Le 13 juin 2026, la Tarmac Race va transformer l’aéroport de Valence-Chabeuil en piste de course avec des 5 km et 10 km pensés pour la performance. © Tarmac Race

 « Un endroit cool, mais où on peut vraiment courir » : quand le chrono prend la place des avions sur la Tarmac Race

25/04/2026 14:13

Partir pour un 5 ou 10 km sur une piste d’aéroport, l’idée intrigue autant qu’elle attire. Le 13 juin prochain, la Tarmac Race transformera cette intuition en réalité du côté de Valence-Chabeuil. Un terrain brut, une ligne claire, et une promesse qui ne cherche pas à en faire trop.


Le projet prend racine sur le tarmac de l’Aéroport de Valence-Chabeuil, dans la Drôme, un espace habituellement inaccessible, où chaque mètre est pensé pour autre chose que la course à pied. Et pourtant, c’est précisément là que tout devient intéressant. Anthony Aleixandri ne cherche pas à enrober l’idée. « On voulait un lieu différenciant », explique le co-fondateur de l’asso Reload et organisateur de cette Tarmac Race, avant d’ajouter presque dans la foulée « mais surtout un endroit où on peut vraiment courir ».

Derrière cette simplicité, une ligne de conduite claire. Pas de décor artificiel, pas d’animation qui masque le vide. « Parfois les activations sont un peu too much », glisse-t-il. Le lieu parle de lui-même. Le tarmac impose une forme de respect, une sobriété naturelle qui évite de tomber dans le gadget.

Deux distances viennent structurer l’événement. Un 5 km accessible, limité à 500 dossards, et un 10 km plus dense avec 1000 places (il reste près de 200 dossards à prendre). « Le 5 km reste le format le plus inclusif », rappelle Anthony, en lien direct avec son expérience du terrain. Le 10 km, lui, répond à une autre logique. « Aujourd’hui, le 10 km, c’est la référence des gens quand ils parlent chrono ». Deux formats, deux entrées possibles, sans brouiller le message.

| Une piste pour aller droit au bout de soi

Le parcours ne cherche pas à surprendre. Il assume une forme de pureté. Entièrement tracé sur la piste et les zones de roulage, il déroule de larges boucles sans virage serré ni rupture de rythme. « On voit loin, on déroule, on garde l’allure », résume Anthony, qui vient du monde de la vente. Une phrase qui colle parfaitement à la réalité du terrain. Sur 5 bornes, une petite et une grande boucle s’enchaînent. Sur 10 kilomètres, un tour supplémentaire vient installer la régularité. Rien ne vient casser la mécanique. Pas d’abri, pas de relance piégeuse. Juste une ligne et ce qu’on est capable d’y mettre.

« Le parcours est tourné pour la perf’ ! »

Anthony Aleixandri, organisateur de la Tarmac Race

« Le parcours est tourné pour la perf’ ! », affirme-t-il sans détour. Mais avec une nuance immédiate. « Le jour où il n’y a pas de vent, c’est très propice à faire un record. Le jour où il y en a, ça devient compliqué ». Une vérité simple, presque brutale, qui replace le coureur face à lui-même. La course bascule ensuite dans une autre dimension. Semi-nocturne, pensée pour accompagner la lumière plutôt que la subir. « À cette période, courir en pleine journée devient compliqué », explique le pilier d’une organisation faite de seulement 5 personnes. 

Le soleil descend doucement sur le Vercors et l’Ardèche, les LED prennent le relais, et l’ambiance change sans rupture. Un DJ, un speaker, mais toujours cette volonté de ne pas tomber dans l’excès. « Je n’ai pas envie de partir dans tous les sens », confie-t-il. L’aéroport suffit déjà à créer quelque chose de fort.

| Bastien Augusto et Raphaël Montoya en guest en attendant Alessia Zarbo

Autour de la course, tout s’organise pour créer un vrai moment. Le village ouvrira dès 17h, avec food trucks, brasseur, glacier et espaces de rencontre. « On veut un avant et un après-course », insiste Anthony. Une manière de prolonger l’expérience, sans la surcharger. Mais derrière cette fluidité, la réalité reste exigeante. Organiser une course sur un aéroport relève du défi permanent. « C’est extrêmement complexe », reconnaît-il. Sécurité, préfecture, contraintes techniques. Et surtout, une règle qui ne se discute pas. « Si t’as un don d’organe ou un incendie, la course passe après ». Une phrase qui rappelle la nature du lieu.

Même sur la piste, tout reste sous contrôle. « Il faut qu’on soit capables de tout dégager en vingt minutes », explique-t-il. Une contrainte forte, mais intégrée dès le départ. Côté plateau, quelques noms viennent donner du relief, comme Bastien Augusto sur 10 km ou Raphaël Montoya sur 5 km, avec la possibilité de voir Alessia Zarbo s’ajouter au casting. Des profils choisis avec une certaine cohérence. « On voulait des athlètes cool », glisse Anthony, fidèle à l’esprit du projet.

Les partenaires s’inscrivent dans la même logique. Oakley en tête, accompagné de HOKA, Maurten, Specialized ou encore BMW. « On ne voulait pas prendre tout le monde », explique-t-il. « L’idée, c’était d’avoir des marques premium qui correspondent au projet ». Au fond, la Tarmac Race ne cherche pas à convaincre tout le monde. « Je ne suis pas sûr de devoir convaincre », lâche Anthony. Une approche presque à contre-courant. « Si les gens ont envie de venir, ils viendront ».

Le 13 juin, sur la piste de Valence-Chabeuil, personne ne décollera vraiment. Mais entre la lumière qui bascule, le bitume qui file droit et cette sensation étrange d’être à sa place dans un endroit qui ne l’est pas, certains pourraient bien repartir avec autre chose qu’un chrono. Une impression rare. Presque suspendue.

 Toutes les infos sur la Tarmac Race


Dorian VUILLET
Journaliste

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