Test complet de la Nike Pegasus 42 après 100 km : confort, performance, poids, durabilité et comparaison avec la concurrence. © MARATHONS

Nike Pegasus 42 : test et avis après 100 km

ÉquipementChaussures
19/07/2026 11:08

La Pegasus est certainement la chaussure de running la plus connue au monde. Vieille de 44 ans, elle est la franchise la plus emblématique chez Nike. Autrement dit, elle en a vu passer, des coureurs. Mais ces dernières années, la marque américaine a perdu du terrain et la franchise a un peu sombré face à une concurrence de plus en plus féroce. Alors, cette Pegasus 42 est-elle à la hauteur de sa légende et, surtout, de la concurrence ? Notre avis est un peu mitigé. La chaussure fait le job pour les footings mais, malgré quelques innovations excitantes sur le papier (une nouvelle unité Air Zoom), on n’a pas été très convaincus. La chaussure ne donne pas une impression de dynamisme et la mousse n’apporte pas vraiment de retour d’énergie. C’est peut-être ça, finalement, l’ADN de la Pegasus : une chaussure qui fait le job, qui fait travailler le pied. Mais ne lui en demandez pas plus.


| Les nouveautés de la Pegasus 42

Unité Air Zoom sur toute la longueur : Bye bye les deux unités Air Zoom du talon et de l’avant-pied. Place désormais à une seule unité Air Zoom incurvée sur toute la longueur, qui agit (presque) comme une plaque ?

La mousse ReactX : le matériau reste le même (TPE/EVA) mais la marque promet 15 % de dynamisme en plus. Spoiler : on n’a pas vraiment senti la différence.

Une géométrie modifiée : la Pegasus 42 propose un rocker un peu plus prononcé sous les orteils et Nike a ajouté 3 mm d’amorti supplémentaire sous l’avant-pied, sans augmenter la hauteur de semelle globale ailleurs. On est toujours sur 37 mm sous le talon avec un drop de 10 mm.

Largeur : la chaussure est un peu plus large à l’avant-pied, même si elle reste assez étroite, fidèle aux standards de la marque américaine. Il existe cependant une version large (wide).

Confort : point fort de la chaussure, le mesh technique nouvelle génération apporte plus de confort tout en maintenant une bonne aération du pied pendant l’effort.

Semelle extérieure : un peu de changement également sous la chaussure, avec un matériau en caoutchouc moins massif et un peu mieux réparti, pour plus de protection et de durabilité.

Fiche technique – NIKE PEGASUS 42

  • Catégorie : daily trainer
  • Usage : footings faciles à modérés, jusqu’au semi-marathon
  • Mousse : ReactX (TPE/EVA)
  • Unité Air Zoom incurvée sur toute la longueur
  • Semelle extérieure en caoutchouc waffle
  • Mesh technique nouvelle génération
  • Surface : route
  • Niveau : tout public
  • Poids : 300 g (homme)
  • Hauteur semelle : 37 mm (talon) / 27 mm (avant-pied)
  • Drop : 10 mm
  • Prix : 140 €
  • Modèles similaires : Asics Novablast 6, Puma Velocity 4

| Conditions du testing

Clément : Coureur expérimenté actuellement en off-season, quelques séances de seuil par-ci, un peu de vitesse par-là mais surtout pas mal de footings faciles. J’ai parcouru près de 150 kilomètres avec la Nike Pegasus 42, principalement sur route. Je l’ai utilisé surtout sur mes sorties en endurance fondamentale et sur mes séances de côtes, avec un peu de seuil également pour voir comment la chaussure répondait sur des intervalles plus longs.

