PUMA Deviate Nitro Elite 4 : test et avis après 200 km
La Deviate Elite 3 avait laissé une très bonne trace chez moi. C’est avec cette paire que j’ai couru mon record personnel au Marathon de Valence en 2h35. Une chaussure légère, rapide, avec un gros retour d’énergie sous le pied. Peut-être pas la meilleure supershoe sur le papier, mais suffisamment réussie pour me séduire en 2024. Deux ans plus tard, quand Puma a annoncé une quatrième version plus légère, équipée de la même mousse A-TPU que la Fast-R 3 et une plaque carbone légèrement moins agressive que la v3, forcément j’étais curieux… On ne change pas une équipe qui gagne, pas vrai ? Après plus de 200 kilomètres avec la paire, plusieurs séances rapides et surtout un Marathon de Londres couru en 2h38, je commence à avoir une idée assez claire de ce que Puma a essayé de faire. Et encore une fois, je pense qu’ils ont vraiment réussi quelque chose. Cette Deviate Elite 4 est légère, dynamique et surtout… accessible pour de nombreux coureurs. Contrairement à de nombreuses supershoes, comme sa cousine la Fast-R 3, elle saura se faire oublier pendant l’effort grâce à son poids ultra-léger (170 grammes) et son déroulé naturel sous le pied.
| Conditions du testing
➜ Clément : Coureur expérimenté en pleine préparation marathon, j’ai parcouru plus de 200 kilomètres avec la Puma Deviate Nitro Elite 4 principalement sur route. Je l’ai utilisée sur plusieurs séances seuil, des sorties longues spécifiques marathon, des entraînements tempo, quelques séances plus rapides et surtout lors du Marathon de Londres que j’ai bouclé en 2h38. L’objectif était simple : voir si cette nouvelle Deviate Elite pouvait devenir davantage qu’une simple chaussure de compétition. Une paire capable d’enchaîner les séances rapides, les gros blocs marathon et le jour J.

| Fit et confort
Dès qu’on la prend en main, la première chose qui surprend c’est évidemment le poids. On a presque l’impression qu’il manque quelque chose. C’est un véritable poids plume. Et une fois aux pieds, cette sensation se confirme. Le mesh Ultraweave est très fin, très respirant, très orienté performance. Clairement, on n’est pas sur une chaussure qui cherche à donner un effet chausson façon daily trainer moelleuse.
Et pourtant, même côté confort, j’ai été agréablement surpris. Pas forcément par son confort au sens pur. Mais plutôt parce que la chaussure se fait complètement oublier. Et c ‘est un peu le meilleur compliment qu’on peut faire à une chaussure de course. Pendant l’effort, j’ai vraiment eu l’impression de ne faire qu’un avec la chaussure. Jamais eu besoin de penser à ma foulée ni de refaire mes lacets en sortie. Jamais eu de point de pression particulier même sur les sorties longues. Les lacets tiennent parfaitement et la languette, presque aussi fine qu’une feuille de papier, épouse parfaitement la forme du pied.
Pendant mon marathon, à Londres, je pouvais simplement me concentrer sur mon effort sans avoir cette petite pensée parasite : tiens, il se passe quelque chose de bizarre sous mon pied… Avec certaines supershoes, on sent constamment quelque chose, parfois ça peut gêner pendant la course.
Pour la taille, j’ai pris ma taille habituelle en running et je n’ai eu aucun problème particulier.
| Performance
C’est probablement là que cette Deviate Elite 4 marque le plus de points. Comme à son habitude, Puma utilise sa fameuse mousse Nitro. Ici, c’est la version Elite en A-TPU, un matériau similaire à la Fast-R 3. Sur le papier ça peut sembler être un détail technique. Mais sur la route, ça se ressent vraiment. La chaussure a gagné en légèreté, le rebond est très présent. Le retour d’énergie aussi. Mais sans devenir excessif. Et je pense que c’est volontaire. La Deviate Elite 3 était performante mais n’était pas parvenue à vraiment s’imposer chez le grand public. Son ressenti était un peu plus ferme et agressif. La Deviate Elite 4 est plus discrète, plus accessible, un peu plus douce sous le pied, plus polyvalente sur toutes les distances.
