Marathon de Paris 2026 : Jimmy Gressier, Michou, Laure Manaudou… On vous dit tout ce que vous n’avez pas vu
13/04/2026 08:31Sur 42,195 km, le Marathon de Paris ne s’est pas contenté de sacrer des chronos. Entre princesses en baskets, défis scientifiques, nuits blanches et costumes improbables, la course a surtout révélé une autre facette du running, plus libre, plus inattendue, presque hors cadre.
Au milieu des milliers de dossards, difficile de ne pas remarquer cette silhouette sombre sortie tout droit de la saga Star Wars. Lors du Marathon de Paris, un coureur déguisé en Dark Vador avance, imperturbable, comme si les 42,195 kilomètres faisaient partie du scénario. Derrière le masque, aucune mise en scène forcée, simplement une autre façon d’habiter la course.
Un peu plus loin, l’ambiance change complètement. Des participants s’arrêtent pour improviser une partie de “beer-pong” en pleine épreuve. Gobelets en place, tirs tentés entre deux kilomètres, éclats de rire qui tranchent avec la fatigue. Même logique quelques mètres plus loin, où une cible de fléchettes transforme un ravitaillement en pause ludique.
Dans cette même logique, Isaure Delhay a sans doute offert l’une des images les plus marquantes de la journée. À 22 ans, étudiante en médecine et passionnée de course, elle n’a pas simplement pris le départ. Elle a choisi de le faire en robe de bal rouge, diadème sur la tête, comme une princesse lancée à l’assaut des 42 bornes.
Loin d’un simple coup de com’, la démarche portait un message. En bouclant son marathon en 3h50 dans cette tenue improbable, elle cherchait surtout à attirer les regards pour parler d’un sujet rarement mis en lumière, les soins palliatifs. Une banderole accrochée à sa silhouette venait rappeler pourquoi elle courait, transformant chaque foulée en prise de parole.
| Quand le marathon devient un double défi
Parmi les histoires les plus surprenantes, celle de Segan Bouicher résume à elle seule l’esprit du jour. Entre hésitation et défi personnel, il a finalement choisi de ne pas trancher. Courir le marathon et réaliser son test physiologique en même temps.
Objectif affiché, comprendre si le fameux “mur du 30e kilomètre” relève davantage du physique ou du mental. Résultat, un chrono solide de 2h46’47 et une splendide 583e place à l’arrivée. Une performance autant scientifique que sportive, dans un contexte totalement expérimental.
| Les nuits courtes et les paris fous
Autre séquence improbable, celle de Gambi. Le rappeur a enchaîné les extrêmes le temps d’un week-end. Un showcase dans la nuit à Nantes, terminé autour de 3 heures du matin, quelques heures de trajet, puis un départ sur les Champs-Élysées pour avalerga les 42,195 km.
Dans ces conditions loin d’être optimales, le Francilien boucle tout de même l’histoire en 3h26, à une allure moyenne proche de 4’51/km. Une performance solide, presque secondaire au regard du scénario global, entre scène musicale et ligne de départ en état de récupération minimale.
| Des profils connus… redevenus coureurs anonymes
Au côté du rappeur sur la ligne de départ, certains visages attirent naturellement l’attention. Michou, habitué aux millions de vues, s’est retrouvé dans une autre réalité, celle d’un premier marathon où chaque kilomètre se gagne. Diane Leyre, ancienne Miss France, a elle aussi troqué les projecteurs pour l’effort brut encouragée par Sylvie Tellier que nous avons pu apercevoir sur le parcours.
Dans un registre différent, Laure Manaudou a quitté les bassins pour affronter l’asphalte. Une transition exigeante où l’endurance se construit autrement. À ses côtés, Jimmy Gressier, référence du fond français dont les ambitions sur la distance ne cessent de grimper, ou encore Matthias Dandois, multiple champion du monde de BMX, ont plongé dans un peloton où les statuts s’effacent rapidement.
Même Gautier Capuçon, figure majeure de la musique classique, a vécu une autre partition. Pas de scène, pas d’orchestre, mais un rythme dicté par la route et les sensations.
| Entre dérision et performances inattendues
Certains choisissent l’originalité sans renoncer à l’exigence. Axel Ramponi, en costume trois pièces, a bouclé son marathon en 2h54’47, loin des 2h49 de l’an passé. Derrière l’image décalée, une vraie performance, précise et solide. Et puis il y a ceux qui, sans courir, marquent la journée. Arnaud Tsamère, en bord de parcours, enchaîne encouragements et traits d’humour. Les visages se ferment, puis se détendent. Parfois, quelques secondes suffisent pour relancer une foulée.
| Le marathon, version brute
Au milieu de cette légèreté, certaines scènes rappellent la réalité de l’effort. Un coureur se tord la cheville, pris en charge par les pompiers. L’histoire pourrait s’arrêter là. Elle continue pourtant. Il repart, avance comme il peut, refuse de céder.
Plus loin, un homme de 92 ans franchit la ligne. Le Japonais Koichi Kitabatake terminait pour la 7e fois ce parcours parisien en 7h21’37. Sans mise en scène, presque dans le silence. Une performance qui dépasse largement le chrono, et qui résume à elle seule ce que représente un marathon.
Le marathon de Paris ne change pas dans sa distance. 42,195 km, toujours. Mais tout le reste évolue. Dimanche, la capitale a vu défiler bien plus qu’une course. Une mosaïque de personnages, d’histoires et de manières différentes de vivre l’effort. Entre humour, performance et moments suspendus, chacun a écrit sa propre version du marathon. Et au fond, c’est peut-être ça qui reste le plus longtemps après la ligne d’arrivée.
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Dorian VUILLET
Journaliste