Semi-Marathon du Finistère : Jean Péron, Erwan Richard, Marion Haas... duel au bout de la Bretagne © Semi-Marathon du Finistère

Semi-Marathon du Finistère : Jean Péron, Erwan Richard, Marion Haas… duel au bout de la Bretagne

Semi-Marathon10 km
16/02/2026 20:30

Falaises battues par le vent, routes granitiques et ambiance iodée à tous les étages. Ce dimanche, la presqu’île de Crozon accueillera la première édition du Semi-Marathon du Finistère, une création déjà très attendue. Semi complet en quelques heures, 10 km encore ouvert, et un plateau relevé emmené par Jean Péron, Erwan Richard, Jean-Baptiste Olier ou Marion Haas. État des lieux d’une course bretonne qui s’annonce intense et spectaculaire.


Il manquait une course pour raconter le Finistère autrement que par des cartes postales. Une épreuve capable de mêler falaises battues par le vent, routes granitiques, villages de caractère et cette hospitalité bretonne qui ne se proclame pas, mais se vit. Dimanche 22 février, cette absence sera comblée avec le premier chapitre du Semi-Marathon du Finistère, au cœur de la mythique presqu’île de Crozon.

Et le signal envoyé par les runners parle de lui-même. En quelques heures à peine, les 1 000 dossards du semi se sont envolés. Du jamais vu pour une création. Au total, plus de 4000 participants sont attendus pour cette grande première, répartis entre un semi-marathon (21,1 km), un 10 km et malheureusement pas de courses enfants car « les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour garantir une organisation à la hauteur de nos exigences et de nos valeurs », d’après l’organisation. Autour d’eux, plus de 250 bénévoles, reconnaissables à leurs cirés jaunes, formeront l’ossature humaine de l’événement. Un détail ? Pas vraiment.

| Une traversée spectaculaire entre ciel et mer

Les parcours, lui, donnent immédiatement le ton. Le décor, lui, ne triche pas. La course traverse la presqu’île de Crozon, joyau naturel breton, au cœur du Parc naturel régional d’Armorique. Falaises abruptes, voies cyclables récentes, portions plus techniques, panoramas marins à perte de vue, chaque kilomètre raconte quelque chose.

Le semi-marathon s’élancera depuis la Cidrerie Rozavern, à Telgruc-sur-Mer. Difficile d’imaginer départ plus local. Après une première montée dès le kilomètre 3, le regard plonge déjà vers l’océan. La descente mène à Crozon, avant une portion plus sauvage, presque en mode trail, puis une traversée d’une zone Natura 2000 autour de l’étang de Kerloc’h. L’entrée dans Camaret-sur-Mer marque le final, avec une dernière descente plein gaz vers le port et une arrivée commune aux deux courses, face à l’Atlantique.

Le 10 km, plus accessible mais loin d’être anecdotique, partira de la salle omnisports de Crozon, clin d’œil assumé à l’histoire bretonne avec la Salle Nominoë. Un format idéal pour découvrir l’événement sans se priver du décor.

| Des tracés exigeants… mais rapides

Ne pas se fier au profil breton. Oui, le parcours secoue un peu les jambes. Oui, le vent peut jouer les trouble-fêtes. Mais les chiffres parlent aussi aux chasseurs de chronos :
10 km : 54 m D+ / 119 m D-
Semi-marathon : 149 m D+ / 194 m D-

Avec de longues descentes et un tracé varié, les conditions peuvent clairement sourire à ceux qui arrivent préparés.

| Des favoris solides sur le semi-marathon

Pour cette grande première sur ce genre de parcours où l’on serre les dents dans les bosses pour lâcher les chevaux ensuite, le plateau élite du semi-marathon affichera un parfum très breton, et surtout très homogène. En tête, Jean Péron (Stade Brestois Athlétisme) avance avec un statut de métronome. Coureur régulier, réputé pour sa capacité à encaisser les parcours vallonnés, le spécialiste du marathon fait partie de ces athlètes qui savent attendre leur moment. Sur un tracé exposé au vent, ce sens de la gestion pourrait devenir un atout majeur.

À ses côtés, Erwan Richard (Quimper Athlétisme) incarne parfaitement l’école bretonne du demi-fond : solide, endurant, rarement pris en défaut quand la course s’emballe. Habitué aux courses de caractère, le Quimpérois connaît ce type de terrain où le chrono se gagne souvent à l’intelligence plus qu’à la seule vitesse. Même temps estimé, même ambition pour Jean-Baptiste Olier, lui aussi licencié au Stade Brestois Athlétisme. Coureur offensif, à l’aise quand le rythme s’élève, ce dernier pourrait profiter des portions roulantes pour faire parler sa foulée. Dans un final descendant vers Camaret, son profil colle parfaitement au terrain.

