Les 10 km du Neuf : une 21e édition festive avec 3000 participants
Au cœur du 9e arrondissement de Paris, plus de 3000 personnes se sont rassemblées pour l’événement Lions Paris 9 Run. Au fil des trois épreuves, les coureurs se sont succédé dans une ambiance festive… et électrique.
Ce dimanche 31 mai, le coup de pistolet du 10 km du Neuf a été donné avec une quinzaine de minutes de retard. Le peloton des 2 500 participants s’est étendu pendant près de cinq minutes, avant de laisser place aux amateurs de vitesse. Rapidement, les premiers finishers du 5 km ont franchi la ligne d’arrivée, située exactement au même endroit que le départ, boulevard Haussmann, à l’angle de la rue Le Peletier. Puis, les vainqueurs du 10 km ont suivi. Et la tension est légèrement montée.
« On était trois en tête et on s’est retrouvés perdus », lâche Rachid Khemissi, double tenant du titre, désorienté à l’arrivée. « C’est un peu frustrant parce que j’ai 9,2 km à la montre », ajoute Lorea Irigaray, victorieuse de la course. Quelques cafouillages au niveau du parcours ont entaché la réputation de cette course emblématique du 9e arrondissement. Mais pas au point de gâcher la fête, notamment celle des enfants, qui ont adoré parcourir 1,5 km sous les précieux encouragements de leurs parents.
| Une organisation faillible… mais humaine
Coureur et acteur de l’organisation, Adrien Roult s’est profondément excusé pour les couacs de la matinée. « Si je viens pour faire un 10 km, ce n’est pas pour en faire 9 », a-t-il déclaré à l’issue de l’épreuve.
Mais voilà, parfois tout ne se passe pas comme prévu. Il a eu beau effectuer cinq fois le parcours avant le coup de feu, à moto, à vélo, à contresens, vérifier que toutes les barrières étaient bien installées et que les routes étaient fermées à la circulation, il a suffi qu’un signaleur déplace une barrière au 6e kilomètre pour fausser complètement le podium. Heureusement, l’erreur a été corrigée très vite et n’a concerné que les trois premiers hommes de tête. « Je me suis arrêté six fois, regrette Rachid, un Chartrain fidèle à ce rendez-vous parisien. Et après j’ai continué comme je pouvais. »
Conscient de la déception engendrée, notamment chez les élites pour la première fois accueillies dans un sas préférentiel, Adrien a renouvelé ses excuses auprès des coureurs concernés. « Il faut accepter qu’il y a des moments où l’on ne peut pas tout maîtriser, ajoute-t-il. Mais la frustration est très grande et, pour certains coureurs, je suis dégoûté. »
Un autre petit loupé a contrarié certains finishers. Rue de Clichy, une erreur d’aiguillage a probablement entraîné un léger raccourcissement du parcours. Mais peut-on en vouloir aux bénévoles ? Ces âmes charitables qui donnent de leur temps sans compter, « surtout depuis Paris 2024, qui a ouvert d’autres perspectives », insiste Babette Valenca-Calderero, missionnée à la remise des médailles. Des bénévoles qui, pour certains, n’hésitent pas à se désister : près de 100 no-show ont ainsi été recensées ce dimanche.
| Une matinée aux couleurs du PSG
Dès 9h, difficile de savoir où donner de la tête : des maillots du PSG partout. Les supporters du club parisien, champion d’Europe pour la deuxième fois consécutive samedi soir, n’ont pas démérité en s’alignant sur les différentes épreuves.
« Ça a piqué au réveil, s’exclame Philippe, venu avec six partenaires d’Eightlines, un run club parisien. On s’est couchés entre 3 et 4 heures, on a bien fêté ! » Tous semblaient lessivés par l’effort fourni, pourtant sans enjeu. Deux d’entre eux, finishers du marathon de Copenhague, s’apprêtent déjà à repousser leurs limites ce dimanche sur l’adidas 10K Paris. En attendant, place au repos pour ces fans de football, qui arboraient fièrement les couleurs de leur club de coeur ce matin.
| Un aspect solidaire remarquable
« Tous les bénéfices de l’événement seront reversés aux enfants en situation de handicap. Aujourd’hui, vous courez 5 ou 10 km, mais pour eux, c’est énorme », a rappelé la marraine de la 21e édition de la Lions Paris 9 Run, Aïda Touihri, journaliste et exploratrice. La manifestation sportive et citoyenne soutient l’éducation inclusive via le fonds Helen Keller, du nom de la pionnière des droits des personnes handicapées, atteinte de surdité et de cécité.
Parmi les participants, huit jeunes de l’association Habitats Jeunes Belfort se sont élancés. « Ils ont créé le projet de A à Z, explique Karima, animatrice. On est venus pour le week-end. On a fait des visites culturelles et on a participé à cet événement sportif. Chacun a un objectif différent. Ils ont préparé la course et visent certains temps. » L’une des jeunes, engagée sur les 1,5 km des Foulées des Familles, confie : « À la base, je ne suis pas sportive, mais ça fait vivre une vraie expérience ! »
| Une course avant tout conviviale
Finalement, ce n’est pas vraiment la performance qui compte. D’ailleurs pour le premier du 5 km, Loïs Rabergeau, cela a été avant tout une découverte. « Je n’avais jamais fait de 5 km, donc c’était cool de gagner pour une première, raconte le pistard, au record en 1’55 sur 800 m. Je reviendrai, mais la prochaine fois j’en referai un où je m’entraîne vraiment, parce que les deux pintes et le kebab de la veille, je les ai sentis ce matin ». La première féminine, Sidonie Pellet, est elle aussi athlète. Mais bien plus jeune, puisqu’elle évolue au club de La Salésienne en tant que minime sur 1000 m.
Même chez les élites, la frustration a laissé place à la célébration. Un podium, ça ne se refuse pas, surtout avec un bouquet de fleurs, un cadre du parcours et une médaille (identique pour tous les finishers, le monument apparaissant dessus changeant chaque année). « Je suis en prépa marathon, donc ça faisait longtemps que je n’avais pas couru vite, raconte Margaux Hemono, des étoiles dans les yeux. Je suis contente de faire ma course préférée et que ça se termine comme ça. »
Marie-Louise Monamy, habituée de l’épreuve, n’en est pas moins ravie : « Je me suis beaucoup plus amusée que l’année dernière, beaucoup moins de côtes au ressenti, un parcours un peu plus court, mais on fera avec, et très contente d’être là. » Lorea Irigaray a, elle aussi, pris plaisir à sillonner les rues de son quartier : « J’habite dans le 9e, on passait vraiment près de chez moi ! C’était une course que j’avais envie de faire, sur laquelle je voulais m’amuser ». Elle a été accompagnée par le fondateur de la plateforme PaceMe, Pierre Monnet, qui permet à chaque coureur d’être accompagné le jour de la course.
Les joueurs du PSG ne sont pas les seuls à avoir été célébrés ce dimanche matin. Les mères aussi, en cette journée qui leur était dédiée. Une météo clémente, sans chaleur excessive ni averses, a parachevé ce bel événement.

Sabine LOEB
Journaliste