Semi-Marathon du Finistère : Jean Péron et Mathilde Gay ouvrent le bal, la presqu’île répond présent
Vent, embruns et routes exposées : la presqu’île de Crozon n’a rien offert ce dimanche 22 février. Pour sa première édition, le Semi-Marathon du Finistère a tenu toutes ses promesses. Jean Péron s’impose en patron sur les 21,1 km, tandis que Mathilde Gay marque l’histoire chez les féminines. Derrière, le 10 km, balayé par la pluie, a livré une course aussi dense qu’engagée.
Il y avait cette lumière d’hiver un peu blafarde, le vent chargé d’embruns et cette excitation particulière des premières fois. Ce dimanche matin, la presqu’île de Crozon accueillait la toute première édition du Semi-Marathon du Finistère. Une naissance scrutée de près, attendue par les coureurs locaux, redoutée par d’autres à cause d’une météo annoncée capricieuse. À l’arrivée, le verdict tombe sans appel : la course a trouvé sa place.
Dans la cour de la cidrerie de Rozavern, point de départ de l’épreuve, plus de 2600 coureurs se pressent dès l’aube. Majoritairement bretons, mais avec plus d’une vingtaine de nationalités représentées, tous cherchent un abri contre le vent froid. Cinq sas, des meneurs d’allure bien identifiés, drapeau sur le dos, prêts à guider le peloton jusqu’au port de Camaret-sur-Mer. Le départ est donné à 9h, au son de la cornemuse. Pendant un peu plus d’une heure, les premiers passeront entre les gouttes. Derrière, la pluie finira par s’inviter.
| Jean Péron, seul face au vent
Sur le semi-marathon, la tête de course se détache rapidement. Attendu, le brestois Jean Péron prend les commandes très tôt. Dès le 3e borne, le sociétaire du Stade Brestois se retrouve seul, lancé dans un long contre-la-montre face au vent. Au fil des kilomètres, l’écart se stabilise. Le rythme reste solide, l’allure régulière. À l’arrivée, Jean Péron s’impose en 1h11’10, validant pleinement son bloc de préparation pour le marathon de Barcelone, prévu le 15 mars.
« Ce n’était pas une course facile, j’ai couru tout seul dans le vent dès le 3e kilomètre. Mais je finis fort », glissait-il à chaud. Arrivé sur la fatigue d’une grosse semaine, avec même 45 minutes de course avant d’enfiler le dossard, le Finistérien repart rassuré : « Très bon entraînement, parcours bien balisé, encore de l’énergie à l’arrivée. C’est un très bon entrainement pour le marathon de Barcelone dans 3 semaines ! Et comme le parcours était très bien balisé, aucun soucis. Je suis très content de ma course où j’arrive avec encore de l’énergie sous le pied ». Derrière lui, le public local se régale. Éhouarn Magueur, natif de Rosnoën, décroche une solide deuxième place en 1h13’11. À 25 ans, pour sa première saison complète de course à pied, il prépare le Marathon de Paris (12 avril 2026), avec un objectif situé entre 2h30 et 2h35. « Quelques belles rafales de vent mais qui ont rendu intéressantes la course, sur un beau parcours nature, sur la voie verte de la Presqu’île, à la maison ! », souriait-il, passé l’arrivée.
Le podium se complète avec Théo Chenu, lui aussi du Stade Brestois, troisième en 1h13’24. En préparation pour Barcelone, il racontait une course faite d’accrochages : « J’avais un lièvre de luxe avec Jean devant moi, mais au 7e km je craque, et Éhouarn me rattrape sur les 5 derniers. Heureusement, car je m’accroche dans ses pattes, et l’avoir dans le viseur me permet d’assurer le podium sur ce parcours ». Derrière ce trio, la densité impressionne. Florian Pincemin, quatrième en 1h13’37, Morgan L’Helgouen, Jean-Adrien Michel ou encore Jérémy Tréguer composent un top 10 masculin très homogène, étiré sur à peine cinq minutes malgré le vent et les portions exposées.
| Mathilde Gay tient son rang chez les féminines
Chez les femmes, la course se joue également à l’avant, dans un mano a mano engagé. Mathilde Gay, triathlète brestoise, s’impose en 1h24’45 au terme d’un effort parfaitement maîtrisé. « Un parcours plus dur que prévu. La première partie, en sous-bois, protégeait du vent. La seconde, beaucoup plus exposée, a piqué », confiait-elle à l’arrivée. Cette victoire s’inscrit comme l’objectif majeur de son hiver, avant un printemps tourné vers le triathlon, avec le championnat de Bretagne longue distance à Pontivy puis l’Ironman de Vichy.
