United Airlines NYC Half : Hellen Obiri impressionne, Adriaan Wildschutt crée la surprise dans Central Park
Chaque année, le United Airlines NYC Half est l’une des courses les plus attendues du début de saison aux États-Unis. Les meilleurs coureurs du monde viennent se tester sur l’un des parcours les plus prestigieux (et difficiles) de la ville. En effet, le décor est digne d’un film. Traverser le Brooklyn Bridge, courir au cœur de Times Square entièrement fermé à la circulation et finir dans Central Park : on ne peut imaginer une course plus iconique dans les rues de New York. Et pour cette édition 2026, plus de 30 000 coureurs se sont élancés sur ce parcours spectaculaire reliant Prospect Park à Central Park, record de participation. Comme souvent à New York, le spectacle était autant sur la route que dans le peloton élite. La Kényane Hellen Obiri a signé un nouveau record de parcours en 1h06’33 et le Sud-Africain Adriaan Wildschutt a dominé les débats en 59’30.
| Hellen Obiri écrase la concurrence avec un record de parcours
Dans la course féminine, Hellen Obiri a rappelé pourquoi elle est aujourd’hui l’une des reines incontestées de la route. La Kényane au palmarès long comme le bras, double vainqueure du marathon de New York, double vainqueure du Marathon de Boston, médaillée olympique et double championne du monde sur piste par le passé, a parfaitement géré sa course avant de placer une accélération décisive à la mi-course. Il faut dire qu’à New York, elle est un peu comme à la maison. Elle a gagné le dernier Marathon de New York en novembre dernier, en devenant par la même occasion la première athlète à terminer la course en moins de 2h20 (chrono de 2h19’51).
Sur ce semi, Obiri a répété ce qu’elle faisait de mieux. Observer, attaquer et dominer. Au passage des 10 km, la Kényane décide de changer de rythme. Une attaque nette, franche, à laquelle personne ne pourra répondre. Derrière, la recordwoman du monde du 10 km Agnes Ngetich tente de suivre mais doit rapidement céder sur ce parcours exigeant. Sharon Lokedi, sa grande rivale ces dernières saisons, parvient quant à elle à revenir progressivement dans le groupe de tête après un passage difficile vers Times Square. Mais devant, Obiri est déjà trop loin. Elle s’impose finalement en 1h06’33 dans Central Park, établissant un nouveau record du parcours et confirmant son incroyable capacité à performer sur des parcours très exigeants. En pleine préparation pour le Marathon de Londres, cette performance confirme qu’elle est en grande forme et qu’il faudra compter sur elle pour la gagne à Londres.
Derrière elle, Sharon Lokedi termine deuxième en 1h07’10, tandis que la Britannique Megan Keith complète le podium en 1h07’13 pour son premier semi-marathon. La recordwoman américaine du marathon Emily Sisson termine à une belle 6e place en 1h09’06. Elle prendra le départ du Marathon de Boston dans quelques semaines.
« Je voulais rester patiente et courir ma propre course », expliquait Obiri à l’arrivée. « À un moment je me suis dit : j’ai travaillé pour ça, je suis prête. »
Classement Femmes
1. Hellen Obiri (Kenya) 1h06’33
2.Sharon Lokedi (Kenya) 1h07’10
3. Megan Keith (Grande-Bretagne) 1h07’13
4. Diane Van Es (Pays-Bas) 1h08’21
5. Fentaye Belayneh (Éthiopie) 1h08’22
6. Emily Sisson (États-Unis) 1h09’06
7. Amanda Vestri (États-Unis) 1h09’22
8. Annie Frisbie (États-Unis) 1h09’25
9. Susanna Sullivan (États-Unis) 1h09’38
10. Emily Venters (États-Unis) 1h09’46
| Wildschutt surprend tout le monde dans la course masculine
Chez les hommes, le scénario a été bien plus tactique. Pendant une grande partie de la course, un gros groupe d’une dizaine d’athlètes reste compact. Le passage aux 10 km en 27’58 confirme que personne ne veut vraiment prendre de risques trop tôt sur ce parcours exigeant.
