À Nancy, l'association BlablaRun Club invite tous les mardis à 18h30 à courir depuis la place Stanislas avec trois groupes d'allure. © BlablaRun Club

Le Blablarun Club rassemble les coureurs dans les rues de Nancy

CommunautéPratiques
14/12/2025 12:25

À Nancy, l’association BlablaRun Club invite tous les mardis à 18h30 à courir depuis la place Stanislas. Trois groupes d’allure permettent à chacun de profiter d’un footing convivial et détendu.


Dans la nuit illuminée par les décorations de Noël de Nancy, sur la place Stanislas, emblématique avec son style classique et néoclassique français du XVIIe siècle, et ornée en son centre d’un sapin mirobolant, plusieurs centaines de coureurs s’élancent. Équipés de lampes frontales et de vêtements adaptés aux températures du Grand Est, ils se dirigent vers les bords du Canal de la Marne au Rhin pour un parcours de 5 à 7 km. Divisés en trois groupes d’allure, les coureurs partent à intervalles de deux minutes pour éviter les bouchons et ne pas gêner la circulation en plein centre-ville. Encadrés par des bénévoles en chasubles jaunes, « notre marque, notre moyen d’être visibles », précise Valentin Bourrel, créateur du club, ils évoluent dans le noir de l’hiver, mais éclairent la nuit de leur énergie.

Cette sortie hebdomadaire est devenu le rituel incontournable pour plus de 500 Nancéiens. Pas de chrono, pas de limite d’âge. Certains se sont remis à courir grâce à ces runs : le collectif  motive, rassure, surtout les femmes, et crée même des liens. Des amitiés sincères sont nées. Et pour quelques-uns, l’amour aussi. Les raisons de venir découvrir les Blablarun sont multiples, celles d’en repartir, beaucoup plus rares.

| Une aventure humaine portée par un passionné

« Mon but premier, c’était de rassembler des gens pour courir ensemble, et qu’ils se sentent bien, mentalement comme physiquement. J’ai vite compris que le mieux, c’était d’associer les deux en créant un social run club », se souvient Valentin, créateur de contenu déjà suivi par une belle communauté au moment de lancer le BBRC. « Et puis après, il y avait un côté un peu perso : je me suis dit que ce serait génial de rencontrer toutes les personnes qui me suivent ». Le 3 juin, ils sont plus de 40 pour le tout premier run. Un sacré nombre pour un démarrage, avant même que les compteurs ne s’emballent.

Quasi 75 coureurs lors du deuxième rendez-vous en plein été, près de 100 le 17 juin, puis un bond incroyable au retour de la pause estivale : plus de 130 runners le 2 septembre. Et la courbe n’a fait que grimper. « Au début, c’était surtout des gens qui me suivaient directement. Je communiquais sur mon compte principal. Je crois même que j’ai créé le compte Insta du club à la 4e ou 5e édition », sourit celui qui pilote l’événement et prend un plaisir fou à transmettre. Et ça se voit. « Je donne les infos comme j’aimerais les recevoir ». Sa GoPro tourne de main en main, chacun capture un bout d’expérience, et après un montage mêlant plans de coupe et témoignages, le résultat claque. « Ils sont contents d’apparaître à la caméra, ça les rassemble, et ça rend vraiment bien à la fin. »

Et ça marche à merveille. Et ça marche ! Pour la 7e édition, le 11 septembre, ils sont 180. Plus de 300 pour la 8e. Pour la 9e, même s’il faut sortir les k-way, 150 courageux bravent la pluie. Record pulvérisé pour la 10e édition début octobre avec plus de 400 personnes déterminées. Un exploit quand on se rappelle qu’ils n’étaient que 40 que quatre mois plus tôt… Le 17 octobre, les compteurs explosent : plus de 500 participants pour l’édition spéciale Halloween. Curés, diables, fées et super-héroïnes ont envahi les rues de Nancy, dans une ambiance à donner des sueurs froides.

| Les coulisses d’un club qui tourne à plein régime

Ils sont six à faire battre le cœur l’association BBCR depuis le 3 juin. Son fondateur, Valentin Bourrel, en est le président, tandis que Paul Matheron s’occupe du secrétariat, « un des meilleurs potes de mon école », admet Valentin. Quant à Vincent Godbert, le trésorier, « il est venu dès les premiers runs, mais il est devenu un élément indispensable », affirme Valentin. Alban Cheval, Léo Darsonval et Camille Neu jouent également un rôle clé dans le bon fonctionnement des événements, respectivement comme VP Logistique, VP Graph et VP Communication. « Je dois avoir 5 ou 6 personnes que je connaissais avant, mais quasiment 10 que je ne connaissais pas. On s’entend super bien. Après, on attribue les postes en fonction des préférences de chacun. C’est assez libre », confirme-t-il.