On retrouve toujours une plaque carbone mais elle semble légèrement moins incurvée que sur la version précédente. La bascule reste naturelle et surtout beaucoup moins agressive. J’avais adoré la Deviate Elite 3 mais elle pouvait parfois donner cette sensation d’être constamment en train de pousser. Là, la chaussure accompagne davantage. Avec sa géométrie et son rocker peu agressif, cette Deviate Elite 4 semble se destiner à un large panel de coureurs. Les coureurs qui attaquent talon/médio-mied et qui veulent une chaussure à la foulée dynamique et rapide seront séduits par ce modèle. Elle offre des sensations de courses à la fois sécurisantes et dynamiques.
Et c’est précisément pour cette raison que j’ai choisi cette paire à Londres. Sur marathon, on le sait, à partir du 30e kilomètre, la vraie difficulté commence. Les jambes deviennent lourdes et la foulée est moins propre techniquement. Les appuis changent. On attaque parfois un peu plus talon, on se désunit légèrement. Je savais que la Fast-R 3 serait probablement trop agressive pour moi. Avec sa géométrie unique, c’est un modèle qui cherche clairement à être spectaculaire. Quand on court avec, on sent immédiatement qu’elle veut vous faire basculer vers l’avant et aller vite. Mais le reveil de la médaille, c’est qu’elle est très exigeante musculairement, notamment au niveau des mollets. Et avec son amorti quasi inexistant sous le talon, je n’étais pas totalement serein pour l’essayer sur 42 kilomètres.
Je préférais quelque chose de plus stable et plus conventionnel sous le pied. Et sur ce point, je ne regrette absolument pas la Deviate Elite 4. Même avec la fatigue, j’ai toujours eu cette sensation d’avoir suffisamment d’amorti sous le pied. Ma foulée est restée assez propre et je ne me suis pas effondré pendant la course.
Fiche technique – PUMA DEVIATE NITRO ELITE 4
- Catégorie : chaussure de compétition à plaque carbone
- Usage : compétition du 5 km au marathon
- Mousse : Nitro Elite (A-TPU)
- Plaque carbone Powerplate
- Semelle extérieure en caoutchouc PUMAGRIP
- Mesh Ultraweave
- Surface : route
- Niveau : tout public
- Poids : 170 g (homme) / 140 g (femme)
- Hauteur semelle : 40 mm / 32 mm
- Drop : 8 mm
- Disponible le 28 février 2026
- Prix : 250 €
- Modèles similaires : New Balance Revel v5, Asics Superblast 2, Adidas EVO SL
| Stabilité
On ne parle évidemment pas d’une chaussure stable au sens traditionnel du terme. Ce n’est pas une Kayano. Ça reste une supershoe avec 40 mm de mousse super dynamique sous le pied et une plaque carbone. Mais Puma a trouvé un équilibre intéressant.
La plateforme est rassurante, le talon est légèrement soutenu, la transition plus naturelle. Je pense sincèrement que beaucoup de coureurs seront plus rapides avec cette paire qu’avec une chaussure théoriquement plus performante. Parce qu’au marathon, courir vite ne dépend pas seulement du retour d’énergie de la chaussure. Ça dépend aussi de la capacité à rester propre techniquement pendant longtemps. Et cette Deviate Elite 4 répond parfaitement à ce besoin. Et même, si vous tombez en panne, et que l’allure s’effondre, l’amorti et la forme de la chaussure limiteront la casse.
| Durabilité
J’ai dépassé les 250 kilomètres avec cette paire. Une chaussure aussi légère inspire rarement confiance niveau longévité. Mais pour l’instant, très bonne surprise. Le PUMAGRIP tient vraiment bien, ma foulée médio-pied correspond parfaitement aux zones protégées sur la semelle extérieure. C’est aussi sur cette partie que la marque allemande a allégé la chaussure. En effet, la marque a développé un PUMAGRIP avec le minimum de matériau nécessaire pour protéger la mousse. Franchement, ça fait le job. Pas de sensations de glisse et une mousse suffisamment protégée là où il faut. Côté performance, après 250 bornes, la chaussure n’a pas perdu son dynamisme. Je retrouve toujours des bonnes sensations à l’entraînement.
Et ça devient un énorme point fort. La Deviate Elite 4 peut presque jouer sur deux tableaux. Je peux l’utiliser sur des séances rapides, des tempos, des sorties longues spécifiques et plusieurs compétitions majeures. C’est une des supershoes les plus polyvalentes du marché car elle est agréable même à allure lente. Pas forcément un problème de la porter sur des longs échauffements.

