42,195 km sous terre, la version extrême du marathon dans la mine de Garpenberg en Suède
18/04/2026 11:12Courir un marathon, c’est souvent changer de décor au fil des kilomètres. À plus de 1100 mètres sous terre, 55 coureurs ont enchaîné 42,195 km dans les galeries de la Garpenberg Mine (Suède), entre obscurité, humidité et répétition. Une expérience radicale, où l’endurance se joue autant dans les jambes que dans la tête.
Dans la mine de Garpenberg, en Suède, le marathon prend une toute autre dimension en octobre 2025. Pas de décor qui défile ni de points de repère classiques. Juste des galeries, de la roche et une profondeur qui change complètement la perception de l’effort. 55 coureurs venus de 18 coins du globe, dont la France, se sont retrouvés au fond de cette mine de zinc pour boucler un défi unique, avec au programme 42,195 km à plus de 1100 mètres sous le niveau de la mer, et un point le plus bas atteint à 1118 mètres. Une donnée qui suffit à elle seule à comprendre que l’expérience sort largement du cadre habituel.
Le parcours, lui, impose sa propre logique. Pas de variation, pas de respiration visuelle, mais 11 tours d’un circuit souterrain identique, répété encore et encore. Chaque boucle ramène aux mêmes virages, aux mêmes portions, aux mêmes sensations. Cette répétition crée une forme d’usure particulière, moins spectaculaire que les longues lignes droites d’un marathon urbain, mais bien plus insidieuse. Très vite, les kilomètres ne se distinguent plus vraiment, et la progression devient autant mentale que physique, avec cette impression constante d’être plongé dans un espace figé.
| Un environnement qui redéfinit complètement l’effort
Courir à cette profondeur, dans un environnement confiné, change radicalement la donne. La température reste stable mais relativement élevée, autour de 25 degrés, tandis que l’humidité s’installe comme un facteur permanent. L’absence totale de lumière naturelle impose une dépendance complète à la lampe frontale, qui devient un élément essentiel de la course. Sans elle, impossible d’avancer, et avec elle, le champ de vision reste limité, renforçant cette sensation d’isolement.
Dans cet environnement, le silence joue également un rôle important. Sans public, sans musique, sans bruit extérieur, il ne reste que les pas et les respirations qui résonnent contre les parois. Dans ce contexte, la gestion de l’effort devient plus complexe. Les repères habituels disparaissent, le temps semble s’étirer, et la fatigue mentale s’installe souvent bien avant la fatigue physique. Ici, inutile de penser record personnel. L’objectif devient simplement de tenir, d’enchaîner les tours et de rester lucide jusqu’au bout.
| Un projet entre performance et engagement
Derrière cet événement hors norme, on retrouve BecomingX dont le créateur est Bear Grylls, connu pour son émission mythique Seul face à la nature (Man vs. Wild en anglais), mais aussi International Council on Mining and Metals et Boliden, avec une ambition qui dépasse largement le cadre sportif. Le Britannique James Mason peut se fendre d’avoir remporté cette course aussi originale qu’obscure. Consacré par le Guiness World Record, le marathon s’inscrit également dans une démarche plus globale, à la fois pour explorer les capacités humaines dans des conditions extrêmes et pour mettre en lumière les environnements industriels souvent méconnus.
L’événement a également permis de lever 1 million de dollars pour la charité, preuve que ce type de défi peut porter un message au-delà de la performance pure. Sur la ligne de départ, les profils étaient variés, entre coureurs expérimentés et participants découvrant la distance, mais tous se sont retrouvés confrontés à la même réalité. Dans les galeries de Garpenberg, l’endurance ne se mesure pas uniquement en kilomètres. Elle se construit dans la capacité à s’adapter, à encaisser et à avancer malgré un environnement qui ne laisse aucun répit.
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Dorian VUILLET
Journaliste