Une trentaine de bénévoles apportent leur soutien, parmi eux Oscar Michel, Jeferson Trevisan, Sofian Bary et Léo Bizzochi. Une quinzaine gèrent « activement » l’association Blablarun Club, « ils m’aident sur la communication, les déclarations des runs, un peu sur les mails ». La plupart sont simplement « des gens qui avaient envie d’aider. Nous, on leur fait remplir une charte, histoire de cadrer la chose ». Certains mènent l’allure aux avant-postes, d’autres ferment la marche, tandis que d’autres encore protègent les coureurs aux passages piétons. « Il nous manquerait des oriflammes, des espèces de drapeaux avec l’allure marquée dessus, pour que ce soit encore plus visible », conclut Valentin.

Le Blablarun Club rassemble dans les rues de Nancy
© BlablaRun Club

| Un parcours pensé pour tous

Le parcours change peu, pour des raisons de sécurité et d’organisation. « J’ai rencontré plusieurs fois la Ville de Nancy. On a convenu de ne pas trop modifier le tracé : les passages piétons permettant d’accéder aux zones piétonnes ne sont pas nombreux en partant de la place Stanislas ». Une chose, en revanche, ne change jamais : le point de départ et celui d’arrivée. Le reste peut évoluer. La boucle oscille entre 5 et 7 km. Les coureurs longent toujours le canal, parfois avec un détour, parfois avec une coupe.

Très vite, Valentin a voulu adapter les allures. « Au bout de la quatrième ou cinquième séance, je voulais faire deux groupes, parce que certains me disaient : tout le monde ne peut pas courir à la même vitesse ». Sauf qu’avec le monde, impossible de n’en faire que deux. Alors le club est passé à trois allures : 5’30/km, 6’00/km, 6’30/km. Une manière d’ouvrir la course à un maximum de niveaux et de simplifier l’organisation.

| Des runs qui donnent du sens

Depuis le 7 octobre, les runs solidaires s’enchaînent. L’idée est arrivée presque naturellement. « La première fois, une asso m’a contacté pour nous proposer un coup de main. J’ai trouvé ça génial : ça leur donne de la visibilité et ça peut même leur apporter des fonds », explique Valentin. Pour la 11e édition, près de 500 coureurs se sont drapés de rose pour Octobre Rose. Une première session solidaire marquante, qui au-delà de l’aspect sportif, a rassemblé pour sensibiliser. « Avec Octobre Rose, j’ai vu que ça marchait super bien. Alors on a continué. Et maintenant, ça vient tout seul ». Le 4 novembre, place au bleu pour Movember. Moustaches dessinées au crayon, ambiance détendue, énergie folle. « Les gens se maquillaient entre eux. Ça crée un vrai esprit communautaire. Au-delà du run, une fête s’installe tous les mardis. C’est devenu un rendez-vous festif. »

Le 11 novembre, le BBRC s’est associé à l’ICN Bachelor Promotion pour un run symbolique, dédié au Bleuet de France. Plus de 700 participants ont rendu hommage à tous ceux touchés par les conflits, pendant 30 secondes d’applaudissements. Le 18 novembre, place au violet avec Espoir Pancréas pour la Journée mondiale du cancer du pancréas. Malgré le froid glacial, les runners étaient là. Le 25 novembre, tous étaient vêtus de vert pour soutenir les victimes du harcèlement scolaire. Puis, le 2 décembre, la 19e édition a soutenu Kid’Action : un run pour entretenir le jardin des enfants malades du CHU Brabois, un endroit où ils peuvent souffler toute l’année. « Ces événements plaisent. Ils sensibilisent à la cause et encourage la discussion. Certains se disent : ‘Moi, je connais quelqu’un qui a eu tel cancer.’ Je pense que pour tout le monde, ça fait vraiment du bien. »

Valentin Bourrel, en pleine préparation d’un Ironman 70.3, mène une vie à 100 à l’heure. « Mais on n’a rien sans rien », s’exclame-t-il, ravi de rendre les gens heureux à sa manière. Peu importe les raisons qui poussent à participer à un BlablaRun, chacun y trouve son compte. Pour certaines, courir en groupe permet de se sentir en sécurité Pour d’autres, l’aspect social prime. Se dépenser entouré d’un peu de chaleur humaine en plein mois de décembre, qui s’y refuserait ?

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Sabine LOEB
Journaliste

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