Derrière elle, Mégane Dumoustier n’a rien lâché. Deuxième en 1h25’48, la traileuse explique : « On s’est doublées, redoublées, jusqu’au 16e kilomètre où je craque un peu. Je n’étais pas dans les meilleures conditions physiquement, mais mentalement j’étais prête. J’ai fait une bonne course finalement, je suis contente ! ». Le premier podium féminin du semi se complète avec Tiphaine Morvan, troisième en 1h28’56, dans une course où la météo aura challengé tout le monde, sans exception. Là aussi, le top 10 féminin révèle une belle densité, avec des écarts resserrés et une forte présence des clubs bretons.
| Un 10 km balayé par les éléments
Parti une heure après le semi-marathon, le 10 km bascule dans une autre dimension. Vent et pluie de face sur l’intégralité du parcours. Des conditions que beaucoup qualifieront de dantesques, et qui vont peser lourd dans les organismes. Chez les hommes, la lutte se joue dans un mouchoir de poche. Primel Le Goff s’impose en 33’53, à peine deux secondes devant Thomas Plourin. Jérôme Pasquette complète le podium en 34’21, au terme d’une course menée au courage.
| Un classement féminin du 10 km bousculé et révélateur
Chez les femmes, le scénario se révèle encore plus singulier. Célia Brossard, engagée chez les espoirs, franchit la ligne en 36’44, très largement en tête. Mais la performance ne figurera pas au classement, la jeune coureuse étant disqualifiée à l’issue de l’épreuve. Un fait de course marquant, tant son chrono aurait redéfini la hiérarchie. La victoire revient finalement à Chloé Bacon. La pensionnaire de Quimper Athlétisme s’impose en 39’08, au terme d’une course solide et régulière. Derrière elle, Séverine Ropert confirme son expérience en prenant la deuxième place en 41’00, tandis que Léa Kerdelhue complète le podium en 41’06, sous les couleurs de Brest Triathlon.
La suite du classement raconte une course engagée jusqu’au bout. Adeline Roué, Marion Loch et Victoria Lhouang se tiennent en moins d’une minute, avant que les masters ne prennent le relais avec Laëtitia Ménesguen Le Guillou et Isabelle Rannou. À noter aussi la belle performance de l’espoir Mado Grélé, dixième féminine en 44’37. Un top 10 féminin étiré, brassé, où les catégories se mélangent, souvent à l’avantage des coureuses les plus résistantes dans ces conditions difficiles.
| Une première édition déjà bien ancrée
À l’arrivée, François Hinault affichait un sourire soulagé d’avoir vu ces 4 000 participants s’être lancés dans cette aventure dominicale. « Merci aux coureurs pour la confiance accordée à cette première édition, déclarait l’organisateur de l’épreuve et du Grand Raid du Finistère dont les inscriptions sont déjà ouvertes. Beaucoup de premiers dossards, beaucoup de premières fois. On organise des semi et des 10 km pour permettre au plus grand nombre de se lancer. »
Un mot également pour les 200 bénévoles mobilisés toute la matinée, malgré des conditions météo peu clémentes. « On veut progresser d’année en année. Rien n’est possible sans eux ». Avec ce premier rendez-vous réussi, la presqu’île de Crozon s’offre désormais un événement route à la hauteur de son décor. Exigeant, authentique, formateur. Le Semi-Marathon du Finistère n’a pas simplement vu le jour. Il s’est déjà imposé.
✔ Tous les résultats du Semi-Marathon du Finistère 2026

Dorian VUILLET
Journaliste