| Respirabilité
Le mesh est très respirant et confortable. Oui, ce n’est pas une daily trainer, pas d’effet chausson ici mais je n’ai ressenti aucune friction, aucun frottement pendant ces 250 km. Pas d’ampoules à signaler. Puma utilise ici sa technologie Ultraweave, un mesh ultra léger conçu exclusivement sur sa gamme compétition.
| Poids
Avec un poids de 170 grammes chez les hommes et 140 grammes chez les femmes, on est ici sur l’une des chaussures carbones les plus légères du marché. C’est clairement un gros point fort de ce modèle. L’effet poids-plume est impressionnant et la chaussure se fait rapidement oublier. D’un point de vue performance, on sait que la légèreté d’une chaussure est un élément essentiel. 30 grammes de moinds que la v3, bien joué Puma.
| Comparaison avec la concurrence
Chez Puma, la comparaison la plus logique reste évidemment la Fast-R 3. La Fast-R est plus spectaculaire. Plus agressive. Plus radicale. La Deviate Elite 4 est plus accessible, plus facile à adopter et tout aussi dynamique. Simplement, sa géométrie est plus classique. Par rapport à une Vaporfly 4, elle paraît un peu plus protectrice et polyvalente. Et comparée à son ancienne version, la Deviate Elite 3, c’est une vraie avancée. Elle gagne là où ça compte vraiment dans le segment des supershoes : poids, stabilité et dynamisme.
| Rapport qualité-prix
250 €, ça reste une somme. Il faut être honnête. Mais aujourd’hui quasiment toutes les supershoes haut de gamme jouent dans cette zone. Et si je regarde uniquement ce qu’elle propose (poids plume, mousse ATPU, polyvalence, durabilité qui semble meilleure que beaucoup de concurrentes), je trouve l’ensemble plutôt cohérent. Surtout si vous êtes du genre à vouloir une seule paire pour les séances rapides et les compétitions.
| Pour qui ?
✔ Les coureurs qui cherchent une supershoe rassurante
✔ Ceux qui veulent une paire entraînement rapide + compétition (du 5 km au marathon)
✔ Les coureurs qui attaquent talon et médio-pied
✔ Les athlètes qui évitent les supershoes trop extrêmes
| Verdict final de la PUMA Deviate Nitro Elite 4
J’avais couru mon record personnel avec la Deviate Elite 3 il y a deux ans. À Londres cette année, j’ai tenté de m’en approcher avec la Deviate Elite 4 mais il m’en fallait plus ce jour-là. Au final, un chrono de 2h38’07, je suis quand même très fier de l’effort et de l’exécution de la course. J’ai pris énormément de plaisir à courir ce marathon avec cette paire et c’est là le plus important.
Quelque part, ça raconte assez bien l’évolution du modèle. Puma n’a pas cherché à créer la chaussure la plus folle du marché. Ils ont surtout créé une supershoe qui donne envie de courir vite sans jamais donner l’impression d’imposer quelque chose. Et finalement, c’est peut-être ce qui m’a le plus surpris. Une chaussure qui se fait oublier une fois la course lancée. C’est dynamique, c’est ultra-léger, c’est respirant, c’est tout ce qu’on veut d’une chaussure de compétition.
Points forts :
✔ Poids plume
✔ Mousse Nitro Elite ATPU très dynamique
✔ Plateforme rassurante
✔ Polyvalence entraînement / compétition
✔ Se fait oublier pendant l’effort
Points faibles :
X Manque d’un peu d’agressivité (rocker un peu trop plat)
X Augmentation du prix à 250€ (la V3 était à 230€)
Note : 9,4/10

Je m’attendais à une simple mise à jour plus légère de la version précédente, mais Puma ne s’est pas contenté de ça. La marque a réussi à garder ce qui fonctionnait sur la version précédente tout en créant une supershoe rapide, légère et performante sans tomber dans l’excès. La Deviate Elite 4 n’est probablement pas la plus spectaculaire ni la plus radicale du marché, mais c’est justement ce qui fait sa force. Si on parle géométrie, mousse et sensations de courses, c’est sûrement l’une des supershoes les plus accessibles du marché. On l’enfile sans trop réfléchir et elle donne simplement envie de courir vite. Tout ce qu’on attend d’une chaussure pour nous accompagner le jour de la course.
✔ Retrouvez la PUMA Deviate Nitro Elite 4 sur le site officiel puma.com au prix de 250 €.

Clément LABORIEUX
Journaliste