Test complet de la Nike Pegasus 42 après 100 km : confort, performance, poids, durabilité et comparaison avec la concurrence.
© Marathons

| Fit et confort

Dès qu’on l’enfile, la sensation de confort est bien là. Le mesh nouvelle génération est agréable. Le talon est bien maintenu grâce à une structure légèrement rigide à l’arrière, sans apporter d’inconfort. Au contraire, il y a même une couche de mousse supplémentaire qui protège le talon d’éventuels frottements. La languette assez généreuse donne également cette sensation de chausson. En bref, la chaussure est bien construite : j’ai pris ma taille habituelle et je n’ai pas eu de souci particulier. Les lacets sont assez classiques mais font bien le taf.

| Performance

La Pegasus, c’est la chaussure qu’on choisit pour ses footings du quotidien, les sorties à allure tranquille, les runs sans prise de tête. Dans cette catégorie, elle remplit bien son rôle. Mais honnêtement, il ne faudra rien lui demander de plus. La chaussure manque cruellement de dynamisme : on ne ressent pas vraiment le travail de l’unité Air Zoom sous le pied. Avec un retour d’énergie limité, on sent bien que le pied travaille davantage à chaque impact. Pour un coureur récréatif comme moi, les sensations de course me laissent un peu sur ma faim. Ce n’est pas tant la fermeté de la mousse qui me dérange mais plutôt ce retour d’énergie assez limité. Bon, c’est vrai, ce n’est pas vraiment un problème lors des footings faciles, on s’y fait, mais dès qu’on pousse un peu l’allure, l’absence de rebond devient réelle et on sent qu’il faut travailler davantage pour courir vite. Surtout si on est habitués à d’autres modèles plus dynamiques. Cette mousse ReactX n’est clairement pas pensée pour la performance. Mais est-ce si étonnant quand on parle d’une Pegasus ? La franchise a peu évolué ces dernières années, restant bien ancrée dans sa catégorie de chaussure de footing, sans véritable technologie orientée performance. Malgré la nouvelle unité Air Zoom, le ressenti sous le pied est loin d’être exceptionnel. Et le drop de 10 mm ne suffit pas à combler une mousse avec si peu de rebond.

Cela dit, ce manque d’assistance séduira peut-être certains coureurs, ceux qui préfèrent sentir le sol et faire travailler davantage leur corps. Car tout ce qu’une chaussure fait à notre place (absorption de l’impact, retour d’énergie, propulsion), c’est justement ce que le pied ne fait plus. Avec un modèle comme la Pegasus 42, le stress mécanique est plus important et peut entraîner plus d’adaptations. Un point qui peut séduire des athlètes bien entraînés… On sait que le modèle fait fureur chez les étudiants universitaires américains qui carburent sur la piste et qui adorent la Pegasus depuis toujours, précisément parce que c’est une chaussure proche du sol et suffisamment protectrice. La popularité du modèle chez les étudiants américains et les néo-runners est un point qui a été avancé par Nike lors de la présentation du produit. Cette Pegasus, c’est comme si on prenait Mario dans Mario Kart, elle n’excelle dans rien mais est correct dans tout…

| Stabilité

La chaussure est relativement stable. Même sur graviers, elle apporte une sensation de sécurité. Je l’ai aussi testée sous la pluie et je n’ai pas glissé. La nouvelle forme de grip sous la semelle fait bien le taf. Le système de laçage est simple mais efficace et le pied est bien maintenu dans l’ensemble de la chaussure.

| Durabilité

La durabilité semble être un vrai point fort. Fidèle à l’ADN de la franchise Pegasus, le modèle encaisse les kilomètres sans broncher et pourra certainement monter jusqu’à 1000 km, selon la foulée et la morphologie de chacun. Il faut dire que la chaussure ne perdra pas beaucoup de dynamisme en vieillissant… vu qu’elle n’en a presque pas au départ.

| Respirabilité

Côté mesh, on est sur un nouveau matériau à deux couches, très respirant et confortable. On retrouve cet effet chausson, et même pendant la canicule, mon pied respirait bien pendant l’effort. Aucune ampoule, aucun frottement à signaler.

| Poids

Un des gros points faibles de cette Pegasus 42 : son poids. Elle affiche 300 grammes sur la balance, ce qui en fait une des daily trainers les plus lourdes du marché. Et avec l’absence de dynamisme de la mousse, ça se ressent directement à chaque foulée. D’accord, elle n’est pas orientée performance, mais elle reste tout de même légèrement plus lourde que le modèle précédent. Pendant que toutes les marques proposent des modèles de plus en plus en légers, Nike prend le chemin opposé avec des grammes supplémentaires sur la balance.

