La Route du Louvre 2026 : le lièvre Anthony Kimtai renverse le Marathon © La Route du Louvre

La Route du Louvre 2026 : le lièvre Anthony Kimtai renverse le marathon

Marathon10 km5 km
10/05/2026 15:59

Un meneur d’allure qui finit par gagner le marathon, une Bahreïnienne courageuse malgré une douleur au tendon d’Achille, des jeunes qui déboulent déjà sous les 16 minutes sur 5 km et plus de 15 000 coureurs lâchés entre terrils et musée. La Route du Louvre a encore mélangé très haut niveau, ambiance populaire et images qu’on ne voit nulle part ailleurs. À Lens, certains ont levé les bras après 42 kilomètres. Quelques minutes plus tard, les voilà devant des tableaux, médaille autour du cou et jambes encore tremblantes.


La Route du Louvre reste une course à part dans le paysage français. Pour cette 21ème édition, plus de 15 000 participants toutes épreuves confondues ont pris le départ entre Seclin et Lens, pour une arrivée emblématique dans les jardins du Louvre-Lens. Le marathon principal, labellisé FFA Argent, conservait son format « ville à ville » sur 42,195 km, traversant zones urbaines, routes ouvertes du bassin minier et plusieurs sites classés UNESCO avant le final au musée. Un tracé réputé roulant sur la première moitié, mais qui devient nettement plus coriace après le 30ème kilomètre, enchaînant faux plats et relances jusqu’à l’arrivée.

Et ce dimanche, il devait simplement emmener les autres vers un gros chrono. Finalement, il est allé chercher la victoire lui-même. Voilà le genre d’histoire qui colle parfaitement à la Route du Louvre. Et au milieu de cette ambiance toujours un peu improbable, Anthony Kimtai a offert le scénario du week-end. Le Kényan n’était même pas censé jouer la gagne.

| Anthony Kimtai, du rôle de meneur d’allure à celui de vainqueur

Pendant une bonne partie du marathon, Kimtai a fait ce qu’on lui demandait. Régulier, fluide, relâché, le Kényan de 27 ans emmenait le groupe de tête sur des bases très élevées. Les organisateurs rêvaient de voir tomber les records établis en 2023 par son compatriote kényan Fredrick Kibii en 2h08’05 chez les hommes et par l’Ougandaise Rael Kinyara en 2h28’48 chez les femmes.

Le vent favorable dans le dos aidait clairement les athlètes sur les longues portions exposées. Les jambes répondaient aussi. Puis, progressivement, le groupe s’est réduit. Certains favoris ont commencé à grimacer. Pas lui. À une douzaine de kilomètres de l’arrivée, Jean-Pierre Watelle lui lance alors une phrase qui a changé toute la course. « Tu peux finir si tu veux. » Anthony Kimtai sourit et repart.

Pas une accélération brutale. Plutôt une façon très kényane de glisser un cran au-dessus des autres. Une foulée longue, économique, presque silencieuse. Derrière, l’Éthiopien Girma Dereje tente de s’accrocher. Le Kényan Festus Kipkemoi reste encore dans le match. Mais la dynamique a changé. Le meneur d’allure vient de devenir patron du marathon.

Sous les derniers faux plats menant vers le Louvre-Lens, Anthony Kimtai serre les dents, garde quelques secondes d’avance et file chercher sa première victoire majeure en 2h09’31. Derrière lui, l’Éthiopien Dereje termine en 2h09’56, tandis que Kipkemoi complète le podium en 2h11’02. Une scène presque irréelle quand on repense à son rôle de départ.

| Une densité africaine impressionnante sur le marathon

Le classement masculin avait clairement des allures de course internationale de très haut niveau. Derrière le trio de tête, le Kényan Elijah Kibet Saurey prend la quatrième place en 2h11’14 devant l’Éthiopien Daniel Tola Boke en 2h11’25. Joel Kipsang Kositany, autre Kényan expérimenté du plateau, boucle son marathon en 2h12’19.

