Marathon de Londres 2026 : les chiffres clés du plus grand marathon du monde
Le Marathon de Londres a toujours occupé une place à part dans le monde du running. Une course mythique, pilier des World Marathon Majors, capable de réunir dans une même journée les meilleurs marathoniens de la planète, des dizaines de milliers d’amateurs, des coureurs déguisés, des athlètes handisport et aussi une immense vague de runners solidaires venus courir pour une cause qui leur tient à cœur. À Londres, le marathon dépasse largement le cadre du sport. C’est une fête populaire géante, une journée où toute la ville semble vivre au rythme des 42,195 km. Et cette 46e édition a probablement marqué un tournant dans son histoire. Londres est redevenu le plus grand marathon du monde avec 59 830 finishers, a battu de nouveaux records de collecte pour des associations… mais surtout, la course a fait basculer la discipline dans une autre dimension avec deux hommes sous les deux heures pour la première fois de l’histoire et un nouveau record du monde féminin signé Tigst Assefa. Oui, le Marathon de Londres 2026 restera comme une édition historique.
| 1h59’30 : le chrono qu’on attendait tous de voir un jour
C’est désormais officiel : Sabastian Sawe est le premier homme de l’histoire à courir un marathon officiel sous les deux heures. Une performance vertigineuse réalisée à Londres dans des conditions idéales. Le Kényan pulvérise le précédent record du monde de Kelvin Kiptum (2h00’35) avec un chrono de 1h59’30. Ça représente une allure moyenne de… 2’50/km pendant 42,195 km. Une vitesse surhumaine quand on réalise qu’il s’agit de tenir ce rythme pendant deux heures… Le plus impressionnant ? Sawe n’a jamais semblé en souffrance. Plus la course avançait, plus il donnait l’impression d’accélérer. Pour son 4e marathon, il a littéralement dominé la distance reine.

| 59’01 : un deuxième semi complètement fou
C’est souvent la clé des très grands marathons : courir plus vite la deuxième moitié que la première. Le fameux negative split. Mais ce qu’a réalisé Sawe dépasse l’imaginable. Passé au semi-marathon en 1h00’29, il boucle la deuxième moitié de course en 59’01. Un negative split monstrueux sur marathon. Et pas sur n’importe quel marathon : Londres reste un parcours exigeant avec plusieurs relances et quelques virages. Surtout, la première partie offre de nombreuses portions descendantes, ce qui la rend plus roulante que la deuxième moitié. Sawe a parfaitement exécuté son plan. Patient dans la première moitié, toujours bien placé, puis chirurgical au moment d’accélérer. Une démonstration de maîtrise.
| 27’36 entre le km 30 et le km 40
C’est probablement là que la course a basculé. Entre le 30e et le 40e kilomètre, Sabastian Sawe a couru un 10 km en 27’36. Oui, sur la portion la plus difficile d’un marathon, là où normalement les jambes commencent à vasciller. Sur cette portion il court en moyenne à 2’46/km. Hallucinant. À ce moment-là, Yomif Kejelcha était encore dans sa roue, Jacob Kiplimo avait légèrement décroché. Encore plus fou : Sawe a terminé les derniers 2,195 km à une moyenne proche de 2’40/km. Porté par l’adrénaline, le soutien de la foule et son rêve ultime qui l’attendait à l’arrivée.
| 1h59’41 : le premier marathon de Yomif Kejelcha
L’histoire aurait déjà été immense avec un seul homme sous les deux heures. Mais voir Yomif Kejelcha franchir lui aussi cette barrière pour son tout premier marathon est presque encore plus impressionnant. Oui, l’Éthiopien termine 11 secondes derrière, en 1h59’41, mais pour sa première apparition sur la distance reine, c’est stratosphérique. Après avoir suivi Sawe pendant quasiment toute la course, l’ancien spécialiste de la piste, et ancien recordman du monde du semi-marathon, réussit des débuts complètement hors normes sur la distance reine. Et il y a même un détail complètement fou : il devient le seul marathonien de l’histoire à n’avoir encore jamais couru un marathon au-dessus des deux heures. Classe.
| 3 hommes sous l’ancien record du monde
Comme si cela ne suffisait pas, Jacob Kiplimo complète le podium en 2h00’28. Lui aussi passe sous l’ancien record du monde de Kelvin Kiptum. On a donc trois hommes qui ont couru plus vite que l’ancien record du monde le même jour. C’est historique. Le phénomène ougandais confirme ainsi son adaptation exceptionnelle au marathon après son titre mondial de cross-country il y a quelques mois et sa victoire à Chicago en 2025. Lui aussi a parfaitement maîtrisé la distance avec un negative split après un passage au semi en 1h00’29.
| 2h15’41 : Tigst Assefa améliore encore le record du monde
Chez les femmes aussi, Londres a offert un spectacle historique. Tigst Assefa remporte la course en 2h15’41 et améliore de neuf secondes son propre record du monde dans une course exclusivement féminine. Sans pacers masculins ni densité masculine autour des leaders, tenir une allure aussi élevée devient beaucoup plus difficile mentalement. Longtemps au coude-à-coude avec Hellen Obiri et Joyciline Jepkosgei, Assefa a finalement fait parler sa vitesse dans les derniers kilomètres pour s’imposer. Résultat : trois femmes sous les 2h16 pour la première fois de l’histoire sur un même marathon.