| Face à la concurrence

Quand on regarde l’historique de la franchise, la Pegasus 42 est certainement à la hauteur de sa réputation, mais face à la concurrence, elle ne peut plus vraiment rivaliser. Depuis quelques années, la marque à la virgule perd des parts de marché dans le running, face à des marques ultra-dynamiques qui sortent des nouvelles technologies régulièrement. Et leur force, c’est qu’ils n’hésitent pas à injecter des technologies premium même dans leurs daily trainers. Le résultat : des chaussures de running super fun et capables de tout faire. On pense par exemple à l’Asics Novablast 6, à l’adidas EVO SL ou à la Puma Velocity 4. Ces modèles bénéficient d’une mousse dynamique et d’une durabilité remarquable. Et ça, c’est ce que les coureurs veulent aujourd’hui. Même lors d’un footing facile, on veut prendre du plaisir à courir et l’effet de rebond sous le pied fait désormais partie des exigences dans le running. En plus, ces modèles s’allègent tojours plus version après version, quand la Pegasus 42, elle, prend du poids et peine à se réinventer. Bref, elle aura du mal à se faire une place chez les coureurs passionnés qui veulent vraiment pousser leur pratique de la course à pied à un autre niveau. Même au sein de la rotation Nike, on préfèrera s’orienter vers la gamme Vomero, plus performante grâce à sa mousse ZoomX.

| Rapport qualité-prix

140 €, c’est le prix de la Pegasus 42. C’est correct, mais en toute honnêteté, c’est une paire qu’on préférera acheter en soldes. Dans cette tranche de prix, on retrouve en effet des modèles plus dynamiques et tout aussi bien construits, comme la Puma Velocity 4 ou l’Asics Novablast 6, qui offrent davantage de sensations pour un budget très proche voire inférieur. La Pegasus 42 se rattrape sur d’autres points comme le confort de la tige mais ça ne suffit pas. Elle ne joue clairement plus dans la même cour que ses concurrentes directes sur le plan des sensations de course.

| Pour qui ?

Les coureurs qui cherchent un daily trainer assez classique
Les runners historiques qui courent en Pegasus depuis toujours
Les coureurs qui cherchent un modèle proche du sol, où le pied travaille
Les puristes qui veulent éviter les daily trainers trop rebondissantes

| Verdict final de la Nike Pegasus 42

Je ne suis pas déçu de cette Pegasus 42, parce que j’en attendais rien de particulier… C’est un peu triste quand on parle de l’une des franchises les plus historiques de la marque à la virgule. Mais en toute transparence, Nike doit proposer plus de nouveautés si elle veut séduire un marché de plus en plus exigeant. Comme dit précédemment, cette nouvelle version fait le job pour les footings tranquilles, mais elle va rapidement disparaître de ma rotation car elle ne peut pas rivaliser avec les daily trainers de la concurrence. La mousse ReactX offre trop peu de dynamisme, et si vraiment on est fan de la marque à la virgule, on se tournera plutôt vers une Vomero qui offre des sensations de course bien plus fun et performantes. Cette Pegasus 42 a tout de même le mérite de tester de nouvelles choses, avec sa nouvelle unité Air Zoom sur toute la longueur et son rocker plus prononcé. Nike tient peut-être quelque chose, mais il faudra sans doute finir par abandonner cette mousse ReactX pour vraiment relancer la franchise.

Points forts :
Mesh confortable et respirant
Maintien du pied
Durabilité au rendez-vous
Grip fiable

Points faibles :
X
Poids lourd
X Manque de dynamisme
X Absence de propulsion
X Manque de polyvalence

Note : 6,5/10

La Pegasus 42 n’est pas exceptionnelle mais Nike a le mérite d’apporter de la nouveauté dans son modèle historique avec cette unité Air Zoom sur toute la longueur. Malgré un résultat mitigé, cette Pegasus reste une valeur sûre, increvable, pour qui veut une seule paire fiable sans se poser trop de questions. Mais ce n’est plus la chaussure qu’on recommande à un coureur qui cherche à progresser ou à retrouver du plaisir dans ses runs. 44 ans après le premier modèle, la légende tient encore debout, mais elle commence à sérieusement montrer son âge face à une concurrence qui, elle, n’arrête pas d’avancer.

Retrouvez la Nike Pegasus 42 sur le site officiel Nike.com au prix de 140 €.


Clément LABORIEUX
Journaliste

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