressionnant, presque irréel à ce stade de la course. Mais à 1 km de la ligne, Rutto place une accélération tranchante. Kichana ne peut pas répondre, il n’a plus rien dans les jambes. Asbel Rutto s’impose en 2h06’32, à seulement 8 secondes de son propre record du parcours établi en 2024. Kichana suit de près en 2h06’36 et Anbesa complète le podium en 2h07’44.
Un finish haletant, au cœur du Circus Maximus, à la hauteur de la réputation de Rome.
Classement Hommes
1. Asbel Rutto (Kenya) 2h06’32
2. Henry Tukor Kichana (Kenya) 2h06’36
3. Lencho Tesfaye Anbesa (Éthiopie) 2h07’44
4. Robert Ngeno (Kenya) 2h09’01
5. Abebaw Desalew Zewda (Éthiopie) 2h09’32
6. Elkana Langat (Kenya) 2h10’23
7. Solomon Weldeslassie Berihu (Éthiopie) 2h11’15
8. Demisu Anegagreng Gemeda (Éthiopie) 2h13’14
9. Fredrick Kibii (Kenya) 2h13’57
10. Abraham Kapsis Kipruto (Kenya) 2h14’33
| Brice Daubord, premier Français et premier Européen
Derrière les élites, la fête était totale. Rome, c’est aussi ça : un marathon populaire, vivant, où amateurs et élites partagent la même route. Parmi eux, le Français Brice Daubord a signé une très belle performance : 15e place en 2h19’40 et premier Européen au classement. Une course maîtrisée avec un negative split, longtemps au contact du groupe féminin de tête avant de faire la différence en solo. À 40 ans, il prouve encore une fois qu’il n’y a pas d’âge avec le marathon. L’expérience et l’intelligence de course font souvent la différence.
Mais au-delà des chronos, ce sont surtout près de 30 000 finishers qui ont fait vibrer Rome. Des ruelles du Trastevere aux pavés du centre historique, en passant par le Vatican et les bords du Tibre, chaque kilomètre est une carte postale. C’est une course exceptionnelle à courir au moins une fois dans sa vie.

| Rome, un marathon à part
Rome, c’est une course internationale avec des standards de qualité exceptionnels. Label World Athletics Elite, parcours plat et roulant, températures idéales… décrocher un dossard ici, c’est s’offrir la possibilité d’un nouveau record personnel. Mais courir à Rome, ce n’est pas seulement courir un marathon. C’est traverser plus de 2000 ans d’histoire. C’est enchaîner les monuments, les pavés, les émotions du marathon…. et, surtout, vivre une expérience magique, où le running rencontre le patrimoine et la culture. Tout récemment intégré au nouveau circuit des European Marathon Classics, le Marathon de Rome est la destination idéale pour un week-end sportif et touristique.
Avec un duel de très haut niveau chez les hommes, un record chez les femmes et une ferveur populaire toujours aussi forte, le Marathon de Rome lance parfaitement la saison des grandes courses du printemps. Rome confirme son statut de marathon international, une case à cocher pour tout amateur de running. Et maintenant, cap sur Paris, Boston et Londre, où le niveau va encore monter d’un cran.
✔ Les résultats du Marathon de Rome 2026

Clément LABORIEUX
Journaliste