Semi-Marathon de Barcelone : Loice Chemnung et Hagos Gebrhiwet en patrons, Emmanuel Roudolff-Levisse monumental
Barcelone n’est plus seulement une belle carte postale méditerranéenne. C’est devenu l’une des courses les plus rapides du calendrier running international. Une véritable autoroute pour les runners en quête de chrono, posée entre mer et palmiers. Depuis 2025 et la fameuse course de Jacob Kiplimo en 56’42, meilleure performance mondiale de l’histoire sur semi-marathon mais non homologuée par World Athletics, le message est clair : ici, on court vite. Très vite. Et cette édition 2026 du Hyundai Mitja Marató de Barcelona by Brooks, a confirmé que la Catalogne est désormais l’un des épicentres mondiaux du semi-marathon. Nouveau record de course chez les femmes signée Loice Chemnung en 1h04’01 et meilleure performance de l’année pour Hagos Gebrhiwet en 58’05. Le Français Emmanuel Roudolff-Levisse a marqué les esprits en signant la 2e meilleure performance française de l’histoire sur la distance en 59’37.
| Chemnung et Gebrhiwet dominent la course
Chez les femmes, la Kényane Loice Chemnung a livré une démonstration. 1h04’01. Record du parcours. Cinquième meilleure performance mondiale de l’histoire. Et meilleure marque mondiale de l’année. Partie sur des bases déjà élevées (15’20 au 5 km), elle a progressivement étouffé la concurrence. 30’09 au 10 km. 45’17 au 15 km. Puis une dernière ligne droite maîtrisée, presque sereine. Elle améliore le précédent record du parcours (1h04’13) et affirme un peu plus ses intentions sur la scène internationale. À 28 ans, elle a un très bel avenir sur la route devant elle. Derrière, l’Américaine Weini Kelati Frezghi améliore son record nord-américain en 1h06’04. Le podium est complété par l’Éthiopienne Diniya Kedir Abaraya (1h06’28).
Chez les hommes, l’Éthiopien Hagos Gebrhiwet a couru après l’horloge. Grand favori de la course, le spécialiste du 5000 m (record national en 12’36) a confirmé son statut de taulier. Dans la foulée du pacer et aux commandes du groupe de tête, il est passé en 13’52 au 5 km. Rapidement, il s’est retrouvé seul car personne ne pouvait suivre son tempo (27’18 au 10 km). Une accélération sèche entre le 5e et le 10e kilomètre (13’26 sur le second 5 km) et, déjà, la course était pliée. Il s’impose en 58’05, meilleure performance mondiale de l’année également. Une course autoritaire, sans frisson, presque clinique. Le Suisse Dominic Lobalu suit en 59’26. Et puis au milieu de cette foule de talents internationaux, un Français s’est aussi distingué.
| Emmanuel Roudolff-Levisse, deuxième Français de l’histoire
Troisième en 59’37. 59 minutes et 37 secondes. 2’49/km sur 21,1 km. Quelques semaines après sa victoire à Séville en 1h00’23, Emmanuel Roudolff-Levisse est revenu en Espagne avec une idée très claire : passer sous les 60 minutes. Le pensionnaire de l’Athlé 92 ne l’a pas seulement validé. Il l’a pulvérisé. Deuxième meilleur chrono français de l’histoire derrière la Franco-Suisse Julien Wanders (59’13 en 2019). Podium sur l’un des semis les plus rapides et les plus denses de la planète. Une performance énorme.
On l’a vu solide, relâché, dans le wagon de tête dès les premiers kilomètres. Pas en surrégime, pas à la limite, mais bien déterminé à écrire l’histoire. Il n’a pas hésité à suivre la cadence infernale imposée par Gebrhiwet. Et quand on connaît le palmarès de l’Éthiopien, voir Emmanuel Roudolff-Levisse dans ce groupe de tête est forcément synonyme de grandes ambitions du côté du français. Décidément, après son nouveau record personnel sur marathon à Séville en 2025 (2h07’41), on peut dire que le bitume espagnol lui réussit bien.

| Les Français en feu à Barcelone
Et il n’était pas seul. De nombreux français ont brillé sur le parcours catalan avec une cascade de records personnels.
✔ Hassan Chahdi – 9e en 1h01’05 (record personnel), en pleine préparation pour le marathon de Londres. 16 secondes gagnées.
✔ Victor Boudin – 14e en 1h01’15 (record)
✔ Baptiste Guyon – 15e en 1h01’17 (record)
✔ Simon Bédard – 21e en 1h01’46 (record)
✔ Antonin Marquant – 31e en 1h03’11
✔ Julien Rebeck – 36e en 1h03’14 (record)
Côté féminin :
✔ Mekdes Woldu – 8e en 1h08’36
✔ Mélody Julien – 10e en 1h09’38
Une densité impressionnante et une génération d’athlètes qui a de très beaux jours devant elle.
| Barcelone, machine à chronos
Ce qui frappe à Barcelone, au-delà des vainqueurs, c’est la densité. Le parcours est plat, rapide, optimisé. Les longues lignes droites permettent de trouver son rythme. Le vent est souvent bien géré. Et l’organisation, désormais parfaitement huilée, attire chaque année un plateau international de très haut niveau.
➜ 7 coureurs sous les 60 minutes
➜ 68 coureurs sous les 1h05
Depuis l’épisode Kiplimo en 2025, la réputation est mondiale. Même si la performance n’a pas été validée officiellement pour des raisons réglementaires, l’image est restée : Barcelone est un terrain de jeu pour les chronos historiques. Et ce dimanche encore, entre les records nationaux, les world leads et l’avalanche de records personnels chez les amateurs, la ville a confirmé son statut. Des milliers de coureurs ont traversé la ligne avec ce sourire un peu incrédule de ceux qui viennent d’améliorer leur marque. C’est aussi ça, Barcelone : une course élite ultra dense, mais un événement populaire gigantesque où chacun peut, à son échelle, courir vite.

Il y a Valence. Il y a Séville. Et désormais, il y a Barcelone. Un semi-marathon convoité par toute la communauté du running. Un rendez-vous que les élites ciblent et une course que les amateurs rêvent de faire. Le Semi de Barcelone constitue aussi un terrain de validation idéal pour les marathoniens en pleine préparation. Et quand on voit Roudolff-Levisse casser la barre des 60 minutes et monter sur le podium derrière Lobalu et Gebrhiwet, on comprend que Barcelone peut aussi être le lieu où tous les rêves sont permis. La saison sur route ne fait que commencer. Mais le ton est déjà donné.
✔ Les résultats du Semi-Marathon de Barcelone 2026

Clément LABORIEUX
Journaliste