Marathon de Paris 2026 : des bidons réutilisables pour les coureurs sous 2h50
Il y a quelques mois, on vous informait qu’ASO allait supprimer gobelets et bouteilles des ravitaillements du Schneider Electric Marathon de Paris 2026. La mesure avait fait beaucoup parler. Et à quelques semaines du départ, l’organisateur lâche un peu de lest, mais seulement pour les coureurs les plus rapides. Celles et ceux qui visent un chrono sous les 2h50 auront bien droit à des bidons pré-remplis d’eau, un système de ravitaillement habituellement réservé aux athlètes élites. Pour les autres, le nouveau système de ravitaillement avec des fontaines pour l’hydratation est maintenu.
On s’en souvient tous. À l’automne dernier, ASO avait annoncé une petite révolution dans le monde du marathon : fini les gobelets en carton, fini les bouteilles en plastique. Pour l’édition 2026 du Schneider Electric Marathon de Paris, prévue le 12 avril prochain, les coureurs devront se pointer au départ avec leur propre contenant d’hydratation (flasque souple, gobelet pliable, peu importe). Une première mondiale pour un événement de cette taille (55 000 finishers en 2024), et une mesure qui avait autant enthousiasmé les uns que crispé les autres. La communauté running avait réagi, parfois vivement. Et visiblement, ASO a écouté, du moins en partie. Ce mercredi 18 mars, l’organisation a annoncé une nouveauté : une extension du système de bidons élites, réservée aux coureurs visant un temps inférieur à 2h50.
| Une extension du système de bidons élites
Les athlètes élites, on le sait, ont depuis toujours leur propre protocole : ils préparent eux-mêmes leurs boissons sportives personnalisées, qui sont disposées par l’organisateur à des endroits précis du parcours avant la course. Un système rodé, efficace, pensé à 100% pour la performance. Au très haut niveau, chaque seconde compte et, à l’image d’un arrêt au stand en Formule 1, il est essentiel de perdre le moins de temps possible aux stations de ravitaillement. ASO va donc étendre ce principe à une catégorie de coureurs plus large : celles et ceux qui courent sous les 4’01 au kilomètre et qui s’élancent dans le sas préférentiel, entre 8h00 et 8h03.
L’an passé, ils étaient presque 700 à terminer sous les 2h50. Pas des masses, mais clairement le segment de coureurs pour qui chaque gorgée d’eau mal prise peut faire dérailler une course préparée pendant des mois. Pour eux, il est inconcevable de s’arrêter en plein effort quelques secondes pour remplir une gourde.
| Comment ça va fonctionner en pratique ?
Ces coureurs auront accès à des bidons pré-remplis d’eau fournis par l’organisation. Pas question de les glisser dans la poche et de continuer sa route : les bidons devront être obligatoirement déposés dans des zones de récupération dédiées, situées environ 150 mètres après chaque point de ravitaillement.
Et si quelqu’un oublie (volontairement ou pas) de rendre son bidon ? Le règlement est clair : risque de disqualification. ASO ne rigole pas sur ce point, et c’est plutôt logique. L’objectif est justement d’éviter que des bidons réutilisables se retrouvent dispersés le long du parcours comme des vulgaires gobelets au sol. On a tous en tête ces images de milliers de gobelets jonchant le sol après une course. Une fois ce groupe de tête passé, le dispositif bidons sera retiré. Les coureurs suivants basculeront sur le système initialement prévu pour tous : 13 points de ravitaillement avec rampes à eau, douchettes, et… votre propre contenant.

| Pourquoi cette décision fait sens
Soyons honnêtes : quand on vise un chrono ambitieux, sub2h50, on est clairement sur du sérieux. L’hydratation au ravitaillement, c’est un art. Ralentir, trouver une rampe libre, positionner sa flasque, attendre le débit… ça prend du temps. Des secondes qui comptent. Des secondes qui peuvent faire la différence sur un chrono serré. Et derrière c’est un effort supplémentaire pour retrouver son allure de croisière. Ces relances cassent le rythme et peuvent clairement impacter le chrono final.
Pour les coureurs du milieu et de l’arrière du peloton, le nouveau système de contenants personnels reste tout à fait gérable. On a le temps de se positionner, d’ajuster, de repartir tranquillement. Mais pour quelqu’un qui tourne à 3’55 au km et qui vise la perf de sa vie, le moindre grain de sable dans la mécanique peut être frustrant, voire catastrophique psychologiquement.
ASO l’a bien compris. Et c’est une décision pragmatique, même si elle peut sembler un peu en demi-teinte aux yeux de certains.
| Un compromis qui divise quand même
Sur les réseaux, la réaction ne s’est pas fait attendre. D’un côté, les coureurs sub-2h50 qui soufflent de soulagement. De l’autre, ceux qui courent en 3h, 3h30, 4h… et qui se demandent pourquoi eux n’auraient pas droit à la même facilité. La question est légitime, même si la logique de volume est imparable : gérer des bidons réutilisables pour 688 coureurs concentrés sur une fenêtre de 3 minutes, c’est faisable. Pour 55 000 personnes étalées sur des heures, c’est une toute autre affaire logistique.
Il faudra sans doute voir comment l’édition 2026 se passe dans les faits. Parce que le vrai test grandeur nature, c’est quand les 55 000 coureurs auront couru, que les bénévoles auront géré leurs rampes pendant des heures, et que les retours d’expérience auront remonté. C’est souvent là que les décisions de l’année suivante se prennent.

| La vision verte d’ASO reste intacte
Sur le fond, ASO ne lâche pas son ambition écologique. La suppression des gobelets jetables et des bouteilles plastiques reste bien au programme pour l’immense majorité des coureurs. L’organisation a d’ailleurs pris soin de tester le concept en conditions réelles au Marathon de Lyon en octobre 2025 et, plus récemment, au Semi-marathon de Paris. Les fontaines à bouton-poussoir, les rampes d’eau, les douchettes, tout ce dispositif est pensé pour fonctionner vite et bien.
Et en parallèle des ravitaillements, d’autres initiatives vertes s’inscrivent dans la même dynamique : les finishers auront la possibilité de renoncer au t-shirt souvenir en échange de la plantation d’un arbre. Pas grand-chose en soi, mais symboliquement fort.
| Ce qu’il faut retenir
Si vous visez un chrono sous les 2h50 le 12 avril : bonne nouvelle, vous aurez des bidons pré-remplis à disposition. Pensez bien à les déposer dans les zones dédiées (150 m après le ravito), sinon c’est la disqualification. Pas de mauvaise surprise. Si vous courez au-delà de ce seuil : le dispositif initial s’applique. Munissez-vous de votre contenant perso, entrainez-vous avec en amont, et anticipez les arrêts aux rampes. Ça se gère, vraiment, surtout si vous avez eu l’occasion de tester quelques sorties longues avec votre flasque.
Dans tous les cas, le Marathon de Paris 2026 s’annonce comme un événement charnière. Beaucoup d’autres organisateurs auront les yeux rivés sur la capitale pour voir si ce modèle tient la route. Et si ça marche bien, il y a fort à parier qu’on en reparlera dans d’autres grandes courses dans les années à venir. Rendez-vous le 12 avril à Paris. Et n’oubliez pas votre flasque.
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Clément LABORIEUX
Journaliste