| 59 830 finishers : Londres redevient le plus grand marathon du monde
Le Marathon de Londres 2026 n’a pas seulement marqué l’histoire chez les élites. Il est aussi devenu officiellement le plus grand marathon du monde. 59 830 coureurs ont franchi la ligne d’arrivée sur The Mall. Un nouveau record du monde de finishers qui permet à Londres de reprendre la couronne à New York (59 226 finishers en 2025). Au départ, ils étaient 60 512, le taux d’abandon est donc assez faible (1,13%). Ce qui fait aussi la magie de Londres, c’est cette dimension populaire et caritative unique. Ici, des milliers de coureurs participent pour défendre une cause, courir pour une association ou réaliser un rêve personnel au milieu d’une ambiance complètement folle.
| 1,1 million de demandes de dossards
Comme partout, l’engouement devient totalement démesuré dans le running. Pour cette édition 2026, le Marathon de Londres a enregistré plus de 1,1 million de candidatures pour obtenir un dossard. Presque le double d’il y a seulement deux ans. Pour répondre à la demande, l’organisateur de l’événement négocie actuellement avec les parties prenantes pour créer un marathon sur deux jours en 2027, avec deux éditions, une le samedi et une autre le dimanche.
| 32% d’internationaux
Le Marathon de Londres attire le monde entier. 32% des finishers venaient de l’étranger. Après les Britanniques (40 485 finishers), les nationalités les plus représentées étaient : États-Unis (4 547 finishers), Irlande (1 287), France (903), Italie (868).
| 44% de femmes dans le peloton
La féminisation du marathon continue de progresser. 44% des participants étaient des femmes, un chiffre similaire à celui de l’an dernier et qui confirme l’évolution majeure du running mondial. Londres reste l’un des marathons les plus inclusifs de la planète.
| 1 900 athlètes en situation de handicap
Cette édition 2026 était également la plus inclusive de l’histoire du marathon londonien. Plus de 1 900 participants en situation de handicap étaient inscrits au départ. Une démonstration supplémentaire que le marathon dépasse largement le simple cadre de la performance et de l’image élitiste.
| 88 ans, l’âge du doyen de la course
Harry Newton est un habitué du Marathon de Londres. C’était sa 22e fois sur le parcours londonien. Il prouve que l’activité physique n’a pas d’âge et que la course à pied est un excellent moyen de garder la santé. 70 ans le séparent des plus jeunes de la course, Molly Bull-Diamond et Khadija Khalfaoui, qui n’ont pas attendu longtemps avant de s’attaquer au marathon. Un bel accomplissement pour elles, qui veulent déjà s’attaquer à de plus longues distances encore.

| 800 000 spectateurs dans les rues
L’ambiance londonienne reste unique. Près de 800 000 spectateurs étaient massés le long du parcours pour encourager les coureurs du premier au dernier. Entre Greenwich, Tower Bridge, Canary Wharf, Big Ben et The Mall, la ville entière a vibré au rythme du marathon. Un moment inoubliable pour les 59 830 finishers.
| 4h36’16 : le temps moyen pour finir le marathon
Le chrono moyen des finishers cette année est de 4h36’16 : Hommes : 4h19’48, Femmes : 4h57’26. Des temps légèrement plus rapides que l’an dernier grâce notamment à des conditions météo idéales et aussi tout simplement parce que les coureurs sont de mieux en mieux entraînés.
| 5,57% des finishers sous les 3 heures
Courir sous les 3 heures reste un immense objectif pour beaucoup de runners. À Londres 2026, 5,57% des finishers ont réussi cet exploit. Bravo à eux !
| 90 millions £ récoltées pour des associations
Le Marathon de Londres reste l’événement caritatif le plus important du running. Les coureurs solidaires ont permis de récolter plus de 90 millions de livres sterling pour des associations. Un nouveau record. C’est aussi ce qui rend Londres si particulier : ici, les belles histoires se comptent par milliers.

| 38 records Guinness battus
Enfin, Londres reste aussi le royaume des déguisements et des records improbables. 38 records Guinness ont été battus pendant cette édition 2026. Des marathons déguisés en créatures mythologiques, en hélicoptères, en parties du corps humain ou encore en trains… Parce qu’au fond, Londres reste ce marathon où tout semble possible. Tous les records sont à retrouver sur Guinness World Records.
On se souviendra longtemps de la 46e édition du Marathon de Londres. Une course où tout semblait irréel : deux hommes sous les deux heures, un nouveau record du monde féminin, près de 60 000 finishers et une ville entière transformée en immense célébration du running. Londres a rappelé pourquoi ce marathon occupe une place si spéciale dans le cœur des coureurs : ici, les performances historiques des élites côtoient les histoires touchantes de milliers d’amateurs, les records du monde croisent les défis personnels, et chaque foulée semble porter quelque chose de plus grand qu’un simple chrono.
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Clément LABORIEUX
Journaliste