Mais à l’approche de Central Park, la course s’anime enfin. Le Sud-Africain Adriaan Wildschutt, recordman national sur 5 000 m et 10 000 m, décide de tenter sa chance. Une accélération progressive, parfaitement placée après le 15e km. On sent la masterclass arriver. Personne ne parvient à suivre. Et Wildschutt s’envole dans les derniers kilomètres. Il franchit la ligne en 59’30, remportant la course pour son premier semi-marathon à New York. Très grosse performance pour celui qui s’entraîne à Flagstaff, en Arizona, devant un plateau élite de niveau international.
Zouhair Talbi, récemment naturalisé Américain, prend la deuxième place en 59’41. Il confirme qu’il est l’un des meilleurs américains du moment, après son record au Marathon de Houston en janvier (2h05’43, 4e chrono national de l’histoire). Avec ses récentes performance, il affiche de grandes ambitions pour son retour au Marathon de Boston. Derrière lui, l’Indien Gulveer Singh complète le podium avec un chrono de 59’42. Un chrono qui marque l’histoire puisque le coureur devient ainsi le premier athlète indien de l’histoire à passer sous la barre des 60 minutes sur semi-marathon (record non homologué World Athletics car la course n’est pas une boucle).
Classement Hommes
1. Adriaan Wildschutt (Afrique du Sud) 59’30
2. Zouhair Talbi (États-Unis) 59’41
3. Gulveer Singh (Inde) 59’42
4. Alex Maier (États-Unis) 59’51
5. Peter Lynch (Irlande) 59’52
6. Patrick Dever (Grande-Bretagne) 59’56
7. Rory Linkletter (Canada) 1h00’00
8. Patrick Kiprop (Kenya) 1h00’01
9. Joe Klecker (États-Unis) 1h00’02
10. Shunsuke Kuwata (Japon) 1h00’13
| Grant Fisher découvre la route… dans la douleur
L’un des grands événements de cette édition, c’était aussi la présence de Grant Fisher. La star américaine de la piste, détenteur des records du monde indoor sur 3000 m et 5000 m, profitait d’une année sans grand championnat pour explorer de nouveaux territoires et tester ses qualités de vitesse sur la route. Pendant une grande partie de la course, Fisher reste au contact du groupe de tête. Après huit miles, il est toujours dans la bataille. Mais les derniers kilomètres sont beaucoup plus difficiles.
Les jambes ne répondent plus et l’Américain doit laisser filer le groupe. La réalité de la route et son manque d’expérience sur la distance l’ont rattrappé. Il termine finalement 14e en 1h00’53, une performance honorable pour un premier semi mais loin de ses ambitions, lui qui est habitué des podiums et des records.
« Je voulais faire mieux aujourd’hui », reconnaissait-il après la course. « Sur les derniers kilomètres, les jambes ont lâché. Quand ça arrive, on peut pousser autant qu’on veut, ça ne répond plus. » Un apprentissage classique pour une première expérience sur route. Et encore plus sur un parcours aussi exigeant que celui de New York.
| Une édition record pour le semi de New York
Au-delà des performances élites, cette édition 2026 restera aussi marquée par un record de participation. Avec 30 229 finishers, le United Airlines NYC Half devient le plus grand semi-marathon jamais organisé par NYRR, et le plus important aux États-Unis. Le plateau élite était à la hauteur de l’événement avec 26 Olympiens, 16 recordmen nationaux et des athlètes de 17 pays différents. Et surtout, parmi la totalité des participants, on dénombre 50,55% de femmes. Ce chiffre confirme la montée en puissance de la course à pied chez les femmes. Les efforts réalisés par NYRR en termes d’inclusion et d’accessibilité portent leurs fruits et tous les organisateurs de course devraient s’inspirer du travail de cette prestigieuse organisation.

Le United Airlines NYC Half, c’est une course devenue l’un des rendez-vous majeurs du calendrier international… et un passage quasi obligé pour de nombreux élites en préparation des grands marathons de printemps comme Boston ou Londres. Entre son parcours spectaculaire, son ambiance unique et son plateau élite digne des plus grandes courses mondiales, le NYC Half continue de s’imposer comme l’un des semi-marathons les plus prestigieux au monde. Et à quelques semaines des marathons de Boston et Londres, cette édition 2026 aura déjà donné un premier aperçu des athlètes à suivre dans les grands rendez-vous du printemps.
✔ Les résultats du Unite Airlines NYC Half 2026

Clément LABORIEUX
Journaliste