Le centre commercial Westfield Carré Sénart a vu ses alentours fourmiller de monde ce vendredi 1er mai. Pas pour du shopping, mais pour du running. Du 30 avril au 1er mai, place aux traditionnels Runs de Sénart. Près de 6 000 participants ont pris le départ cette année de l’une des trois épreuves au programme. © Kenzo Mabeno

Les Runs de Sénart : Du muguet pour l’édition record du 1er mai

10 km
01/05/2026 18:42

Le centre commercial Westfield Carré Sénart a vu ses alentours fourmiller de monde ce vendredi 1er mai. Pas pour du shopping, mais pour du running. Du 30 avril au 1er mai, place aux traditionnels Runs de Sénart. Près de 6000 participants ont pris le départ cette année de l’une des trois épreuves au programme.


« C’est un nombre record, avec environ 1000 participants supplémentaires par rapport à l’année dernière, précise le directeur des sports de l’agglomération Grand Paris Sud, Johan Scieur. Sur le 10 km, c’est la première année où on atteint 2 500, tandis que le 23 km progresse doucement chaque année. Le 5 km, lui, a rassemblé près de 2000 participants hier, ce qui est aussi une nouveauté. »

Le 5 km nocturne a d’abord lancé les festivités le jeudi à 21h30. Une grande fête qui a rassemblé des amateurs de course et de marche, mais surtout des familles, des amis, des amoureux, bref tout un public venus profiter d’une soirée d’anthologie. De l’échauffement assuré par On Air Fitness Corbeil-Essonnes aux différentes animations (danseuses de cancan, spectacles lumineux, concerts, grandes installations gonflables aux formes d’animaux) jusqu’à une arrivée haute en couleurs, tout était réuni.

Puis, le vendredi matin, place aux adeptes des plus longues distances. À 9h15, les 2500 coureurs du 10 km se sont élancés, suivis à 9h30 des participants du 23 km nature. Entre l’Essonne et la Seine-et-Marne, les Runs de Sénart ont une nouvelle fois fait vibrer les habitants du territoire de Grand Paris Sud.

© Kenzo Mabeno

| La fête du 1er mai

Que serait une course un 1er mai sans son traditionnel brin de muguet ? L’agglomération Grand Paris Sud, aux manettes de l’événement, en a bien conscience. Chaque finisher reçoit ainsi quelques clochettes blanches en ce jour férié où l’on célèbre le bonheur, ainsi qu’un produit issu de l’agriculture locale.

« Il y a une vraie histoire du running sur le territoire », insiste le directeur des sports. Cela se ressent dans cet événement bien ficelé, où tout s’enchaîne naturellement. « On a la chance ici, au Carré Sénart, d’avoir un site facile d’accès, avec de grandes avenues et des espaces adaptés pour installer le village. On essaie d’optimiser tout cela pour offrir la meilleure expérience coureur possible, et je crois que ça fonctionne. »

Cette année, tous les ingrédients étaient réunis pour offrir une matinée rêvée aux coureurs comme aux supporters massés sur les bords du parcours, et surtout à l’arrivée. Le soleil était au rendez-vous, illuminant certaines portions du tracé, tandis que l’Allée de la Citoyenneté, lieu du départ et de l’arrivée, restait partiellement ombragée sous les arbres. Le DJ a animé le village de course, composé des espaces partenaires, d’un mur affichant les 6 000 noms inscrits, mais aussi de réflexologues prêts à relâcher les tensions des finishers après l’effort. Et les encouragements n’ont pas faibli. Des plus petits aux plus grands, tous ont apporté une énergie communicative.

Certaines scènes ont marqué : trois jeunes filles portant des t-shirts à l’effigie de leurs grands-parents avec inscrit « Fuck le cancer mamie et papi », des proches lançant un sprint pour accompagner les coureurs dans les derniers mètres, l’arrivée des joëlettes, ou encore des enfants agrippant la main de leurs parents dans la dernière ligne droite. Certains spectateurs avaient anticipé l’attente, debout sur des chaises pliantes, comme Joy, la fille de 3 ans de Manon, venue soutenir son compagnon.

| En terre connue

De l’Essonne comme de la Seine-et-Marne, les participants ont profité d’une course organisée près de chez eux pour prendre le départ. Pour certains habitués, leur présence continue de faire la différence. Yoahn Tchicaya, vainqueur du 10 km, n’a pas eu à parcourir beaucoup de kilomètres pour s’offrir une deuxième victoire consécutive sur les routes du Grand Paris Sud. En 31’15, le coureur de Moissy-Cramayel a franchi la ligne d’arrivée en solitaire, bras levés, dans une célébration proche du salut militaire. Licencié à Athlé 91, il confie : « Je suis à domicile ici, je fais mes sorties juste à côté. » Un peu déçu de ne pas avoir pu améliorer son record personnel, faute de concurrence directe, il se projette déjà vers l’édition suivante et un possible triplé.

La course pourrait toutefois être plus disputée si Hugo Wattebled, vainqueur du 23 km en 1h24’30 et nouveau recordman de l’épreuve (ancien record : 1h29), décide de s’aligner sur le 10 km en 2027. « Je fais du 5 000 au 10 000 m, donc je savais que je pouvais jouer le podium sur 10 km, mais je voulais surtout me faire plaisir sur une distance plus longue », explique-t-il Lui aussi n’a pas eu à venir de loin : « J’ai ma belle-famille à côté, vers Cesson, donc ça me tenait à cœur de courir ici, pas très loin de chez moi non plus », précise le coureur de Yerres, licencié à l’ES Montgeron.

Parmi les habitués de l’événement, on retrouve également Sandrine Bideau, ancienne cycliste de haut niveau, membre de l’équipe St Michel Auber 93. Résidente de Saint-Germain-lès-Corbeil, elle a de nouveau pris le départ du 10 km : « C’est à côté de la maison, ça ne prend pas trop de temps, contrairement à Paris et aux transports ». D’autres figures du sport français étaient également présentes, comme Dominique Chauvelier, quadruple champion de France du marathon, qui ne s’est pas contenté de participer puisqu’il remporte sa catégorie Master 7 en 42’46. Il a ainsi été appelé à monter sur la première marche du podium, chaque vainqueur de catégorie étant récompensé.

| Un tracé qui séduit par sa rapidité

« On a fait pas mal de 10 km, et celui-là est vraiment très plat », soulignent deux représentants du club de Sainte-Geneviève Sports, Marco Alvès (37’06) et Evan Cayette (34’57), tous deux auteurs de leur record personnel. Le tracé du 10 km fait largement partie des arguments des coureurs. La gagnante du 23 km en 1h46’52, Cristina Faria, partage ce constat : « Il y avait de belles lignes droites ! », même si le format « course nature ». Le 10 km confirme en tout cas son profil rapide. Venue spécialement de Saint-Germain-en-Laye, Emilie Larue-Serres boucle la distance en 39’17 : « Je cherchais un 10 km roulant pour performer, et on a trouvé un événement vraiment superbe », explique-t-elle. Seule nuance relevée par les coureurs : un passage d’environ un kilomètre sur tartan, en forêt, « un peu plus glissant, où il faut être solide sur ses appuis », sourit Yoahn Tchicaya.

Les résultats de l’édition 2026 des Runs de Sénart


Sabine LOEB
Journaliste

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