Derrière ce trio, Elie Hodzic (Triathl’Aix) apporte une dimension différente. Triathlète de formation, habitué aux efforts longs et au vent, il possède une capacité rare à maintenir un haut niveau d’intensité dans la durée. Sur un parcours exigeant, ce type de profil peut surprendre. Enfin, Théo Chenu (Stade Brestois Athlétisme) complète une densité impressionnante. Régulier autour d’1h11, le jeune breton incarne l’outsider parfait, celui qui profite d’un moment d’hésitation devant pour s’inviter dans la lutte finale.Chez les femmes, la bataille promet autant. Marion Haas part avec l’étiquette de favorite logique. Solide sur semi, elle apprécie les parcours qui demandent de la constance plutôt qu’un effort linéaire. Giulia Peaucellier, capable de bien finir malgré la fatigue, et Mathilde Gay, réputée pour sa ténacité, complètent un trio où la météo pourrait jouer les arbitres.

Chez les femmes, la bataille promet autant. Marion Haas part avec l’étiquette de favorite logique. Solide sur semi, elle apprécie les parcours qui demandent de la constance plutôt qu’un effort linéaire. Giulia Peaucellier, capable de bien finir malgré la fatigue, et Mathilde Gay, réputée pour sa ténacité, complètent un trio où la météo pourrait jouer les arbitres.

| Un 10 km explosif, entre vitesse et audace

Sur le 10 km, le ton s’annonce très différent, mais tout aussi relevé. Primel Le Goff (Quimper Athlétisme) figure parmi les références locales. Rapide, précis dans son effort, il connaît parfaitement ce type de course où chaque relance compte. Face à lui, Thomas Plourin et Victor Lemasson, tous deux annoncés autour de 31 minutes, incarnent une génération sans complexe, capable de partir très vite et d’assumer. Sur un tracé légèrement descendant, la tentation de transformer la course en contre-la-montre collectif sera forte.

Luca Guirriec, un cran en retrait sur le papier, pourrait tirer profit d’un départ trop rapide des favoris. Même logique pour Baptiste Le Bris, capable de finir très fort si le rythme explose devant. Côté dames, Chloé Bacon arrive avec un vrai statut. Rapide, efficace, elle apprécie les parcours où le rythme ne retombe jamais. Marion Loc’h et Léa Kerdelhué restent en embuscade, prêtes à profiter du moindre faux pas dans un contexte où le vent et l’ambiance peuvent redistribuer les cartes jusqu’à la ligne.

| Du sport, du beurre salé et une vraie ambiance fest-noz assumée

Derrière le projet, François Hinault, le Crozonnais de naissance et organisateur de courses atypiques dans la région. Sur tous les terrains, le Finistérien a imaginé un événement fidèle à ses valeurs : sport, territoire, collectif. Loin d’une course hors-sol, le Semi-Marathon du Finistère revendique son ancrage local.

Sur le parcours, les ravitaillements sentent le pain-beurre salé. Les encouragements prennent parfois la forme de rythmes de djembé. Les tunnels se parent de drapeaux bretons. Et à l’arrivée, le village installé sur le port de Camaret prolonge la fête : jeux en bois, sonneurs en tenue traditionnelle, danses bretonnes, food-trucks et galettes bien méritées. Si les éléments décident d’ajouter pluie fine et vent glacial au menu, personne ne s’en plaindra. Ce sera simplement encore plus Finistère.

Rarement une course aura poussé aussi loin le curseur de la « Bretonnitude ». Groupes folkloriques sur les ravitaillements, animations musicales tout au long du parcours, danses bretonnes proposées au village d’arrivée. Le Semi-Marathon du Finistère ne se contente pas d’utiliser les codes régionaux, il les célèbre.

| Encore des dossards sur le 10 km

Si le semi affiche complet, quelques places restent disponibles sur le 10 km, jusqu’au 8 février 2026. Une porte d’entrée idéale pour découvrir l’événement, s’offrir un effort intense dans un décor hors norme, ou simplement courir pour le plaisir avant de savourer une crêpe à l’arrivée. Que l’objectif s’appelle record personnel, reprise hivernale ou simple kiff iodé, chacun trouve sa place.

| Infos pratiques à retenir

Dimanche 22 février 2026
Départs : 9h00 – Semi-marathon (Telgruc-sur-Mer) et 11h30 – 10 km (Crozon)
Arrivées et village course : Port de Camaret-sur-Mer
Parking réservé : Rue de la Gare – Espace Vacances SNCF
Accès parfois perturbés pendant la course (routes fermées ou en sens unique)

Une séance de mesurage officielle aura lieu le 26 janvier 2026, garantissant la certification FFA des distances. Les licenciés pourront ainsi valider un vrai semi-marathon, mesuré dans les règles de l’art par la Fédération Française d’Athlétisme.

Le Semi-Marathon du Finistère ne cherche pas à ressembler aux autres. Il propose autre chose comme une respiration hivernale, une aventure collective, un hommage sincère à une terre fière. Tout indique que cette première édition n’en restera pas là. Le genre d’épreuve appelée à devenir un rendez-vous incontournable du calendrier running. Lors de ce dimanche de fête, au bout de la Bretagne, la course à pied aura clairement le goût du large.

Toutes les infos sont à retrouver sur le site officiel


Dorian VUILLET
Journaliste

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