Une backyard dans un stade d’athlétisme : le défi solidaire de Théo Gabeau pour les enfants malades
À peine remis de son premier projet, Théo Gabeau repart déjà au combat. Dans un stade d’athlétisme, il tentera de parcourir 160 km en boucle sur une piste, avec 3 000 euros en ligne de mire au profit de L’Envol, une association qui accompagne les enfants malades.
Le nom de Théo Gabeau commence à se faire connaître dans la banlieue amiénoise. Et pas dans le mauvais sens. Le 24 août 2025, ce jeune homme de 21, accomplissait un premier pari complètement fou : courir 24 heures au parc de La Hotoie, à Amiens. Un challenge relevé dans le but de récolter des fonds pour la lutte contre le cancer à travers son association, Foulées d’Espoir.
Moins d’un an après cette expérience sportive démentielle, l’étudiant en STAPS s’apprête déjà à repousser ses limites lors d’un nouveau défi audacieux. Cette fois, il ne sera pas question de durée, mais d’une distance impressionnante : 160 km. Et ce n’est pas tout. Il devra les parcourir sur une piste d’athlétisme de 400 m, dans un format backyard, c’est-à-dire en courant 6,7 km par heure, soit près de 17 tours de piste, pour un total de 24 boucles, soit 400 tours. « L’idée, c’était un peu de choquer, lance-t-il. Aujourd’hui, c’est presque à qui fera le défi le plus fou, même si ça met un peu de pression. »
Sa stratégie reste encore à affiner, mais ce qu’il sait, c’est qu’il effectuera sa boucle entre 45 et 48 minutes, en marchant 5-6 minutes et en conservant au moins 10 minutes de récupération. Rendez-vous les 29 et 30 mai pour vibrer avec lui sur la piste d’athlétisme du STAPS d’Amiens, ou sur les réseaux sociaux de son association Foulées d’Espoir.
| Un nouveau défi déjà dans les jambes ?
Cette nouvelle aventure sportive peut sembler précipitée. Huit mois seulement se sont écoulés depuis les 24 heures, et Théo est déjà sur le front, prêt à encaisser l’effort dans un mois. Pourtant, ce second défi de l’association Foulées d’Espoir, pensée comme un levier de solidarité et de visibilité pour soutenir d’autres structures, ne lui était pas destiné. « J’ai un petit peu coupé l’herbe sous le pied à mon collègue, mais il va avoir son moment cet été », sourit-il. S’il a finalement décidé de se lancer, c’est aussi pour une raison bien précise : participer à la backyard de l’influenceur Clément Deffrenne (@clemquicourt), prévue en novembre prochain. Pour attirer son attention et espérer décrocher une place, il a choisi de reprendre ce même format exigeant. Seulement pour Théo Gabeau, un défi n’en est pas un s’il n’a pas un caractère solidaire. « J’ai décidé de mettre une dimension caritative dedans, pour que j’y retrouve ce que j’ai l’habitude de faire et ce qui me plaît dans le sport », déclare-t-il.
| 3000 euros en ligne de mire
Au-delà de la performance sportive, il y a un objectif humain : récolter 3000 euros pour L’Envol, une association qui accompagne les enfants malades et leurs familles. Un choix qui n’a rien d’anodin : « C’est la première association que j’ai soutenue. Et je trouve que c’est une des causes les plus nobles. Ils font sourire des enfants qui ont toutes les raisons de ne pas le faire. À la base, quand j’ai eu ma toute première idée de projet, c’est exactement ce que j’avais envie de faire. Et eux le font déjà. Alors autant soutenir ceux qui font mieux que nous, en les mettant en avant, en levant des fonds et en leur rendant ce qu’ils méritent. »
Attention, le dispositif comporte une part de risque : s’il ne va pas au bout des 24 boucles, Théo ne récoltera pas l’intégralité des 3 000 euros. « S’il manque trois boucles, les entreprises concernées ne paieront que 67 % du montant total, en référence aux 6,7 km à parcourir par heure », précise-t-il. Même en cas d’échec prématuré, environ 2 000 euros seront tout de même reversés à L’Envol. C’est donc un vrai défi, qui pousse certaines entreprises à entrer dans une forme de pari. Elles choisissent parfois d’acheter des boucles plus chères, celles courues plus tard dans l’épreuve, en misant sur le fait qu’il n’ira peut-être pas au bout. « Il y a un petit côté défi, un petit côté jeu », résume-t-il. Place à la performance, mais avec moins de pression que sur les 24 heures. « Pour les entreprises, c’est un projet caritatif qui sort de l’ordinaire, avec un vrai côté fédérateur. Et le fait que chacune puisse avoir son moment, sa boucle, ça plaît. »
« L’idée, c’était un peu de choquer. Aujourd’hui, c’est presque à qui fera le défi le plus fou. »
Théo Gabeau, fondateur de Foulées d’Espoir
| Six semaines pour préparer la machine
Après l’aboutissement de son premier projet, Théo a complètement relâché la pression, et mis la course à pied de côté. Logique au vu de l’épreuve physique qu’il s’était imposée. Le manque d’envie et la fatigue ont eu raison de lui. « Je courais 5-6 km à tout casser dans la semaine. Pendant un gros mois, c’était très dur », se souvient-il. Il a toutefois maintenu une activité physique grâce à d’autres sports, notamment le football. Puis, lorsque l’envie est réapparue, il a voulu très vite refaire du volume, ce qui lui a valu plusieurs blessures. « Jusqu’à décembre, je crois que j’étais en-dessous des 50-60 kilomètres par semaine », poursuit-il.
Sa préparation a réellement débuté il y a treize semaines. Il tourne à 120-130 kilomètres par semaine. Un volume conséquent, qui l’oblige parfois à lever le pied. « La semaine dernière, j’ai atteint un pic de charge de 155 km avec une journée choc le vendredi : un marathon le matin en 3h30 et un soir le soir en 4h30. » Après trois semaines de volume, il a attaqué en début de semaine la phase d’affûtage avant le jour J. « Le corps a bien souffert entre de multiples douleurs et quelques alertes, mais grâce à mon kiné Kolya Dumont, on a su adapter mon entraînement en permanence pour éviter la rupture, maintenant il faut reposer la machine », conclut-il.
Même dans les moments difficiles, Théo Gabeau garde le cap grâce à sa motivation première : « Je ne le fais pas pour moi, mais pour une cause bien plus grande. » Il sera donc au départ de sa backyard les 29 et 30 mai. Un défi de plus, déjà hors norme. Et certainement pas le dernier. « Il faut toujours que ça sente le début, sinon les idées se perdent. »

Sabine LOEB
Journaliste