Marathon de Séoul 2026 : les Éthiopiens Haftu Teklu et Haven Hailu Desse éclaboussent la capitale coréenne de leurs exploits
La pluie fine tombait sur Séoul, mais personne ne semblait s’en soucier ce dimanche. Les baskets frappaient le bitume, les respirations se mélangeaient à la vapeur froide du matin, et chaque coureur transformait la ville en une piste de course géante. Du quartier futuriste de Gangnam aux palais historiques, le Marathon de Séoul version 2026 a offert un mélange unique de vitesse, de technique et de fête populaire. Entre records tombés et exploits individuels, cette 96e édition a rappelé pourquoi cette course reste l’un des marathons les plus emblématiques d’Asie (et du monde ?).
Dimanche matin, Séoul s’est réveillée sous un ciel gris et un petit vent piquant, juste assez pour que chaque souffle de marathonien se transforme en vapeur. La capitale sud coréenne, ce mélange incroyable de néons futuristes et de palais centenaires, a vu 40 000 coureurs défiler sur ses avenues, entre Gwanghwamun et le Jamsil Olympic Stadium. Dans le Nord de la Corée du Sud, les trottoirs tremblaient presque sous les applaudissements et les encouragements, et quelque part, entre les gratte-ciel et les temples, l’histoire s’écrivait à chaque foulée.
Le Marathon de Séoul, édition numéro 96 du Dong‑A Marathon, Platinum Label de la World Athletics, ne déçoit jamais avec son parcours rapide, sa météo capricieuse (autour de 6- 7 degrés, pluie et vent inclus), son niveau d’élite et cette capacité rare de transformer un événement sportif en festival urbain. Née en 1931, la course est l’une des épreuves les plus anciennes au monde derrière Boston et est reconnue pour sa ligne plate et rapide au cœur de la ville.
À l’instar des grands rendez‑vous européens, il attire chaque année un plateau de coureurs capable de se battre pour des performances de classe mondiale. Cette année encore, l’un des marathons les plus mythiques, prestigieux et vieux de la planète a encore une fois tenu toutes ses promesses, mêlant densité humaine, performances de haut vol et émotion partagée.
| Haftu Teklu, cet Éthiopien qui fait vibrer Séoul
Dans la course masculine, le suspense a été total. Haftu Teklu, déjà vainqueur en 2025, a pris la tête dans les derniers kilomètres et s’est offert un sprint final absolument hallucinant. 2h04’23, record du parcours, une seule seconde devant Getaneh Molla (2h04’24). Derrière eux, le Kényan Gilbert Kibet a complété le podium en 2h04’32, confirmant un plateau d’une densité exceptionnelle. Quatre des cinq premiers coureurs ont même corrigé l’ancien record, signe d’un niveau d’élite rarement vu à Séoul.
Ce finish a laissé tout le monde sans voix. Les cinq premiers hommes ont tous couru plus vite que l’ancien record : jamais le marathon de Séoul n’avait vu pareille densité de vitesse. Teklu n’a pas seulement gagné, il a également montré la précision d’un horloger et la puissance d’un train lancé à toute vapeur. À l’arrivée, il avait encore ce petit sourire fatigué mais satisfait, le genre de sourire qui dit « Oui, aujourd’hui, j’ai tout donné et la ville a vu ça ».
| Haven Hailu Desse, une autre éthiopienne qui s’échappe
Chez les femmes, la course a été un peu moins serrée, mais tout aussi impressionnante. Haven Hailu Desse a pris la tête après le 30e kilomètre et a progressivement distancé ses adversaires. Résultat : 2h19’09, un chrono qui lui assure le trône féminin et un podium 100% éthiopien avec Bekelech Gudeta (2h19’39) et Bosena Mulatie (2h19’47). Pas de suspense au finish, juste la maîtrise totale d’une athlète capable de transformer un marathon en démonstration de force silencieuse.
| Quand le marathon devient festival
Au-delà des élites, Séoul s’est transformée en gigantesque fête du running. Les coureurs amateurs, trempés par la pluie et mordus par le froid, avançaient avec cette énergie incroyable qui transforme la souffrance en euphorie. Entre les néons de Gangnam, les statues des rois du passé et les marchés où les marchands criaient leurs prix, chaque foulée devenait un hommage à la ville et à la course. Les marathoniens locaux, Park Min‑ho et Jung Da‑eun, ont raflé les titres nationaux pour la première fois depuis 2023. Pour eux, franchir la ligne d’arrivée ne signifiait pas seulement terminer un marathon, mais représenter une ville et un pays entier sur la scène mondiale.
✔ Les résultats du Marathon de Séoul 2026

Dorian VUILLET
Journaliste