Le top 10 regorgeait de références venues du Kenya et d’Éthiopie, avec également l’Éthiopien Workeye Takele, les Kényans Samuel Limo Naibei, Dominic Kiptarus ou Vincent Kipyegon Ronoh. Derrière cette armada africaine, le premier Français, Thomas Deleu, termine 14e en 2h26’19 sous les couleurs de l’Athlé Halluin-Val-de-Lys. Une performance solide sur un parcours qui reste plus exigeant qu’il n’en a l’air malgré son profil globalement roulant.

| Roselidah Jepketer solide malgré une douleur au tendon

Chez les femmes, la Bahreïnienne Roselidah Jepketer faisait figure de favorite. Et malgré une gêne persistante au tendon d’Achille gauche, elle a parfaitement tenu son rang. Les organisateurs espéraient un chrono autour des 2h28. La victoire sera finalement acquise en 2h30’48, un temps loin d’être anodin compte tenu de la douleur évoquée après l’arrivée.

Derrière elle, l’écart parle presque à lui seul. La Kényane Rose Cherop prend la deuxième place en 2h56’17, tandis que la Française Alice Duytsche monte sur le podium en 2h59’22 sous les couleurs du CG Haubourdin. Plus loin, la Polonaise Aleksandra Kacprzak termine quatrième en 3h12’09.

| Le 10 km a envoyé du rythme

Le 10 km a aussi offert une belle bataille, notamment chez les hommes. Antoine Viertaix, licencié à la Caisse d’Épargne Hauts-de-France, s’impose en 30’32 après un mano a mano serré avec Valentin Ornon, deuxième onze secondes plus tard. Thibaut Wajda complète le podium en 32’40. Chez les femmes, Eloïse Evain a largement dominé la course. La Française de l’Amicale du Val de Somme coupe la ligne en 37’18 avec une belle maîtrise. Anne-Sophie Demagny (39’23) et Mathilde Guéant (41’34) accrochent également le top 3.

| Une jeunesse qui pousse fort sur le 5 km

Le 5 km ressemblait presque à une course génération montante. Chez les hommes, Antonin Delehaye s’impose en 15’30 devant Félix Pouilly (15’39) et le jeune Antoine Mito, né en 2007 et chronométré en 15’48. Encore plus marquant, plusieurs adolescents terminent dans le top 10. Baptiste Wailly, Damien Dembski, Noa Opigez ou Léo Duquenne montrent à quel point les courses courtes attirent désormais une nouvelle génération très rapide.

Même constat chez les femmes avec la victoire de Maëlle Balaine en 17’05. Derrière elle, Azura Sonneville, née en 2009, impressionne déjà avec une deuxième place en 18’35. Et dans le top 10, Capucyne Terby, née en 2012, s’offre une performance remarquée avant même l’entrée au lycée. Le genre de détail qui raconte aussi l’évolution actuelle du running français. Les formats rapides attirent de plus en plus de jeunes profils venus de l’athlé.

| Revivez en direct l’édition 2026 de La Route du Louvre

Les résultats de la Route du Louvre 2026


Dorian VUILLET
Journaliste

Dernières news
Le 10 km GSC Run Set et Match, course iconique au stade Roland-Garros à Paris, tiendra sa deuxième édition le 5 juillet 2026.
17/05/2026 GSC Run Set & Match : une deuxième édition à Roland-Garros le 5 juillet
Equipement
GSC Run Set & Match : une deuxième édition à Roland-Garros le 5 juillet
Championnats de France de 100 km : Jason Pointeau et Camille Chaigneau en patrons
14/05/2026 Championnats de France des 100 km : Jason Pointeau et Camille Chaigneau en patrons
Equipement
Championnats de France des 100 km : Jason Pointeau et Camille Chaigneau en patrons
13/05/2026 Quand les protéines végétales s’invitent dans l’assiette des runners avec Barilla PROTEIN+
10 km+1
Quand les protéines végétales s’invitent dans l’assiette des runners avec Barilla PROTEIN+
Voir plus
Inscrivez-vous
à notre newsletter
Ne manquez rien de l’actualité running en vous inscrivant à notre newsletter !